You are currently browsing the tag archive for the ‘Gaulois’ tag.

 

on peut en voir quelques pages ici :
http://issuu.com/calleva/docs/vie-guerrier-gaulois
———————————————————————————————

 

 

Publicités

« Ah ! que l’Histoire-fiction est une belle chose ! J’avoue trouver quelque plaisir à imaginer Germains et Romains s’empoignant dans les Alpes suisses entre -100 et -50, tandis que les Gaulois, comptant les coups, se seraient alors occupés de construire la civilisation occidentale, qui eut pris une tout autre tournure. Elle ne serait jamais devenue romaine, et du coup pas davantage chrétienne. L’Europe n’aurait connu que l’éthique de liberté-fierté-responsabilité individuelle des Celtes, à laquelle ils ajoutaient le profond respect des arbres, des sources et de toute la nature. la technologie que cette civilisation aurait développée ne se serait donc jamais faite au détriment de la santé humaine et de l’environnement.

A quoi un druide-astrologue me répondrait sans doute que ce beau rêve n’eut pas pas été en accord avec les rythmes cosmiques et que l’équilibre dynamique de l’univers exigeait que, pour un temps, sur notre planète, le feu laisse la place à l’eau, et qu’il fallait patienter vingt-et-un siècles environ pour que l’air, allié naturel du feu, puisse régner à son tour et remettre en honneur une éthique de liberté. »

Pierre Lance, Alésia, un choc de civilisations. Presses de Valmy.

———————————————————————————————

La bataille de l’Allia, qui se déroula le 18 juillet -390 (date traditionnelle) ou -387 vit la victoire des Gaulois Cénomans, Boïens, Lingons et Sénons sur les forces romaines.

Les Romains , comptant un bon nombre de soldats inexpérimentés, sortirent de Rome en hâte et engagèrent le combat près de la rivière Allia sans préparation. Tite-Live justifie la défaite romaine par le non respect de rites religieux et par la précipitation du commandement :

« Les tribuns militaires sans avoir d’avance choisi l’emplacement de leur camp, sans avoir élevé un retranchement qui pût leur offrir une retraite, et ne se souvenant pas plus des dieux que des hommes, rangent l’armée en bataille, sans prendre les auspices et sans immoler de victimes »

Rapidement submergés, les Romains prirent la fuite et perdirent beaucoup d’hommes. Seule l’aile droite put se replier sur Rome. Trois jours plus tard, les Gaulois investissaient Rome, dégarnie de la plupart de ses défenseurs, et assiégeaient la forteresse du Capitole où les Romains s’étaient retranchés.

Pendant la nuit, les assaillants tentèrent d’escalader les murs de la citadelle, mais les oies sacrées de Junon les en empêchèrent en criant à qui mieux mieux. Un civil honorable, ancien consul de la ville, avertit alors les soldats romains qui repoussèrent les envahisseurs en les faisant tomber des murailles.

Brennus, chef gaulois, conduisait alors le siège de Rome. Les Romains, affamés, demandèrent à ce dernier de renvoyer ses troupes hors de la ville. Brennus accepta, mais leur demanda alors en échange une forte somme d’or.

La transaction eut donc lieu hors des murs de la cité : quelques poids furent posés sur une balance et, de l’autre côté, les Romains versèrent leur or, jusqu’à ce qu’ils découvrent qu’une épaisse plaque de plomb lestait l’un des plateaux de la machine. On cria à la supercherie et on demanda à Brennus de l’enlever immédiatement.

Celui-ci, hors de lui, jeta son épée sur les poids en criant la phrase devenue désormais célèbre : «  Vae Victis!  » (« Malheur aux vaincus ! »).

… et les Romains s’exécutèrent …

(source : wikipédia)

————————————————————————————————————————————–

(source : Gwenchlan Le Scouezec : La médecine en Gaule)

L’art de guérir

par l’emploi de substances médicamenteuses, les interventions chirurgicales, les cures thermales et la thérapeutique magique.

Thérapeutique et pharmacologie (quelques exemples)

La centaurée est citée sur une tablette d’argent découverte à Poitiers portant un texte qu’on peut traduire par « deux fois tu prendras de la centaurée; et deux fois tu prendras de la centaurée. Que la centaurée te donne la force, c’est-à dire la vie, la force, c’est à dire la (force) paternelle. Viens moi en aide, art magique, en suivant Justine, qu’a enfantée Sarra ». Il semble que ce soit une formule de magie médicale, utilisant à la fois l’activité pharmacologique de la centaurée et la puissance de l’incantation (voir : http://lamainrouge.wordpress.com/2008/01/12/viens-moi-en-aide-art-magique/ )

Pline nous dit « les druides ont donné le nom de samolus à une plante qui croit dans les lieux humides. Celle ci doit être cueillie de la main gauche, à jeun, pour préserver de la maladie les bœufs et les porcs. Celui qui la cueille ne doit pas la regarder, ni la mettre ailleurs que dans l’auge, où on la broie pour que ces animaux puissent l’avaler ».

Du même : « à la sabine ressemble la plante appelée selago. On la cueille sans l’entremise du fer, avec la main droite passée à cet effet par l’ouverture gauche de la tunique, comme si on voulait faire un larcin; il faut être couvert d’un vêtement blanc, avoir les pieds nus et bien lavés, et avoir préalablement sacrifié avec du pain et du vin. On l’emporte dans une serviette neuve ».

Comme les Romains, les Gaulois considéraient la verbena comme une herbe sacrée. Selon Pline, ils l’employaient « pour tirer les sorts et prédire l’avenir » . Et puis : « ils (mais on ne sait pas s’il parle des « magiciens » en général ou des « druides ») disent que si l’on s’en frotte, on obtient ce qu’on veut, on chasse les fièvres, on se concilie les amitiés, on guérit toute maladie; qu’il faut la cueillir vers le lever du Chien, de manière à n’être vu ni de la lune, ni du soleil, et après avoir donné à la terre en expiation des rayons de miel; qu’il faut la circonscrire avec le fer, l’arracher de la main gauche et l’élever en l’air … ».

L’ouvrage de Marcellus de Bordeaux nous fait connaître un très grand nombre de médications où sont mêlés des ingrédients fort différents : simples, mais aussi éléments minéraux et produits d’origine animale, ainsi que de collyres mais sans qu’il soit possible de différencier médicaments étrangers et remèdes gaulois.

Ces données diverses nous permettent de conclure que l’art de prescrire était fort développé en Gaule et qu’un nombre assez considérable de médicaments étaient à la disposition des praticiens, généralistes ou spécialistes. Il est impossible dans l’état actuel de nos connaissances de déterminer quelle part les Grecs ont prise dans l’élaboration de cette science et ce que les Gaulois et les pré-indo-européens en possédaient avant la venue des Hellènes. Mais ce qui nous paraît incontestable, c’est, dans la suite des temps, le goût particulier des Celtes pour les préparations compliquées, utilisées à des fins magiques ou médicales.

Thérapeutique chirurgicales

La chirurgie d’une façon générale s’est pratiquée fort anciennement, et dès la prégistoire nous avons la preuve de son existence en Gaule.

Instruments de chirurgie

Au Ier siècle de notre ère, Celse, dans son Traité de médecine, cite trente instruments différents parmi lesquels le scalpel et le trépan, la tarière, le forceps, les sondes, les canules, les cautères, la petite scie, l’aiguille à ponction d’ascite, les curettes, les crochets. Il n’y a aucune raison de penser que l’un quelconque d’entre eux n’était pas en usage en Gaule.

Les trousses d’oculistes nous ont également apporté un certain nombre d’instruments gaulois.

La trépanation

Parmi les opérations pratiquées anciennement, l’ouverture de la boite crânienne à l’aide d’un trépan est l’une des plus archaïques et des plus répandues dans le monde dès les âges préhistoriques et dans les tribus primitives.

Pourtant, si la pratique de la trépanation est attestée en Gaule à l’époque celtique, elle ne semble toutefois pas avoir joui de la vogue qu’elle avait connue chez les bâtisseurs de mégalithes. Il est vraisemblable que les idées, en relation avec la magie et la religion, qui avaient présidé au développement du procédé à l’époque néolithique n’avaient pas trouvé d’écho chez les Celtes. En outre, avec le temps et les modifications survenues dans le comportement social -tel par exemple le remplacement de l’inhumation part l’incinération du deuxième âge du bronze- ces conceptions avaient dû perdre de leur vigueur primitive et n’étaient sans doute plus assez vivaces pour s’imposer aux nouveaux venus.

Cataracte et opérations ophtalmologiques

Il semble que ces opérations aient été assez largement répandues dès avant l’ère chrétienne.

Autres interventions

Il y a tout lieu de croire que les Gaulois procédaient à des exérèses de tumeurs, à des incisions de collections purulentes, à des amputations de membres gravement blessés ou gangrenés, et au traitement des luxations, à la réduction et à la contention des fractures.

L’hémostase

La cautérisation était largement pratiquée dans l’ Antiquité et l’on a trouvé des cautères en Gaule. Il faut aussi mentionner l’usage en Irlande de bourrer les plaies avec des herbes médicinales : à l’action propre des plantes, s’ajoutait un effet de compression qui facilitait l’hémostase. Pour qui connait le goût des Druides de Gaule pour les simples, il paraît vraisemblable qu’ils aient suivi une méthode analogue.

L’anesthésie

Les gaulois ne pouvaient manquer de remarquer le pouvoir hypnotique et analgésiant de l’alcool, l’un des anesthésiques les plus anciennement employés.

D’autres moyens ont pu être utilisés tels que l’intoxication par les solanées (jusquiame, morelle, mandragore…)

L’antisepsie

On n’ignorait pas l’efficacité de la cautérisation pour éviter l’infection des plaies. On peut imaginer aussi que divers petits moyens empiriques étaient mis en œuvre dans ce domaine.

La prothèse

De cet art il ne subsiste pas de trace chez les Gaulois mais des mentions en apparaissent chez les Gallois, lkes Irlandais et les Bretons (le bras de Nuada lors de la bataille de Mag Tured)

Hydrothérapie

Les découvertes de l’archéologie ont confirmé l’existence de stations balnéaires dans les Pyrénées, mentionnées par Pline, et montré le développement considérable du culte des eaux et de l’hydrothérapie en Gaule.

L’ancien usage celtique d’adorer la divinité en plein air, auprès des sources, des arbres, des pierres s’était perpétué à l’époque romaine et le culte des sources était répandu dans toute la Gaule.

Les méthodes thermales

Les procédés de la médecine thermale ne différaient pas sensiblement de ceux que nous utilisons aujourd’hui. Tous sont d’une pratique simple et d’évidence et, dès le temps de l’indépendance, ils étaient certainement employés. Des installations de cette époque il ne nous est rien resté, ce qui ne signifie point qu’elles n’aient pas existé, mais comme la plupart des constructions antérieures à la conquête, elles durent être édifiées en bois puis remplacées par les bâtiments gallo-romains.

La boisson, les affusions, les douches étaient courantes sans aucun doute et les bains de boue et de vapeur furent certainement utilisés.

L’eau sacrée

Le culte de l’eau est universellement répandu et se retrouve dans toutes les régions de France mais c’est en Bretagne armoricaine que les rites anciens de l’eau sont aujourd’hui encore le plus répandus. On y retrouve en particulier le lien déjà noté en Gaule entre les sources et l’ophtalmologie : que de fontaines sacrées y ont le pouvoir de guérir les maladies des yeux.

Somme toute, le culte de l’eau vivifiante et guérisseuse paraît avoir été, avec celui du soleil qui régénère, l’une des plus importantes manifestations à la fois de la médecine et de la religion gauloises. C’est sur le sommet des collines d’où l’on peut observer au mieux la course du soleil et, un peu en contrebas, là où jaillit la première source, que sont situés de nombreux lieux sacrés de la Gaule.. Là, sans aucun doute, les druides ont prié, enseigné et guéri.

Thérapeutique magique.

Si la religion suppose l’existence et l’intervention d’une puissance supérieure àç laquelle on s’adresse, la magie ne postule pas cette nécessité. Elle consiste essentiellement à mettre en œuvre des rites dont l’action utile tient à leur exécution même. D’ autre part, ce qui différencie la magie d’une science, c'(est que son efficacité dépend entièrement du psychisme vers lequel elle est dirigée et de la croyance qui lui est accordée.

De ces coutumes médico-magiques de la Gaule, quatre groupes principaux apparaissent : les incantations et les rites, les talismans et amulettes, les pierres et les arbres sacrés, enfin le sacrifice de compensation.

Incantations et rites

Innombrables furent certainement les formules dont certaines se retrouvent sur les tablettes et dans l’ouvrage de Marcellus de Bordeaux.. Toutes, qu’elles se prononcent ou s’écrivent, sont l’objet d’un rite d’accompagnement. Dans toute la magie, en effet, le geste soigneusement prévu et réglé occupe une place prépondérante.

Il n’est malheureusement guère possible le plus souvent de distinguer ce qui date d’un cérémonial celtique et de ce qui a pu être ajouté au cours des siècles.

Il nous faut toutefois citer une curieuse prière découverte dans un manuscrit du XIIe. Elle se compose de deux parties, la première placée sous le titre Incipit precacio terre quam antiqui pagani observabant volentes coligere herbas : « ici commence la prière à la Terre que les anciens païens prononçaient rituellement lorsqu’ils voulaient ramasser des herbes »; la seconde sous les mots : Precacio omnium herbarum : « prière à toutes les herbes ».

Il s’agit d’invocations à la Terre-Mère et aux simples qu’elle produit, pour qu’ils soient propices et efficaces. Le dévot commence par demander la permission de la grande déesse, puis il cherche à se concilier les faveurs des plantes en les assurant d’abord que la « sainte divinité, mère de la nature » a donné son consentement : « celle qui vous a crées avec vos propriétés salutaires veut bien que je vous cueille : faites autant que vos vertus naturelles le permettent, que celui qui vous recevra de ma main recouvre la santé ». On peut se demander s’il ne faut pas voir là une explication à certains gestes signalés par les anciens. Si, par exemple, il faut cueillir les herbes médicinales comme un voleur, n’est-ce pas pour n’être pas vu de la Terre, dont on dérobe le bien, et échapper de ce fait à son courroux ? S’il ne faut pas utiliser le fer, c’est par révérence pour les divinités que sont les plantes, auxquelles le métal vulgaire ne saurait être appliqué sans irrespect. Peut être même l’emploi de la main gauche appartient-il lui aussi à cet ordre de faits : on ne saurait pour une opération sacrée procéder comme pour un geste banal et ce qui est faste dans la vie courante serait ici un sacrilège.

Les talismans et les amulettes

Dès les âges préhistoriques, la prophylaxie magique s’est exercée contre tous les maux possibles par le port d’objets divers, tenus pour capables d’écarter les mauvais génies et les influences dangereuses. A l’époque gauloise elle se manifeste par des amulettes variées : perles et annelets de verre, grains et perles d’ambre, branches et perles de corail, cailloux troués, perles et annelets de pierre, ammonites, coquilles, dents et os, rouelles. Les médaillons en bois de cerf sont aussi très fréquents et il faut citer l’œuf sacré (une ammonite ? Un diamant ? Plus probablement un oursin fossile).

Pierres et arbres sacrés

Si les Gaulois attendaient la santé de l’eau de certaines sources, ils fréquentaient également dans ce dessein des lieux sacrés où une pierre merveilleuse, un arbre vénéré, étaient capables, moyennant un rituel approprié, de guérir ou de féconder : haches néolithiques, mégalithes et rochers remarquables. L’eau conservée dans le creux des pierres sacrées est souvent tenue pour efficace contre les maladies; on s’est servi aussi de la poussière minérale en ingestion.

Le culte médical des pierres rejoint celui des arbres dans une curieuse coutume qui consiste à suspendre les unes aux branches des autres.

Le sacrifice de compensation.

La transmission de la maladie d’un homme à un objet est fréquente dans les thérapies primitives. Voisin du transfert est le procédé du rachat. Dans le premier cas, la maladie est censée passer d’une entité à une autre; dans le second une vie est offerte aux dieux en échange de celle qu’ils menacent : ce n’est pas l’affection pathologique qui est transportée d’un être à un autre, mais son résultat, la mort. Ici comme là, la divinité doit s’estimer satisfaite : l’ordre du monde, la balance du bien et du mal sont respectés.

L’évolution historique.

En bien des endroits les Gaulois ont seulement continué une tradition remontant très loin avant eux. Mais si l’on cherche à définir l’héritage médical que la gaule indépendante a laissé à ceux qui continueront, après sa disparition à pratiquer l’art de guérir, on le trouve essentiellement dans ces deux domaines : la pharmacologie et l’ hydrothérapie.

C’est surtout dans le domaine chirurgical que la médecine gauloise paraît avoir progresser après la conquête.

Caractères de la médecine gauloise.

Deux types de médecine coexistent généralement dans les société primitives : l’un, instinctif et empirique, est l’apanage des médecins proprement dits; l’autre, magique et sacerdotal, est celui du sorcier, puis, à un stade d’évolution plus avancé, du prêtre. Le diagnostic consiste à rechercher la cause du mal, que celle ci soit un dieu ou un démon irrité, un ennemi ou un rival, ou bien encore un défunt. Le pronostic se fonde sur des présages et des méthodes diverses de divination que l’absorption de drogues facilite parfois.

La thérapeutique manifeste des croyances fondamentales spécifiques de la mentalité primitive : participation cosmique des êtres, existence de forces immatérielles susceptibles d’être libérées ou retenues, solidarité de l’individu avec les éléments de son propre corps et tout ce qui le touche et l’approche. L’initié peut agir par sympathie ou par télépathie, mettre en jeu des interactions synergiques ou antagonistes. En outre le mot est généralement reconnu comme doué d’un pouvoir particulier et intrinsèque. Aussi paroles et gestes magiques jouiront-ils d’une grande efficacité aux yeux des patients. Le sorcier maniera l’exorcisme, les charmes de conjuration, et des rites plus proprement religieux, comme la prière, la libation ou le sacrifice. Certains modes de traitement, les médicaments ou la profanation, viseront à expulser le mal, imaginé sous les apparences d’un génie malfaisant. D’autres tenteront de le transférer à un autre homme, à un animal, voire à un objet. La prophylaxie enfin joue un grand rôle sous forme d’amulettes, de talismans et de fétiches.

Une grande partie de la thérapeutique gauloise reposait sur de telles bases.

——————————————————————————

(source : Gwenc’hlan Le Scouezec : « La médecine en Gaule »)

La médecine préhistorique en Gaule

Le premier médecin dut être un sorcier. Mêlant à des conceptions imaginaires et traditionnelles ses premières constatations empiriques, il devait pratiquer à la fois la divination, la magie et la médecine, à la manière des chamanes.

Il paraît certain qu’une prophylaxie magique était mise en œuvre par les populations paléolithiques. Dès l’aurignacien, en effet, apparaissent les objets à suspendre au cou.

Il y a tout lieu de penser que les autres grandes thérapeutiques que nous verrons en œuvre aux époques celtique et romaine, plantes et compositions à base de plantes, voire de produits minéraux ou animaux, eaux thermales et minérales, magies diverses, étaient déjà pratiquées avant l’arrivée des Celtes.

Les médecins

Dès l’aurore des temps celtiques : il y a d’une part les druides, que leurs pouvoirs étendus, leurs fonctions religieuses, leur vocation pour la magie, appellent à exercer l’art de guérir parmi les peuplades gauloises; d’autre part, les thérapeutes grecs, installés avec leurs compatriotes sur le sol ligure dès la fin du VIIe siècle. De Marseille, ces derniers se répandent dans tout le pays et plus tard, les Gallo-Romains continueront leur tradition.

L’activité médicale des druides

Les secrets de la nature faisaient plus particulièrement l’objet des recherches des vates mais les druides s’appliquaient également à leur étude. C’était en quelque sorte les plus avancés des vates, ceux qui ajoutaient à la science la réflexion philosophique.

Leur art médical s’insère dans une conception du monde : le « dialogue singulier » du médecin et du malade, cher aux déontologistes et aux psychologues de notre temps, n’existe pas -du moins sous la forme que nous lui connaissons. Le prêtre-médecin n’est pas confronté au patient, mais il sert d’intermédiaire entre l’homme malade et le dieu guérisseur.

Les prêtresses médecins

Pomponius Mela raconte que dans la mer de Bretagne, neuf vierges consacrées possèdent des pouvoirs exceptionnels. Elles commandent aux vents et aux flots; elles se changent à volonté en un animal quelconque; elles prédisent l’avenir et guérisse les maladies incurables. Mais pour obtenir leur secours, il faut, en venant vers elles, n’avoir d’autre dessein que de les consulter.

Expansion de la médecine grecque

Quelle que soit la filiation des divers établissements grecs de Ligurie, il s’y pratiquait évidemment une médecine analogue à celle de l’Hellade. La communauté de civilisation qui liait toutes les parties du monde grec et la ténacité avec laquelle, aux dires de Tite-Live, les Marseillais conservaient intacts à son époque, non seulement les modes et la langue de leur pays d’origine, mais encore le caractère, le genre de coutumes et de lois existant en Grèce, permettent de penser que les principes médicaux, la formation des praticiens et l’exercice de l’art ne différaient pas sensiblement en Gaule méridionale de ce qu’ils étaient en Ionie.

Quelques lignes de Strabon nous montrent, à côté de praticiens appointés par les gens riches, d’autres qui sont les salariés des cités.

Une catégorie particulière de médecins, nettement spécialisés, mérite notre attention par le développement qu’elle prit en Gaule, surtout dans les sanctuaires de l’eau et à partir du début de notre ère : il s’agit des ophtalmologistes que de nombreuses découvertes archéologiques nous font connaître.

Femmes médecins

Les unes s’occupaient d’obstétrique et d’esthétique -c’était le cas des medicae, d’autres étaient gynécologues -c’était les clinicae. L’usage de l’Empire romain comme celui de la Gaule indépendant et l’épigraphie permettent d’affirmer que des femmes exerçaient en Gaule, soit comme prêtresses traditionnelles, soit comme thérapeutes selon l’art grec

Le malade et son médecin

Le thérapeute se présentait avant tout non comme un savant, apte par ses connaissances à soulager les hommes de leurs maux, mais comme l’intermédiaire entre le malade et la divinité secourable.

Il semble que progressivement et suivant en cela le discrédit qui frappait les anciens dieux, la fonction religieuse du médecin soit passée au second rang et que la profession se soit laïcisée.

L’enseignement de l’ophtalmologie

De différentes indications, nous pouvons conclure que les médecins étaient régulièrement instruits des connaissances de leur époque. Des collèges de médecins et des écoles existaient, dont on retrouve la trace en des endroits fort éloignés : Metz, Avenches, Bordeaux, Marseille.

On peut en outre se demander, à voir si vivace à Bordeaux, la survivance des druides et à y constater l’existence, en plein IVe siècle, d’un temple de Belenos (voir Ausone), si les prêtres de l’ancienne religion autochtone ne continuaient pas à y pratiquer, à côté de leurs rites purement religieux, cette médecine magique qui semble avoir été leur apanage.

Les guérisseurs

Bien qu’à côté d’un art savant, Camille Jullian affirmait l’existence d’une médecine populaire « représentée par les sorciers et rebouteurs de villages et de faubourgs », en fait on ne trouve pas de preuves formelles de leur existence en Gaule avant les derniers siècles de l’époque romaine. Mais le nombre forcément restreint des druides et des médecins grecs, leur éloignement des villages et l’absence à la campagne de tout service médical organisé, imposait certainement la présence de semblables guérisseurs.

Parmi les paysans il en était forcément qui se distinguaient des autres, soit par leur habileté manuelle, soit par des connaissances transmises en secret de père en fils, de mère à fille, d’initié à disciple, et qui,utilisant l’eau, les plantes, les formules, les rites magiques les plus divers, les gestes adéquats, savaient chasser l’infection, remettre une articulation, peut être immobiliser une fracture après l’avoir réduite, certainement calmer l’inquiétude et exercer une « psychosomatique  salutaire.

La seule chose certaine, c’est la permanence au long des siècles, sur le vieux sol gaulois, de dynasties de sorciers se transmettant jusqu’à nos jours des pratiques dont certaines remontent sans doute aux âges préhistoriques. La concurrence qu’ils font aux praticiens modernes, ils la faisaient déjà certainement aux médecins grecs et gallo-romains et au clergé druidique dès le temps de l’indépendance.

Les dieux de la médecine

Le panthéon gaulois ne manque pas de divinités capables de vaincre la maladie. Le culte de certaines d’entre elles fut très largement répandu en Gaule; d’autres demeurèrent plus régionaux; d’autres,enfin, purement locaux.

Les grands dieux

Le culte d’Apollon Belenos est attesté.

On doit se rendre à l’évidence que Belenos était le nom le plus couramment employé du dieu du Soleil et de la santé, que les romains assimilèrent à leur Apollon. L’analogie linguistique entre les deux vocables due peut être à une commune origine indo-européenne, a certainement facilité l’identification, et l’on peut même se demander si, dans les formules votives où Apollon est qualifié d’un terme gaulois tel que Grannos ou Borvo, le dieu grec ne tient pas la place de Belenos, autrement dit si Grannos ou Borvo ne déterminaient pas des aspects particuliers de Belenos et cela dès avant l’assimilation aux divinités grecques et romaines.

On trouve donc également le nom grec d’Apollon adjoint à celui de Grannos, mais alors que rien ne permet d’établir une relation entre Belenos et les eaux curatives, Grannos, en revanche, fait partie au premier chef des divinités des sources.

Sous le vocable de Borvo et sous les formes voisines de Bormo et Bormanus, c’est un dieu des sources thermales qu’on vénérait également. Il a pour parèdre tantôt Damona, tantôt Bormona.

A côté d’Apollon, César mentionne Mercure comme le plus grand dieu des Gaulois qui le considéraient comme l’inventeur de tous les arts (assimilé à Lougos). Il n’existe aucun élément permettant de soupçonner une relation quelconque entre cette divinité et l’art de guérir, si ce n’est qu’elle était à l’origine de tous les arts, donc, peut-on imaginer, de la médecine.

La divination, que les druides pratiquaient, était dans l’esprit des anciens, fortement liée à la médecine dont elle facilitait l’exercice, en éclairant le diagnostic et le pronostic.

Les principales déesses

Une déesse Brigantia qui, par analogie avec la divinité irlandaise Brigit, était la patronne des poètes, des forgerons et des médecins. Cette Brigantia-Brigit est aussi assimilée à une autre déesse, Sulis, qui recevait un culte à Bath (GB) où elle présidait aux sources thermales, ainsi qu’à Belisama, parèdre de Belenos, et à Minerve.

En dépit de l’importance religieuse et médicale du site de Bath, on est amené à penser que Sulis n’était pas adorée seulement en Bretagne mais aussi sur le continent.

Le culte de Sulis, comme celui de Brigantia, est lié au feu autant qu’à l’eau : elles président en effet aux sources chaudes.

Les Matrones ou Mères sont l’une des divinités le plus fréquemment retrouvées en Gaule : une, ou deux, ou trois déesses représentées assises avec parfois en enfant dont on a remarqué la constante relation avec les sanctuaires des sources.

Une déesse, Damona, est la parèdre de Borvo au pays des Lingons et semble être une divinité guérisseuse tandis que Sirona (ou Dirona), présente dans l’Est de la France et en Allemagne, parfois associée à Grannos, présente des attributs (épis, fruits, œufs) qui font penser à une divinité de la fécondité.

Les multiples divinités secondaires

Il semble que des noms très divers aient été portés par les nymphes et les génies des sources salutaires : une bonne cinquantaine, dont Divona que nous connaissons surtout parce qu’Ausone l’a chantée dans son fief de Bordeaux :

« Salut, fontaine au jaillissement inconnu, fontaine sacrée, nourricière, éternelle, claire comme le verre, glauque, profonde, bruissante, sans souillure, ombreuse. Salut génie de la ville, à boir en gorgées médicinales, Divona, dont le nom dans la langue des Celtes signifie fontaine, et qui plus est, divine ».

Des divinités étrangères à la Gaule y étaient également l’objet d’un culte : fréquentes découvertes de statuettes de Venus dans les sanctuaires de l’eau. Ces figurines, tout comme les figurations des Matrones, du dieu aux colombes, sont en relation constante avec le culte des sources.

Mithra et Cybèle ont partagé un destin analogue.

Les maladies

Essentiellement identifiées grâce aux ex-votos : forme des parties ou membres malades découpée dans des feuilles de bronze ou figurées en bois de chêne, en calcaire oolithique…

Diagnostic et pronostic

Les méthodes utilisées dans le monde antique pour établir un diagnostic et prévoir l’évolution d’un mal, comme généralement celles utilisées par les médecines non scientifiques, reposaient à la fois sur des connaissances sémiologiques et sur des procédés magiques, n on distingués les uns des autres.

L’incubation était utilisée en Grèce : le malade en dormant dans un lieu sacré, après une certaine mise en condition par des rites spéciaux, recevait en rêve, du dieu médecin, Apollon ou Asklépios, la connaissance de son mal et le remède à y apporter.

Il y avait des pratiques analogues dans les sanctuaires gallo-romains (découverte à Grand dans les Vosges, sur les lieux d’un temple dédié à Grannos d’un fragment portant l’inscription APO et un autre « SOMNO-JVSSVS », soit « invité au sommeil ») et en Irlande avec l’ « imbas forosnai »_(illumination autour des mains) où le file (poète et magicien) dans un sommeil magique, rêvait ce qu’il avait besoin de savoir.

Il y avait d’autres mantiques utilisées par les Gaulois : examen du vol des oiseaux, de la course d’un lièvre, des convulsions des membres d’un homme sacrifié…

———————————————————————–

Il semble que les gaulois de l’époque indépendante affectionnaient de décorer leurs maisons et prenaient tout particulièrement soin des portes, pour souligner l’importance et le symbolisme du franchissement du seuil, que ce soit celle de la clôture extérieure dont les piliers étaient ornés de sculptures et portaient un arceau, lui même décoré, ou celle de l’habitation proprement dite pourvues d’inscriptions ou de motifs symboliques. Dans la maison, on suppose que le foyer constituait la partie centrale : on a retrouvé des chenets représentant des animaux (têtes de bêliers surtout) et on sait que beaucoup de chaudrons, et pas seulement les chaudrons cultuels, étaient minutieusement décorés …

On sait aussi qu’à l’époque gallo romaine les particuliers possèdent dans leur foyer un lieu sacré : dans le laraire (petit autel ou niche en pierre en forme de temple) séjournent les dieux Lares, génies protecteurs de la maison, et autres divinités : déesses-mères, Epona, Hercule, Mercure…Ils leur rendent un culte et leur offrent des libations sur un autel installé devant le laraire…

Mais quid de la religion familiale dans la Gaule indépendante ?

Si elle existait de manière certaine, des auteurs pensent qu’elle avait peut être, à une époque historique (IIème – Ier siècle av. J.-C.), une importance moindre que dans les religions grecque ou romaine. Les textes antiques (Poseidonios, fin IIème siècle av. J.-C., dont nous conservons des résumés chez César et Strabon) suggèrent que la tendance à la hiérarchisation de la religion gauloise autour des trois sacerdoces principaux (bardes, vates et druides) a non seulement réduit du même coup les manifestations non publiques mais aurait facilité aussi l’intervention de prêtres même dans le domaine domestique, où le père de famille n’aurait ainsi pas eu le rôle de prêtre privé qu’il avait à Rome.

Le terme « druide » pose pourtant problème : en effet, parallèlement au druide Diviciacos, César, dans sa Guerre des Gaules parle de Gutuater qui serait à l’origine des troubles survenus chez les Carnutes et qui ont mis le feu aux poudres.

Seulement, le hic, c’est que même si Gutuater signifie « maître des invocations » (dictionnaire Delamarre), donc prêtre, il est ici employé comme un nom propre et on ne sait donc pas trop à quoi s’en tenir …

en revanche, rien n’interdit de penser qu’il y avait peut être une caste de sacerdotes plus « basse » que celle des druides à proprement parler, en contact plus étroit avec le petit peuple, se rapprochant plus, dans une certaine mesure, de l’image qu’on peut se faire du « sorcier de village » mais en incluant un rôle sacerdotal plus ou moins marqué…

Et ce sont peut être eux qui intervenaient dans le domaine domestique même si la maison forme un espace d’indépendance où le propriétaire est maître absolu. Car les Gaulois étaient considérés comme formant un peuple s’adonnant  « de façon immodérée aux choses de la religion« , et je m’étonne de ce que les cultes privés aient eu une importance moindre que dans les religions grecque ou romaine.

Je m’étonne aussi de ce que le père de famille n’avait peut être pas le rôle de prêtre privé qu’il avait non seulement à Rome mais aussi chez les germains et les nordiques … les Gaulois se seraient ils singularisés à ce point au milieu d’une Europe quand même relativement homogène au niveau cultuel ?

Je ne me fonde naturellement sur aucune « preuve » historique mais le fait qu’on ne retrouve pas de textes traitant du culte domestique ne signifie pas pour autant qu’il n’y avait pas un culte domestique développé…

j’ai lu récemment (mais où, je n’arrive pas à me rappeler), une thèse selon laquelle la non écriture des druides n’était qu’un mythe, qu’ils écrivaient mais qu’ils le faisaient sur des supports périssables (bois, etc…) et que c’est pour cette raison qu’on n’a pas retrouvé d’écrits… est-ce qu’on ne pourrait pas envisager (ce ne sont là que des pistes de réflexion…) que les Gaulois de l’époque indépendante, avaient aussi des laraires chez eux, mais qu’étant en bois ils n’ont pas résisté au temps ?…

Les actes cultuels les plus importants et les plus pratiqués étaient le sacrifice et l’offrande … encore une fois, je trouve difficilement concevable que le Gaulois, lambda mais tellement religieux, n’ait pas eu chez lui, une structure (simple laraire ou à la limite mini « chapelle », coffre réservé à cet usage -comme pour y mettre les têtes coupées ou « coin dans le jardin » …) pour y pratiquer ces sacrifices et y faire ces offrandes quotidiens aux dieux de la famille, de la maison, etc, au milieu des siens, et au gré des circonstances, comme les autres peuples de tradition indo-européenne…

Ces sacrifices n’étaient pas forcément sanglants, mais pouvaient consister, comme à Rome, à faire brûler un peu de nourriture ou de boisson dans le foyer familial (au centre de la maison gauloise ), au début de chaque journée.

Quoi qu’il en soit, on voit bien qu’on ne sait en fait pas grand chose du culte domestique que pratiquaient nos ancêtres gaulois et les découvertes archéologiques n’ont pas, dans ce domaine, pu nous faire remonter à la période indépendante. En revanche, à l’époque gallo-romaine, Il semble qu’il se présentait sous l’aspect de deux traditions différentes, l’une directement issue de l’influence romaine, l’autre exprimant peut être un conservatisme religieux gaulois et les deux exercées selon trois modalités particulières. De la même manière que leurs « occupants », les gaulois honorent les Lares et les Pénates, qui sont des divinités protectrices de la maison et du foyer, et qu’on installe dans des laraires, petits sanctuaires domestiques pouvant prendre la forme d’une petite niche dans l’atrium, ou d’une petite construction surélevée ou directement peinte sur un mur. On place donc dans ces laraires classiques les Lares et les Pénates mais aussi des figurines, souvent en bronze qui peuvent représenter Jupiter, Mars, Mercure ou Junon, et dont on a retrouvé un certain nombre (à Rouen, à Avenches en Suisse, etc …)

A côté de ces laraires abritant des divinités de bronze spécifiquement romaines, on a retrouvé aussi des petits sanctuaires ou autels domestiques conservant des figurines en terre blanche et en calcaire qui sont d’un type gallo-romain beaucoup plus marqué, et représentant, comme à Langon en Ille et Vilaine une Cérès, des Vénus anadyomènes, un Mercure, des Déesses-Mères, un cheval…

A Rezé en Loire Atlantique, c’est aussi un laraire se rattachant à la tradition romaine qu’on a découvert mais dont les figurines et les divinités qu’il abrite, à savoir, un chien, gardien de la maison, un porc, symbole de fertilité et trois déesses protectrices, en font un petit sanctuaire privé entièrement consacré à des croyances indigènes.

On s’est demandé si ces laraires « mixtes » de type gallo-romain étaient l’expression d’un processus de romanisation en cours ou bien au contraire de retour aux traditions gauloises. On peut citer à l’appui de cette dernière thèse, le sanctuaire dédié à Mithra à Mackwiller dans le Bas Rhin qui fut en partie ruiné à la fin du IIIe siècle et au lieu d’être reconstruit fut remplacé alors par un « sanctuaire de source », construit sur un plan indigène, ce qui corroborerait le retour, à cette époque, aux traditions religieuses indigènes les plus anciennes.

Enfin, on a aussi découvert quelques niches ou édicules aménagés dans des caves, comme à Argentomagus (Argenton sur Creuse en 1986), où ont été mis à jour les vestiges d’un édicule maçonné renfermant deux statues et un phallus disposés derrière une petite table circulaire.

Les deux statues pourraient être les figurations du dieu Kernunnos et d’une divinité de la prospérité familiale, le phallus représentant la fertilité… C’est Joël Le Gall, qui fut le directeur des fouilles sur le site d’Alésia où l’on trouva, dans le sous sol de la « maison à la Mater » et dont l’escalier s’ouvrait dans la cour de la propriété, une statuette de déesse-mère au pied d’une niche, qui donna à ces sanctuaires le nom de « caves sanctuaires ». « Si elles présentent les mêmes caractéristiques que les caves utilitaires, précise Gérard Coulon (« à la rencontre des Dieux gaulois »), elles comportent en plus une ou plusieurs niches aménagées assez haut, dans les parois, qui abritent une ou plusieurs statues de déesses-mères ou de dieux domestiques ». En outre, les « caves sanctuaires », pour lesquelles Coulon préconise de substituer l’expression d’ « oratoire privé en sous sol » présentent aussi la particularité d’abriter un guéridon de pierre à un seul pied, parfois décoré.

Ces détails sont rares dans les découvertes afférentes à la tradition romaine: pratiquement pas de laraires aménagés dans un sous-sol, extrême rareté des tables. Il semblerait donc bien que ces oratoires privés souterrains soient spécifiquement gaulois et Joël Le Gall est catégorique: « ces chapelles n’avaient aucun rapport avec les laraires romains, les dieux qu’on y honorait étaient les dieux nationaux de la Gaule ». La localisation souterraine peut s’expliquer de différentes manières: on a pu dire que la cave était l’endroit idéal pour honorer les divinités familiales de la fécondité et de la prospérité puisqu’elle est tout à la fois fondement de la maison, lieu sombre à l’abri des regards du public, resserre à provisions, et donc lieu privilégié pour demander à ces divinités les bienfaits matériels de leur protection, de la prospérité et de la sécurité . Raison supplémentaire, selon Joël Le Gall, si les gallo-romains pour accueillir leurs dieux dotaient leurs maisons d’un sous sol, c’est parce qu’il «leur rappelait les huttes à demi enterrées que les hommes partageaient jadis avec eux. Sans doute pour se rapprocher davantage encore de ce souvenir, on eut soin que l’escalier de ce sous sol débouchât toujours à l’air libre dans la cour de la maison ».

Il semblerait donc bien établi que ces oratoires privés ne participent en rien à la tradition romaine. En revanche, on ignore s’il s’agit d’une vieille coutume indigène dont ne nous serait, pour une raison ou pour une autre, parvenu aucune trace de la période indépendante et qui continuerait à avoir cours sous l’Empire dans un nouveau cadre de vie; ou s’il s’agit de la transposition en Gaule intérieure, du laraire classique. La première hypothèse fait son chemin et Jean Louis Brunaux dans ses travaux sur les religions gauloises note que « l’autel dans la maison n’est à priori pas à rejeter » même si sa réalité ne pourra être prouvée que par l’archéologie . A l’heure actuelle, malheureusement, les découvertes sont encore trop peu nombreuses pour pouvoir juger de la place de ces sanctuaires souterrains dans la religion privée. En revanche, on peut se demander, comme Gérard Coulon, si « la coexistence de ces deux traditions religieuses d’expression bien différentes ne pourrait pas contribuer à appréhender une certaine dualité de la société gallo-romaine ? »

——————————————————

« Certains auteurs ont défendu la thèse du monothéisme druidique. Mais, outre que ces auteurs étaient eux-mêmes monothéistes et voulaient à toute force nourrir l’illusion d’une « supériorité » du monothéisme sur le polythéisme, il n’est pas un seul témoignage d’auteur ancien qui vienne conforter cette hypothèse.

Les Grecs et les Latins parlent toujours des dieux gaulois et non d’un seul. On a prétendu qu’Esus était primitivement le dieu unique des celtes, et il est vrai qu’Esus, qu’on peut identifier à l’énergie vitale, est un dieu primordial. Mais en tirer argument au profit d’un monothéisme celtique supposé reviendrait à prétendre que les Grecs étaient monothéistes puisqu’ils faisaient d’Éros le créateur du monde, la première force en action après le Chaos originel. Or les Gaulois, tout comme les Grecs, avaient pleine conscience (des siècles avant Darwin !) de ce que l’évolution biologique est essentiellement un processus de différenciation, de diversification et de sélection, qui enfante logiquement le particularisme concurrentiel de toute manifestation animique. Individualisme et monothéisme sont nécessairement inconciliables car le premier distingue et particularise, ce qui favorise l’élévation des meilleurs, tandis que le second uniformise, égalise et grégarise, paralysant ainsi tout progrès de la vie

Cette exaltation de la personnalité de chaque être (…) était le fondement de la philosophie gauloise. »

Pierre Lance : Alésia, un choc de civilisations.

———————————————————

Dans sa préface à sa Guerre des Boutons, Louis Pergaud abat les cartes d’entrée de jeu : « Foin des purs latins : je suis un Celte ». Et les enfants eux mêmes , en classe, retiennent sans problème « l’histoire des Gaulois qui étaient de grands batailleurs et qu’ils admiraient fort ».On nous décrit habituellement « la guerre des boutons » comme une chronique tendre de la France des années 60 où deux bandes de gamins, rivales, jouent à la guéguerre. C’est pas faux … mais est-ce qu’il ne serait pas possible d’aller un peu plus loin et d’y voir, aussi, une sorte de geste épique menée par des Gaulois d’aujourd’hui ?

gaulois_cheval_petit_palais

Les Velrans, qui sont des calotins, et les Longevernes, qui sont des rouges , entretiennent depuis des générations, et sans trop se rappeler pourquoi, un antagonisme permanent.

En fait, les gaulois ont toujours aimé se flanquer sur la gueule : c’est une véritable institution culturelle mais qui répond en même temps à des nécessités économiques. Les Gaulois qui pratiquent le commerce, et qui ont développé l’agriculture à force d’innovations techniques semblent pourtant leur préférer les vertus guerrières puisqu’ils se définissent eux-mêmes avant tout comme des guerriers. Cicéron, caricatural, affirme qu’ils «  trouvent honteux de se procurer du blé par le travail. Aussi vont-ils, les armes à la main, couper la moisson sur les champs d’autrui ».. Même l’artisanat, pour lequel ils sont réputés, se voit disputer son importance dans les bases de l’économie par le butin et le mercenariat et chaque expédition rapporte une masse considérable de richesse, même si une bonne partie est donnée en offrande pour les divinités.

gaulois-6858

La guerre a été déclarée par des insultes, et ce sont encore les insultes qui président à la première confrontation , lancées par les chefs de chaque armée « revenant au mode antique ».

Les champions des armées gauloises (qui sont des troupes des pagi -c.a.d. approximativement des cantons- plutôt que des armées stricto sensu) se lancent des défis . Ils adressent les pires insultes à leurs adversaires et dressent la liste de leurs ancêtres en en vantant les exploits sur fond de cris de guerre, de sonneries de trompe et de martèlement des boucliers. Les Gaulois se livrent aussi à des danses guerrières pour impressionner l’ennemi et lui tirent ostensiblement la langue. Il est fort possible que Lebrac en montrant son cul à ses ennemis, ne fasse que retrouver un vieux geste déjà moult fois effectué par ses ancêtres, et inscrit dans ses gènes.

Pendant que les bardes font l’éloge des chefs.

Et que, parfois, les druides essaient de s’interposer pour proposer des solutions pacifiques.

Et quand rien n’a marché et que le combat général devient inéluctable, tout le monde se précipite à l’attaque.

Lebrac est le chef des Longeverne, l’Aztec des Gués celui des Velrans. Lebrac a un nom suffisamment parlant . Et on nous dit que l’Aztec doit son surnom à sa petite taille et à son apparence chétive, mais on sait que dans la littérature mythique irlandaise, le gué tient une place importante et qu’il est intimement lié aux héros. Cuchulainn notamment lors de la malédiction des Ulates à laquelle il est le seul à échapper, se positionne sur Ath Gabla (le Gué de la Fourche) de manière à repousser les troupes de la reine Medb (Razzia des Vaches de Cooley) …

Les Gaulois n’utilisaient pour désigner les personnes que des sortes de surnoms qui leur étaient attribués par la collectivité à la suite d’événements divers. C’est dire que ces désignations pouvaient changer au cours de la vie et qu’elles n’étaient pas héréditaires. Pour désigner des personnages influents, on avait ainsi tendance à utiliser des superlatifs flatteurs. L’exemple le plus significatif peut être et en tous cas le plus connu est celui de Vercingetorix :le roi des super-guerriers (Orgetorix « le roi des tueurs »,). On est ici gâté avec la profusion de surnoms et superlatifs : Migue la Lune, La Crique, Touegueule…

DSCF1430

Dès la première bataille, un prisonnier est fait par les Longevernes auquel on coupe tous les boutons de tous ses vêtements et la troupe rentre au bercail en chantant et brandissant les trophées. Pour les batailles suivantes, l’ennemi s’alignera sur cette mesure de rétorsion et les uns et les autres en arriveront à piquer carrément les vêtements des prisonniers.

A part la main droite que César fit couper à tous les rescapés gaulois d’Uxellodunum, dans l’Antiquité Celte, c’était plutôt la tête de celui qu’on venait de tuer qu’on coupait , et qu’on attachait à l’encolure du cheval : ce trophée était l’unique part de l’ennemi tué qui revenait à son vainqueur puisque ses armes et les restes de la dépouille étaient ramenés triomphalement et entreposés dans le sanctuaire en offrande aux dieux, mais le nombre qu’il en pouvait aligner témoignait de sa bravoure et lui donnait droit à une part du butin.

A l’issue du combat donc, les vainqueurs entamaient un chant de victoire, s’emparaient de tout ce qu’ils pouvaient sur le champ de bataille, dépouillaient les cadavres et prélevaient les têtes qu’ils ramenaient chez eux afin de les conserver.

DSCF1472

La bataille a lieu dans les bois et les belligérants se reconnaissent par des cris d’oiseaux, le tirouit de la perdrix grise…

La Gaule était réputée pour être recouverte de forêts (la Gaule chevelue), même si la surface qu’elles occupaient était sensiblement la même qu’aujourd’hui. Si les Gaulois s’y sentaient parfaitement à l’aise, les romains en revanche redoutaient la forêt. Il y a un texte où Lucain montre bien la terreur qu’elle pouvait leur inspirer (« … les rayons du soleil ne peuvent percer les épais feuillages et une obscurité glaciale règne en permanence dans cette forêt où, dit-on, chaque arbre a été arrosé par des flots de sang humain… »). On connait aussi le Kad Goddeu, ou Combat des Arbres, de Taliésin.

De même les oiseaux avaient une grande importance pour les Gaulois, ils étaient souvent divinisés. L’alouette (alauda) : avait donné son nom à une légion gauloise formée par César. Les chouans avait comme signe de ralliement le hululement de la chouette.

Ils décident de se battre nus mais vont rapidement y voir plus d’inconvénients que d’avantages. Décideront donc de garder leurs vêtements pour les affrontements mais décident aussi de constituer un trésor de guerre pour réparer les dommages (boutons, agrafes, bretelles, argent…)

On ne sait pas trop ce qu’il en est de cette histoire du combat nu : légende ou réalité ?… C’est peut être arrivé mais ça devait être tributaire de l’époque, des circonstances, etc… S’ils combattaient nus, c’était pour narguer les adversaires mais cette attitude devait surtout relever d’une raison religieuse : les guerriers offraient ainsi leur vie à leur tribu et aux dieux qui étaient censés les regarder combattre.Pourtant, ce n’est quand même pas très pratique et ça peut être douloureux (difficile de combattre efficacement avec une épine dans le pied) : ils portaient un casque, se protégeaient d’un bouclier, et dès le IIIe siècle avant notre ère ils avaient inventé la cote de maille. Avec naturellement de grandes disparités entre d’une part les princes, nobles et guerriers fortunés, et d’autre part les troupes à pied.

Comme pour toute armée en mouvement les gaulois établissaient de la même manière des bivouacs où il s’agissait de préparer la nourriture, réparer le matériel endommagé, panser d’éventuelles blessures.

Ils suivent une stratégie militaire et tendent des pièges subtils

On est habitué à entendre dire que les Gaulois étaient tout sauf disciplinés. On s’imaginerait donc, dans les batailles, une meute de brutes se précipitant vers l’ennemi, sans méthode et tout le monde en train de se taper dessus dans une mêlée indescriptible. Et pourtant les troupes gauloises ont une connaissance parfaite de manœuvres difficiles, telles que le combat de cavalerie, la phalange, et la tortue et César laisse deviner une image des Gaulois qui utilisent des tactiques militaires classiques. et se plient à une authentique stratégie, parfois calculée à long terme.

gaulois x

Le trésor de guerre est constitué et sera entreposé dans une cabane construite au fond des bois, avec une « fougue joyeuse » et un « frénétique enthousiasme » surpassant ceux des Celtes, jadis « narguant le tonnerre à coups de flèches ». C’est Marie, la « femme » du chef, qui présidera aux réparations et aux pansements. Mais en attendant, tout le monde décide d’inaugurer la cabane par un festin somptueux.

On se retrouve là dans une « situation » de bivouac où les femmes attendent les guerriers à l’issue des combats (quand elles ne participent pas elles mêmes à ces combats). Mais il y a aussi le festin qui est également caractéristique du retour des batailles et il semble que la seule distraction que les textes accordent au peuple est « l’assemblée », de quelque nature que ce soit . Au plaisir matériel de la bonne chair et du repas proprement dit, s’ajoute le plaisir intellectuel du verbe où bavardages et vantardises sont la règle. Et où, l’alcool aidant, les susceptibilités sont toujours promptes à s’ exacerber.

Mais un jour, en rentrant à leur camp, ceux de Longeverne s’inquiètent de ce qu’ils sont survolés par une bande de corbeaux croassant et trouvent leur cabane dévastée et le trésor volé : Ils ont été trahis. Le renégat est rapidement démasqué, impitoyablement puni et un peu plus tard le trésor récupéré. Mais l’épopée est terminée, et le livre aussi

Le corbeau, oiseau d’Odin mais aussi oiseau de Lug. Oiseau du soleil et de la lumière en même temps que celui des ténèbres et des mystères. Symbole de connaissance. Il a toujours été plus ou moins considéré comme un augure. Il est dit qu’il était une fois (et par cette formule, on voit bien qu’on rentre de plain pied dans le mythe), sous le règne du grand roi Ambigatos… La Gaule était devenue si riche et si peuplée qu’il était devenu bien difficile de gouverner la masse de ses habitants. Ambigatos décida donc de faire partir ses neveux, en quête de nouveaux territoires (on dit aussi qu’ils étaient remuants et ambitieux et qu’il était donc plus prudent de les éloigner avant la mort du Roi). Acceptant de se soumettre au sort, ceux ci se rendirent chez un oracle, vivant à l’embouchure de la Loire, dont les deux corbeaux sacrés, par leur vol, leur assignèrent chacun une direction à prendre. Ségovèse partit vers l’est et la forêt hercynienne formant l’avant garde de ceux qui allaient en Asie Mineure fonder l’empire des Galates et Bellovèse vers l’Italie pour fonder la Gaule Cisalpine.

Les Gaulois n’étaient pas plus tendre que les autres peuples avec les déserteurs les traitres et les parjures et les moins coupables « n’étaient que » éborgnés ou essorillés…

Un dernier mot sur le titre que j’ai choisi : cet « à cul les Velrans« , le cri de guerre de ceux de Longeverne, correspond bien à cette exclamation gauloise « Cecos ac Caesar » : Merde à César !…. et donc par une analogie qui me tient, aujourd’hui, tout particulièrement à cœur (désolé pour le Hors Sujet apparent) : « Mort aux Cons !!! »

—————————————————————————————————————–

vercingetorix

Après deux mois de siège,52 ans avant notre ère, Vercingetorix capitule à Alésia le 27 septembre. Les Gaulois sont vaincus et la Gaule est intégrée à l’ empire romain.

Selon Pierre Lance (« Alésia, un choc de civilisations »), « la défaite d’Alésia est une allégorie qui restitue l’image de toutes les défaites gauloises, tant militaires qu’idéologiques, jusqu’à 1940 inclusivement, mais qui, plus encore, symbolise toutes les défaites du Celte de toujours devant une « civilisation de l’artifice » et une « religion du système » qui, depuis plus de vingt siècles, trahissent toute espèce de nature et de réalité.

C’est la défaite de l’individualiste devant le collectivisme, du régionaliste devant le centralisme, du panthéiste devant le monothéisme, du spiritualiste devant le matérialisme, de l’Occidental devant l’orientalisme, du villageois devant la mégapole, du citoyen devant la bureaucratie, du créateur devant le technocrate, de l’artisan devant le robotisme, de la maison individuelle devant le grand ensemble … Que sais-je encore ! Bref, c’est la défaite de l’homme libre devant toutes les formes de tyrannie : politique, économique, spirituelle. En un mot c’est la défaite de l’Esprit.

C’est dire que cette défaite est celle de tous les hommes. Et c’est pourquoi elle exige la revanche sans laquelle on pourrait désespérer de l’avenir de l’humanité. (…)

Aujourd’hui, nous voyons s’élaborer de grands blocs humains dont certains dirigeants rêvent manifestement d’imposer leur loi à toute la planète, soit au nom d’idéologies ou de religions totalitaires, soit pour le seul goût du pouvoir, ou bien encore mus par un mélange de tout cela. Les hommes libres doivent donc, plus que jamais, se préparer à défendre, envers et contre tous, le droit sacré des individus et des peuples à disposer d’eux-mêmes, et, dans toute l’Histoire, aucun peuple ne sut mieux en affirmer les principes et en jeter les bases que nos ancêtres les Gaulois. »

—————————————————————————————-

Le corbeau des batailles

Keltos, t.1 (Jean-Pierre Pécau. Igor Kordey. Len O’Grady. Ed. Delcourt)

Keltos tome 1

En 279 avant notre ère, 50 000 Celtes traversent la Grèce, écrasent une armée grecque aux Thermopyles et mettent le siège devant Delphes, la ville sacrée. D’où venaient-ils ? Qui les commandaient ? Pour quelle raison avaient-ils choisi d’entamer cette expédition contre les descendants d’Alexandre le Grand ?

L’histoire : Aux abords de la mer méditerranée, près de Massalia, en 280 avant J.C., un mystérieux guerrier se dirige vers le couchant. Faisant route pour Ker Ys, capitale des Abrincates, le prince Ursus vient avertir le roi Mordred, son frère, que des envahisseurs, les cimbres, se dirigent vers la ville. Mais il se heurte à l’incrédulité de son souverain. Mordred accepte cependant de consulter les oracles en procédant à un sacrifice. Ursus se rend au sanctuaire et découvre avec stupeur que c’est son porte lance, Yber, qui a été désigné comme victime du sacrifice. Après lui avoir tranché la gorge, l’oracle observe le sang d’Yber et prédit que le danger ne viendra pas du couchant mais du levant ! Le soir venu, Ursus trouve un peu de réconfort auprès de Morgan, sa sœur, qui lui confie avoir eu des visions dans lesquelles elle voyait son frère fuir vers le levant afin de fonder un nouveau royaume, mais d’échouer avant d’y réussir. Le lendemain, le mystérieux guerrier arrive à la capitale, en ayant au préalable tué le champion de la forêt. Dès son arrivée, des craintes se font sentir car il vient du côté du levant…

——————————————————————————————————————-

pour me contacter

juillet 2019
L M M J V S D
« Fév    
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  

a

Des racines et des elfes

Tigialon uscas

Blog Stats

  • 1 278 479 hits
Publicités