You are currently browsing the tag archive for the ‘Eric Delcroix’ tag.

geole« Le délit d’opinion, récurrent au XIXe siècle, avait disparu avec la chute du Second Empire. Il visait alors à protéger le pouvoir en place et son personnel dirigeant, plutôt que de brider l’expression idéologique et philosophique. Aussi les œuvres de Marx, Engels, Toussenel ou Proudhon, fort peu amène pour la bourgeoisie au pouvoir, n’avaient-elles guère de difficultés à être diffusées par voie de presse. Il en va différemment avec les délits d’opinions et de sentiments instaurés sous la Ve République, où ils ont pris la place d’une répression généralisée de l ‘hérésie et du blasphème « républicain » de la lutte contre le vice, contre la fornication spirituelle et de la défense des bonnes mœurs. Pour la sauvegarde des nouvelles bonnes mœurs quant à l’ « appartenance ou la non-appartenance à une ethnie, à une nation, une race ou une religion déterminée », il faut pratiquer la raciopudibonderie, ce produit socialement délétère de la bigoterie gauchiste post-soixante-huitarde, opposée à la liberté intellectuelle et morale, opposée donc au nouveau libertinage et au libre arbitre.

La raciopudibonderie dévote, dernier avatar puritain, est la meilleure garantie contre le libertinage d’idées, contre l’obscénité et le vice, contre le « fascisme », le « racisme ».

Éric Delcroix. Le Théâtre de Satan. Éditions l’Aencre.

—————————————————————————————————————

« La forme aujourd’hui la plus courante de [l’] état d’esprit judéo-puritain se trouve donc dans ces trop fameux « droits de l’homme ». Nés avec l’errance nomade si l’on en croit monsieur Valdman [« le Juif et l’argent« ], ils sont inclus dans une vision du monde moraliste, due plus spécialement au puritanisme américain. Il s’agit d’une charte universelle réductrice totalitaire et quasi théologique, qui tend à faire accroire aux hommes que les temps messianiques rêvés de la justice universelle sont enfin venus. Tout comme le seraient également les temps de la félicité matérielle, dans le consumérisme et la gabégie, au nom de l’individu créancier infini de la Nature. Le saccage de la Nature est d’ailleurs justifiable par le don biblique de Dieu, forcément pris au pied de la lettre car le puritanisme est un intégrisme : « Soyez la crainte et l’effroi de tous les animaux de la terre et de tous les animaux du ciel, comme de tout ce dont la terre fourmille et de tous les poissons de la mer : ils sont livrés entre vos mains.

Tout ce qui se meut et possède la vie vous servira de nourriture, je vous donne tout celà au même titre que la verdure des plantes.

[…]

Pour vous, soyez féconds, multipliez, pullulez sur la terre et la dominez » (Genèse, 9, 1 et 7)

Les germes de cette démesure anthropocentriste affecteront l’Occident à l’orée des temps modernes[…]

Il est symptomatique que ces fameux « droits de l’homme » exacerbés, induits de la Bible, ignorent des notions morales ou esthétiques essentielles dans la civilisation européenne, telles le devoir, la bonne foi, la franchise, la droiture, l’honnêteté, la loyauté, le civisme, l’honneur, la fidélité, le mérite, le caractère (virtus romain) ou l’héroïsme. Ces vertus antiques sont déjà résiduelles et moquées par tous les relais de communication, achetés par les puissances d’argent. Les « droits de l’homme », fumeux mais d’une redoutable efficacité subversive, leur opposent l’individualisme radical de l' »utilité personnelle » (Marx), principe socialement délétère pour les souverainetés nationales, les droits des peuples, des familles et autres entités organiques, fondées par nature sur la loi du sang. Les vertus, parce que non quantifiables, sont exclues de l’instrumentalisation juridique du moralisme des « droits de l’homme ». […]

Cette pensée capitaliste et totalitaire a pour point radian les États-Unis, quoique prônant le nomadisme universel de l' »errance primordiale » juive (Valdman). Il est vrai que cette errance peut être virtuelle grâce aux opérations de bourse […]. La pensée capitaliste s’appuie sur la force, toujours justifiée par une morale d’usuriers, d’agioteurs et de boursicoteurs issue du puritanisme et invoquant Dieu . Selon Roger Garaudy, cette pensée est celle « d’une religion qui n’ose pas dire son nom : le monothéisme du marché ».

Les valeurs du « monothéisme du marché » l’emportent sur les vertus grecques : la conception éthique et quantitative du monde repousse brutalement et sans partage la conception issue d’une autre éthique mais surtout d’une autre esthétique; la vision qualitative de la vie est devenue suspecte (« fasciste »). »

Eric Delcroix, Le Théâtre de Satan.

————————————————————————————————–

Commandé et reçu « La Théâtre de Satan » d’Eric Delcroix que je n’avais pas trouvé à la Table-ronde de Terre et Peuple :

« Les acquis de la civilisation juridique de l’Europe continentale sont en pleine involution régressive. Pour cette civilisation dans laquelle les juristes, communément sidérés, croient encore vivre, le droit et la morale étaient deux disciplines distinctes. mais le raisonnement juridique redevient insensiblement une casuistique, dans l’indifférence générale, comme au temps des procès en hérésie ou en sorcellerie, au temps du « théâtre de Satan ».

Tout acte, même licite en soi, peut devenir criminel ou délictuel, en fonction de la conscience intime de celui qui le commet : ce n’est donc plus l’intention objective qui prévaut dans la définition même de l’infraction. La question qui exprime l’essence du juge n’est plus : « le sujet a-t-il voulu l’acte ? » mais, de plus en plus « pourquoi a-t-il voulu l’acte ? ». Apparait le concept de délit peccamineux.

Dès lors le juge est appelé à rechercher, par la restauration d’un procédé archaïque, si l’accusé ou le prévenu est ou non « en état de grâce », marque d’un temps que l’on croyait révolu, malgré la parenthèse soviétique, après Beccaria, Bentham, Kant ou Hegel. Jugeant à nouveau au nom du Bien ontologique, ici celui des « droits de l’homme », le juge est amené à refuser son libre arbitre intime à la personne jugée, dans une lutte de tous les instants contre le péché. Le juge doit aussi se départir de son équanimité impartiale en présence d’un délinquant politique, en ne tenant plus compte du seul désintéressement du sujet, mais suspendant sa bienveillance à l’adéquation de ses idées et de ses sentiments avec le Bien.

Du procès de Nuremberg (1945-1946) aux cas Barbie, Touvier ou Papon, en passant par les lois « antiracistes » ou antirévionnistes, le droit de l’Europe continentale se délite en s’adonnant aux abus de la théocratie. En fait, le droit en décadence se confond de plus en plus avec la morale antidiscriminatoire (« antiraciste/antifasciste »). Tout cela se passe sous l’égide de la ploutocratie et du gauchisme soixante-huitard, réunifiés dans l' »antifascisme » et l’avidité hédoniste. Ne cherchons pas ailleurs la fameuse « diabolisation » qui frappe en Europe les idées politiques, mais aussi les sentiments identitaires. L’obscurantisme est de retour : derrière les « droits de l’homme », la Terreur ?

Erice Delcroix, né le 8 janvier 1944 a été avocat pendant 38 ans au barreau de Paris. Essayiste, il considère que le droit français s’est progressivement adjoint une éthique de l’intention constituant une décadence du droit, qui finit par redevenir un instrument de lutte contre le Mal ontologique, une nouvelle inquisition, un retour au thomisme judiciaire ainsi qu’un instrument de répression politique et moral. ce mal se manifesterait par les idées et sentiments dissidents qui possèdent les âmes, ce qui fait du droit l’instrument du conformisme psychique qui ne peut que ruiner le libre arbitre du sujet de droit. »

(PDF version abrégée : http://www.aaargh.codoh.info/fran/livres4/edsatan.pdf )

———————————————————————————————–

pour me contacter

septembre 2020
L M M J V S D
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  

a

Des racines et des elfes

Tigialon uscas

Blog Stats

  • 1 314 268 hits