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Georges Dumézil est mort le 11 octobre 1986 à Paris.

Le concept des fonctions tripartites indo-européennes fut développé par Georges Dumézil par le biais de la mythologie comparée. Ses travaux montrent que les schémas mentaux de tous les peuples indo-Européens, qu’ils soient Grecs, Arméniens, Celtes, Indo-iraniens, Baltes, Germains, Slaves ou Latins, présentent un trait commun : l’organisation de la société selon trois fonctions primordiales. On retrouve cette structure essentiellement dans les mythes, mais également dans les structures narratives, et dans l’organisation sociale.

La première fonction, dite fonction sacerdotale, est liée au sacré.
Aussi nommée fonction souveraine, on la retrouve avec les druides celtes, la caste des brahmanes indiens, ou encore les flamines romains. Cette fonction correspond aux divinités liées à la magie d’une part, à la justice et au contrat d’autre part. Son symbole parmi les vivants est une tête d’homme, parmi les objets une coupe. Sa couleur est le blanc. Mal exercée, cette fonction tombe dans la folie.
Dans l’Inde védique : Mitra, Varuna.
Dans le Mahabaratha : le héros Yudhishthira
Dans la mythologie nordique : Odin et Týr
Dans la mythologie romaine : un des trois dieux de la triade précapitoline, Jupiter
Dans le culte des saints : le Sacré-Cœur

 La deuxième fonction, dite fonction guerrière, est liée à défense du peuple.
On peut la considérer comme regroupant ce que l’on appellerait la noblesse d’épée, représentée, par exemple, par les chevaliers médiévaux, les guerriers, les soldats. On retrouve cette fonction dans la seconde caste en Inde : les kshatriyas (aussi – râjanya). C’est au sein de cette fonction que l’on retrouve aussi le principe du Chef, du roi, du râja. D’ailleurs, découlant de cela, dans la Rome antique, pour être empereur, il faut avoir été sénateur, et pour cela être citoyen romain — ce qui ne signifie pas forcément être habitant de Rome, mais surtout jouir du statut d’homme libre de l’Empire romain, donc avoir le droit de vote. Pour être citoyen, il faut avoir été soldat, donc guerrier. Cette fonction correspond aux divinités liées à la force physique (Ares) d’une part, au commandement, à la victoire et à la sagesse d’autre part (Athena). Son symbole parmi les vivants est une tête de cheval, parmi les objets une arme. Sa couleur est le rouge. Mal exercée, cette fonction tombe dans la violence et la lâcheté.
Dans l’Inde védique : Indra
Dans le Mahabaratha : les héros Arjuna et Bhima
Dans la mythologie nordique : Thor
Dans la mythologie romaine, un des trois dieux de la triade précapitoline, Mars
Dans le culte des saints : Saint Michel Archange, Saint Georges

 La troisième fonction, dite fonction productrice, est liée à la fécondité.
Elle regroupe les agriculteurs, éleveurs, artisans, et les commerçants. Elle correspond à la troisième caste de l’Inde : les vaisya (aussi – ârya), et aux divinités liées à la paix, à la beauté physique, aux récoltes, aux troupeaux, à la prospérité, à la richesse et au grand nombre, à l’amour et la sensualité. Son symbole parmi les vivants est une tête de taureau, parmi les objets un outil agricole. Ses couleurs sont le noir, le bleu foncé et le vert. Mal exercée, cette fonction tombe dans la stérilité.
Dans l’Inde védique : les deux Ashvins
Dans le Mahabaratha : les héros Nakula et Sahadeva
Dans la mythologie nordique : Freyr, Freyja, Njord et les dieux Vanes
Dans la mythologie romaine, un des trois dieux de la triade précapitoline, Quirinus
Dans le culte des saints : Saint Fiacre, Saint Roch

(source : Wikipédia)

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Les Matrialia sont des fêtes consacrées à Mater Matuta, la divinité du matin et de l’Aurore le 11 juin à Rome. À l’aurore, les matrones, citoyennes romaines, font entrer une esclave dans l’enceinte du temple, elles la fouettent avec des verges puis la chassent. Lors de la cérémonie, ce sont leurs neveux et leurs nièces qu’elles portent dans les bras et honorent, et non leurs propres enfants.

Interprétation: un rite cosmogonique

Georges Dumézil, spécialiste de la religion indo-européenne, a expliqué cette cérémonie en la mettant en parallèle avec la légende (issue d’un même héritage indo-européen) d’Usas et Usasah des Indiens védiques dans le Rig Veda. Usas et sa sœur Usasah sont les déesses de l’Aurore. Usas chasse les ténèbres après les avoir d’abord attiré : ce qui explique le rite de l’accueil puis d’éviction de l’esclave (représentant les ténèbres) par les matrones. Dumézil propose également une autre interprétation de type cosmogonique : l’aurore, le « bon matin », est bénéfique car elle chasse les ténèbres mais maléfique si elle s’éternise, il faut qu’elle disparaisse, il faut la chasser pour qu’elle fasse place au jour. Le rituel d’éviction est identique à celui de décembre où, symboliquement, on aide le soleil à se relever. Dumézil met en parallèle les Matrialia féminines du 11 juin avec les Agonalia solaires et masculines du 11 décembre, et celles du printemps où l’on chasse l’hiver.

Les dames romaines portent leurs neveux (ou nièces) dans leurs bras, comme l’Aurore porte le soleil. « De la même façon, chez les Indiens védiques, l’Aurore prend bien soin du soleil, fils de sa propre sœur, la Nuit ». « Mater Matuta a été une déesse Aurore, moins poétique mais aussi personnelle que l’Aurore des Indiens védiques. »

Il est probable, souligne encore Dumézil, qu’à l’époque classique, le sens profond du rite ait été oublié – d’où son rattachement mythologique et tardif avec la déesse grecque Ino, aussi appelée Leucothée, la « blanche déesse ».

(Wikipédia)

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« Comme on ne peut guère imaginer qu’un héritage linguistique, lexical, formel … puisse se transmettre sans aucun contenu conceptuel, on est fondé à penser que les Celtes comme les autres ont tous gardé dans leur culture un certain nombre de traits hérités mais qu’ils ont fait évoluer selon leurs propres modes, de la même fraçon que la langue proto-indo-européenne a évolué en mode propre dans chaque grande famille linguistico-culturelle.

De fait, la comparaison indo-européenne a révélé de manière indubitable un important fonds idéologique commun et de nombreuses convergences issues soit de l’héritage conceptuel, soit de mises en oeuvre parallèles de certains éléments de l’héritage.

L’un des traits idéologiques des plus fondamentaux -même si en aucune façon on ne peut le tenir pour omniprésent ni pour le clef ultime de toute exégèse- est la tripartition fonctionnelle décelée par le comparatiste français Georges Dumézil.

Cette découverte est issue de la mythologie comparée. Georges Dumézil s’est en effet aperçu que tous les panthéons indo-européens étaaient centrés sur un état-major de cinq dieux cités selon un ordre canonique de fonctions : un dieu céleste maître de la magie et gardien du bon ordre cosmique; un protecteur bienveillant des bons rapports entre tous les êtres; un dieu guerrier; deux jumeaux patronnant les arts, les techniques et la subsistance physique. Dans l’Inde védique ce sont Varuna, Mitra, Indra, Dasra et Nasatya; en Scandinavie, Odin, Tyr, Thor, Frey et Njördh, en Irlande, Oghma Griaineineach, Eochain Ollathair, Nuadha Airgeadlàmh, Dianchéacht et Goibhne; etc.

(…) La répartition entre cinq dieux de ces trois fonctions [souveraineté, guerre, subsistance physique] correspond à un symbolisme numéral de totalité en distinguant d’une part les deux aspects coercitif et bienveillant de la souveraineté et, d’autre part, la multiplicité des besoins physiques et des actrivités nécessaires pour les satisfaire ».

Claude Sterckx, Mythologie du monde Celte.

(illustration, Ogma par Giacinto Gaudenzi)

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Même si elle peut faire grincer des dents, c’est une thèse intéressante que celle de Pierre Lance (« Alésia. Un choc de civilisations ») sur les causes de la défaite gauloise devant les armées romaines. C’est tout simplement parce que, selon lui, la société gauloise était décadente : elle « n’était déjà plus tout à fait le type de société qui convenait à l’éthique des Celtes et à leur psychologie profonde (…) il manquait donc à ces hommes, lors de la conquête romaine, la foi et l’enthousiasme qu’il faut pour défendre la communauté avec toute la vaillance nécessaire ».

Pierre Lance voit dans l’organisation tripartite de la société (et dans l’assimilation de la « fonction » à la « classe ») l’une des raisons à cette décadence. Au contraire de certains continuateurs de Georges Dumézil qui en font une sorte de « plan  selon lequel s’édifieraient toutes les sociétés indo-européennes », il remarque que les deux classes de druides et de chevaliers n’existaient pas à l’apogée de la civilisation de la Tène et que ce tripartisme est « l’ultime aboutissement d’une dégradation de la propriété foncière individuelle et tribale ».

« Au reste, ajoute-t-il, le terme « fonction » lui même doit être ramené à une nécessité vitale. Or, aucune société saine n’a besoin de prêtres mais elle a besoin de chercheurs, de médecins, de philosophes. Là est vraiment la première fonction. Mais que le médecin ou le philosophe devienne un sorcier puis un prêtre, et nous avons là un processus de décadence de la fonction parfaitement évident.

De même, une société qui ne nourrit pas d’intentions prédatrices n’a nul besoin de guerriers spécialisés. Dans une société forte, tous les les hommes sont libres, responsables et prêts à prendre les armes pour la défense de la communauté si celle-ci est menacée. Mais dès lors que la guerre devient une affaire de spécialistes n’ayant aucune autre raison de vivre que le combat, il y a tout lieu de craindre que le peuple soit un jour réduit en esclavage, car la caste guerrière, logiquement constituée de casse-cous et de têtes brûlées, ne résistera sans doute pas longtemps à la tentation d’abuser de la force dont elle dispose sans partage. Ce dont en réalité une nation a besoin, c’est seulement d’une certaine proportion de citoyens expérimentés dans le maniement des armes et aptes à former et à encadrer le peuple en cas de nécessité. Là est véritablement la deuxième fonction, dont le pouvoir politique doit veiller à ce qu’en aucun cas elle n’outrepasse son rôle. Et pour en avoir la garantie, il est indispensable qu’une partie au moins du peuple puisse être rapidement appelée sous les drapeaux.

Mais toute société a, par contre, un impérieux besoin d’agriculteurs et d’artisans (aujourd’hui de techniciens, d’entrepreneurs et d’ouvriers) et ce sont là les deux autres fonctions (confondues en une seule) que devaient symboliser les mythes originels. Sur ce point, la mythologie celtique est particulièrement instructive, puisque tous ses principaux dieux sont agriculteurs, artisans, artistes, médecins, poètes mais qu’aucun d’eux ne représente une fonction religieuse ou militaire spécifique. Le Teutatès gaulois, que César essaie d’assimiler au Mars romain, symbolise en fait la patrie, qui combat toute entière lorsqu’elle est en danger, et si Lug devient chef de guerre, c’est seulement parce qu’il est le dieu « polytechnicien » qui réunit le savoir-faire de tous les métiers.

(…)

[interprétation des objets symboliques et sacrés des légendes celtes] Au premier stade de civilisation, les trois fonctions sont tout simplement celles qui satisfont aux besoins essentiels des hommes, soit la chasse (lance, flèche ou épée), le défrichement de la forêt (la hache) et l’agriculture (charrue, pierre ou tailloir), immédiatement suivie de la cuisine (coupe ou chaudron). Dans un second stade de civilisation (dont nous avons déjà constaté l’évolution dans le passage du Dagda irlandais au Lug gaulois), le chasseur ou le défricheur devient l’artisan, puis l’artiste. Enfin le cuisinier (qui prépare aussi les herbes et les potions) devient le médecin, puis le chimiste, le chercheur scientifique, au bout du compte le philosophe. Nulle place dans tout ceci pour le prêtre ou le guerrier, éléments parasitaires des sociétés décadentes ».

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dumezil

Georges Dumézil, né à Paris le 4 mars 1898, mort à Paris le 11 octobre 1986, est un comparatiste, philologue et académicien, agrégé d’histoire. Son travail sur les sociétés et les religions indo-européennes a ouvert de nouvelles perspectives .

Par l’étude comparative exacte et directe des textes les plus anciens des mythologies et des religions des anciens peuples indo-européens (il maniait une trentaine de langues), il a démontré que beaucoup de ces récits étaient organisés selon des structures narratives semblables et que ces mythes traduisaient une conception de la société organisée selon trois fonctions : la fonction du sacré et de la souveraineté ; la fonction guerrière ; la fonction de production et de reproduction . Cette organisation en trois fonctions se retrouve aussi bien dans la mythologie, dans les récits fondateurs de la Rome antique, que dans des institutions sociales : castes indiennes, division de la société d’Ancien Régime en clergé, noblesse et tiers état.

Dumézil s’est aussi intéressé aux langues et récits traditionnels des peuples d’Asie Centrale.

Dès sa thèse, il trouve son domaine de recherches : la mythologie comparée. Au départ, poussé dans cette direction par Antoine Meillet, qui veut le voir reprendre l’étude de la religion indo-européenne là où elle a été abandonnée depuis plusieurs décennies, il est abandonné de ses pairs philologues qui lui reprochent, pour les uns, d’inclure trop de mythologie dans des études littéraires et, pour les autres, de plier les faits à sa théorie.

Sa découverte de la culture ossète (dernière branche survivante des Alains, descendants eux-mêmes des Scythes), lui fait reprendre cette voie de recherche. En effet, ceux-ci se projettent dans le peuple mythique des Nartes. Ce monde mythique des Nartes est très proche des mondes mythiques indo-européens (les monstres et les dragons y sont similaires). De plus, ce peuple des Nartes se divise explicitement en trois familles :

ceux qui sont forts par l’intelligence (zund), les Alægatæ ;

ceux qui sont forts par le courage et la vaillance au combat, les Æxsærtægkatæ ;

ceux qui sont riches de leur bétail : les Boratæ.

Il publie en 1930 un article, La Préhistoire indo-iranienne des castes, où il rapproche la division en trois catégories de la société en Inde de celle retrouvée en Iran ancien. On peut d’ailleurs remarquer que l’Iran actuel est le seul pays musulman doté d’un clergé.

En 1938, le rapprochement raisonné entre brahmanes indiens et flamines romains lui permet d’analyser la fonction du souverain dans les sociétés indo-européennes. Il joint les rapprochements déjà faits entre sociétés indiennes et iraniennes anciennes de l’observation faite sur les flamines, collège de prêtres romains. Les flamines majeurs assuraient le culte des trois dieux Jupiter, Mars et Quirinus, dont les caractères correspondent aux trois fonctions de commandement et de sacré, de force guerrière et de fécondité. La fonction souveraineté se décompose, elle, en deux versants selon ses termes :

l’une est formelle, d’origine sacerdotale, s’exprime également dans une dimension juridique et est enracinée dans ce monde ;

l’autre aspect de la souveraineté est fondée sur la puissance, et enracinée dans l’autre monde.

En poussant ses raisonnements, il découvre la clef d’or qui le conduit à exposer, dans son livre le plus aisé d’accès, Jupiter, Mars, Quirinus (1941), la théorie des trois fonctions (souveraineté et religion, guerre, production), tripartition qui se retrouve dans le vocabulaire, l’organisation sociale et le corpus légendaire de tous les peuples indo-européens : on a la société médiévale, par exemple, divisée en oratores (ceux qui prient, le clergé), bellatores (ceux qui combattent, la noblesse) et laboratores (ceux qui travaillent, le tiers état), ou la société indienne, divisée en Brahmanes (prêtres, enseignants et professeurs), Kshatriyas (roi, princes, administrateurs et soldats), plus la caste productive, se subdivisant en Vaisyas (artisans, commerçants, hommes d’affaires, agriculteurs et bergers) et Sudras (serviteurs). Dans cette société, les prolongements sont plus importants encore : dans le grand poème épique indien Mahabharata, chaque héros agit selon le schéma trifonctionnel, en fonction du caractère et de la place du dieu dont il est le représentant.

Dumézil montre ensuite que l’histoire officielle des origines de Rome est une mise en scène de cette même idéologie structurante. Par conséquent, il serait vain de chercher à démêler légende et histoire à propos de Romulus et de ses successeurs.

Ses méthodes de travail ont considérablement influencé l’ensemble d’une discipline, l’étude des religions antiques : il a changé la manière de les étudier, en créant l’étude comparée des mythologies, également en montrant que les divinités n’existaient pas pour elles-mêmes, et qu’il fallait faire porter les études sur les paires ou les groupes de dieux (tels qu’ils étaient célébrés dans les récits mythiques). Toutes ses analyses portent sur la structure des mythes et des récits, et ne rapprochent jamais des faits isolés.

(source : Wikipédia)

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