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On a tendance à penser que le christianisme s’est rapidement installé en Gaule et sans faire de vagues parce que c’est comme ça qu’on nous l’a toujours présenté. Pour ainsi dire, en l’An 01 tout était réglé, les idolâtres avaient vécus, le seul et vrai dieu régnait sans partage … il avait suffi que quelques missionnaires se pointent, le crucifix en sautoir et la main bénissante pour que la foule des païens prenne conscience de son aveuglement passé et sans violence aucune se laisse mener jusque dans le droit chemin, pose genoux en terre et oublie ses anciens dieux…. et pourtant, près de 800 ans plus tard, alors même que de 371 à 397 (26 années qui ont du paraître longues aux pauvres gens), saint Martin avait, si l’on ose dire, fait feu de tout bois en courant la campagne épaulé par une bande de soudards pour abattre les arbres sacrés, brûler et détruire les sanctuaires, évangéliser les paysans, de gré ou de force, Charlemagne peste encore contre ces chiens de païens qui continuent à vénérer leurs dieux. En 743, il va même jusqu’à convoquer un Concile à Leptinnes près de Mons, dans le Hainaut, pour tenter une fois de plus de mettre fin aux pratiques païennes toujours en vigueur, alors qu’un siècle auparavant, déjà, Saint Eloi avait passé vingt ans de sa vie à convertir la population païenne belge au christianisme.
Il leur défendait notamment « de consulter les devins et les magiciens, et de croire aux présages, et aux jours heureux ou malheureux; de célébrer le premier jour de janvier et l’époque du solstice par des réjouissances impies et sacrilèges; d’invoquer les noms des mauvais esprits et des idoles; de considérer comme des jours fériés et de repos le jeudi » (jour de Jupiter-Thor-Taranos) « ou tout autre jour de l’année, à l’exception du dimanche; de placer des luminaires ou des offrandes dans les temples, auprès des rochers, des sources, des arbres, des cavernes et des carrefours; d’attacher des amulettes au cou des bestiaux; de prononcer des exorcismes sur ces derniers, et de les faire passer par le creux d’un arbre ou par une excavation faite en terre. Saint Eloi se prononce aussi contre les femmes qui se livraient aux pratiques de la magie et contre la coutume des peuples de la belgique de faire un grand tintamarre aux éclipses de la lune, dans la croyance où ils étaient, qu’alors cette planète était assaillie par les démons; il les engage à détruire les fontaines et les arbres auxquels le paganisme avait voué un culte superstitieux; à ne point placer des objets en forme de pieds aux carrefours, et à brûler ceux qu’ils y trouveraient déposés, etc. »

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Quelques précisions pour compléter ce que j’avais écrit sur l’Inde (voir : « violences en Inde: je plaide la légitime défense »: https://lecheminsouslesbuis.wordpress.com/2008/08/29/violences-en-inde-je-plaide-la-legitime-defense/ ), il faut savoir que le christianisme n’y est pas unitaire et y « travaille » dans la plus parfaite concurrence. Par exemple, les missionnaires qui ont opéré des conversions au Kerala, l’ont fait contre la volonté des chrétiens de Saint-Thomas, qui voyaient d’un très mauvais oeil entrer dans le christianisme des groupes de castes inférieures, avec lesquelles ils ne voulaient pas frayer et ne voulaient pas être confondus. D’autre part, des congrégations missionnaires syro-malabares, qui travaillent en Inde du Nord, loin de leurs bases, s’y heurtent à des congrégations latines. Et quand les ouailles choisissent d’aller vers les unes c’est autant de perdu pour les autres ce qui crée des tensions entre les groupes.

A cette concurrence parfois féroce, il faut ajouter l’activisme de groupes évangéliques, souvent pentecôtistes ou pentecôtisants, et dont l’importance ne réside peut-être pas simplement dans le nombre de fidèles qu’ils convertissent, mais surtout dans l’exacerbation du débat autour des conversions et du prosélytisme.

A ce sujet là, en Inde, on se trouve face à des conceptions totalement différentes. De façon générale, l’idée qu’on ne se convertit pas est partagée universellement par les hindous. C’est une incompréhension totale: on est né là, on est hindou par son groupe d’appartenance, on n’a pas à changer de religion. Mais ce prosélytisme chrétien, tellement présent et « insistant » que dans certains Etats de l’Union indienne, des lois ont du être votées pour le réguler et l’endiguer, s’accompagne la plupart du temps d’un prosélytisme sécessionniste, surtout dans les états du Nord-Est qui sont le plus souvent ceux qui sont le théâtre des troubles.

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L’autre dimension du phénomène de la conversion est donc politique: « Pour des raisons historiques, le christianisme est perçu comme une religion étrangère, associée à des puissances étrangères, pouvant potentiellement mettre à mal l’équilibre indien, l’équilibre social, et, en convertissant des populations en marge et sur les frontières, peut-être aussi mettre en danger l’intégrité du territoire national. Les tribaux sont des populations qui, par définition, n’ont pas la même perception de la nation que les membres des castes. Elles ont parfois des aspirations sécessionnistes, qui de fait se mêlent au christianisme: on croit donc déceler, derrière les pratiques du prosélytisme, des visées politiques. Cela constitue la toile de fond de certaines attitudes hostiles ».(Catherine Clémentin-Ojha, auteur de « Les Chrétiens de l’Inde. Entre castes et Eglises », Albin Michel.)

Après quelques jours de violences antichrétiennes dans l’Orissa, Etat de l’est de l’Inde, on comptait, jeudi 28 août, une dizaine de morts, toutes confessions confondues, et quelques 25 églises incendiées, sans compter les écoles et les centres de santé tenus par des chrétiens.

Alors les bonnes âmes s’indignent, vitupèrent contre ces méchants extrémistes hindous, ces horribles païens (mais oui madâââme, ce sont des … païens…) on imagine déjà les sectateurs de Kâlî, enturbannés, les yeux fous et la barbe tressée, aux trois quarts nus se répandre dans les rues brumeuses pour jouer du lacet à noeud coulant sur tout ce qui bouge…

On réagit « vivement » au Vatican (oui, oui, vous avez bien lu, c’est le Vatican qui réagit vivement, celui là même auquel on peut imputer tant de massacres…) et le « Courrier International » (on devrait plutôt dire « la Propagande Internationale ») n’hésite pas à titrer que « Les chrétiens subissent la folie meurtrière des nationalistes hindous »…

Je plaide, moi, la légitime défense …

Car il faut dire que, si elles sont bien menées par des hindous, ces émeutes ont éclaté au lendemain de l’assassinat, samedi 23 août, d’un religieux hindou, Laxmanananda Saraswati, 85 ans, membre du groupe fondamentaliste VHP (Conseil mondial hindou), et de quatre de ses proches, lors de l’attaque de son ashram par, selon les témoignages, entre une vingtaine et plus d’une centaine d’assaillants, équipés de grenades et de fusils et tirant à l’aveuglette. Le religieux et ses proches ont été littéralement hachés en morceaux. Laxmanananda Swami Saraswati avait échappé l’an dernier à un attentat et ses disciples ont souvent eu à se défendre d’attaques de chrétiens par le passé. Si certains tentent de mettre l’attentat sur le dos de maoïstes, le religieux avait reçu la veille une lettre le menaçant de mort s’il ne cessait pas de s’opposer aux missionnaires chrétiens.

Il était en effet connu pour ses campagnes virulentes contre les « conversions » au christianisme d’hindous de basses castes (« dalits ») et d’aborigènes (« tribals ») marginalisés. Dans ces efforts de conversion, l’Eglise catholique a toujours porté une attention particulière aux membres des groupes minoritaires : les tribus visées ici représentent entre 10 et 15% de la population indienne. Ils font partie des groupes les plus marginalisés . On se souvient que dans l’Antiquité, le christianisme qui se développait dans l’Empire visait les esclaves, les prostituées (et gitons), les marginaux, les pérégrins (= métèques en Grèce) et les orientaux en général…

Les extrémistes hindous affirment que des milliers d’hindous ont été trompés pour devenir chrétiens, car ils ont été attirés par des incitations financières. Ils accusent les missionnaires chrétiens de profiter de l’ignorance de ces populations, très souvent analphabètes et très pauvres et de ne pas hésiter à adopter des comportements provocateurs. Et malgré leurs dénégations, les activités agressives et peu respectueuses des cultures locales des Eglises chrétiennes alimentent le ressentiment des indiens fidèles à leurs traditions.

Je plaide moi la légitime défense…

Et si on leur foutait la paix. Si on arrêtait de leur dire que leurs croyances millénaires ne valent pas tripette et ne sont qu’un prélude à la révélation de la vérité par le Christ. Si on arrêtait de leur dire qu’ils sont des sous développés spirituels. Si on arrêtait de les emmerder avec l’Evangile et les promesses de vie éternelle. Si on arrêtait de les menacer des punitions infernales. Si on arrêtait de les terroriser. Si on arrêtait de les tuer …

Je plaide la légitime défense…

Pour ceux qui pensent que les missionnaires sont de l’histoire ancienne: dans les années 60, le second concile de Vatican répète que l’église « est missionnaire de par sa nature même puisqu’elle tient son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint Esprit selon les desseins du Père ». Il est donc clair qu’il ne doit pas y avoir de relâchement et que l’évangélisation doit se poursuivre jusqu’au bout pour le bénéfice de tous (même si ce doit être en dépit ou contre ces « tous »). D’où, depuis les origines, la mise en oeuvre de plus de 700 plans pour évangéliser le monde.

Le fonctionnement de l’ensemble du christianisme, dans les années 80 coûtait 145 milliards de dollars et était assuré par 4,1 millions de travailleurs chrétiens à plein temps. L’entreprise christianisme possédait alors 13 000 bibliothèques importantes, publiait 22 000 périodiques, émettait 4 milliards de tracts par an et dirigeait 1800 stations de radio et de télévision chrétiennes. Dans ce christianisme organisé, c’est l’activité missionnaire qui est le programme principal . Quatre mille organisations missionnaires faisaient fonctionner un système énorme de mission chrétienne mondiale avec un personnel de 262 300 missionnaires coûtant 8 millions de dollars par an. Et en plus, les indiens doivent en même temps faire face à toutes les tentatives de conversion menée par les tenants de l’Islam…

C’est tout à l’honneur des « nationalistes » hindous que de prendre l’initiative de la résistance…

Je plaide la légitime défense …

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