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Régionaliste lorrain et nationaliste français, Maurice Barrès est l’un des premiers à avoir développé une mystique nationale en se faisant le chantre, lyrique, de l’enracinement. En se définissant lui même comme le « petit neveu spirituel » de Renan, c’est dans cet esprit qu’il apprit à concilier le détachement vis à vis des dogmes et une curiosité empreinte de sympathie pour l’esprit religieux sous toutes ses formes. Ce qui nous vaudra des phrases admirables, comme celle-ci qui débute « La Colline inspirée » : « Il est des lieux qui tirent l’âme de sa léthargie, des lieux enveloppés, baignés de mystère, élus de toute éternité pour être le siège de l’émotion religieuse. »

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Il a écrit, aussi, en visionnaire : « Chaque jour on détruit ce qu’il y a sans doute de meilleur chez nous, nos jeunes paysans. On s’attache comme à plaisir à relâcher, à briser tous les liens qui attachent aujourd’hui l’enfant, et demain l’homme, à sa terre. Leur langue maternelle, ils ne la parlent plus. On leur apprend à la mépriser. Ce faisant, on ne s’aperçoit pas que ce ne sont pas les mots qu’on détruit, mais des affections vivaces et des manières profondes de sentir. »

Maurice Barrès est mort le 4 décembre 1923 à Neuilly-sur-Seine.

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Ville d'Is« L’une des légendes les plus répandues en Bretagne est celle d’une prétendue ville d’Is, qui, à une époque inconnue, aurait été engloutie par la mer. On montre, à divers endroits de la côte, l’emplacement de cette cité fabuleuse, et les pêcheurs vous en font d’étranges récits. Les jours de tempête, assurent-ils, on voit, dans le creux des vagues, le sommet des flèches de ses églises ; les jours de calme on entend monter de l’abîme le son de ses cloches, modulant l’hymne du jour. Il me semble souvent que j’ai au fond du cœur une ville d’Is qui sonne encore des cloches obstinées à convoquer aux offices sacrés des fidèles qui n’entendent plus. Parfois je m’arrête pour prêter l’oreille à ces tremblantes vibrations qui me paraissent venir de profondeurs infinies, comme des voix d’un autre monde. Aux approches de la vieillesse surtout, j’ai pris plaisir pendant le repos de l’été, à recueillir ces bruits lointains d’une Atlantide disparue. »

Ernest Renan. Souvenirs d’enfance et de jeunesse. Presses Pocket.

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