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vitruvian_450

« Chaque fois que l’on me parle des « droits de l’homme », je songe à cet ouvrage posthume de Helvetius, « De l’homme », paru en 1784, qu’à l’époque où j’étais étudiant en lettres classiques à la Sorbonne j’avais déniché dans la librairie du charmant vieux M.Vrin, et où il est à chaque page question d’un homme universel et abstrait auquel on ne croit pas un instant.

Les hommes ? J’ignore ce dont il s’agit. Je connais des intelligents et des imbéciles, des courtois et des goujats, des beaux et des laids, des bien-portants et des malades, des généreux et des ladres, des âmes nobles et des âmes basses, des courageux et des lâches, des doux et des brutes, des créateurs et des parasites, mais des hommes, non, je n’en connais pas.

Je n’ai pas foi en cette divinité aveugle au nom de laquelle il faudrait accorder aux salauds les mêmes droits qu’aux êtres qu’éclaire la bonté ».

Gabriel Matzneff. Le taureau de Phalaris. La Petite Vermillon.

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Après avoir vu les dangers de l’hyper-individualisme et l’importance de l’ individuité dans les sociétés païennes, grecque surtout, voyons maintenant l’individualisme à la gauloise qui vient complètement conforter tout ce que je pense de l’indispensable connaissance de la langue et de son emploi juste et correct : la fameuse idéologie indo-européenne du « uek os tek », de la parole charpentée, élaborée, construite , contrairement à tous ces connards qui font dire n’importe quoi aux mots du moment que ça va dans le sens de leur poil …

ogmios_apianus

« Dès avant Rome, mais avec Rome surtout, le monde s’est orienté vers l’étatisme, et l’étatisme tend de toutes ses forces à rendre le discours inutile, même s’il doit plus ou moins s’en servir en attendant de parvenir à ses fins. L’État idéal est celui où chaque citoyen est devenu un rouage bien huilé de la machine collective, nul n’a plus besoin de convaincre ni d’être convaincu. Dans la civilisation sur-étatisante qu’on s’applique à instaurer, il est hors de doute que la parole est un élément perturbateur, un facteur d’instabilité, un handicap enfin pour celui qui s’entête à ne rien faire sans elle (…) Or, un comportement ne peut se juger qu’en fonction du but poursuivi. Si le but est l’État, le Gaulois, c’est certain, ne vaut pas tripette. Mais si le but est l’Homme, ce sont tous les autres, il me semble, qui ont perdu le nord.

Qu’on le veuille ou non, un peu plus tôt, un peu plus tard, il faut toujours choisir entre l’État et l’Homme. Le drame des Celtes, mais aussi leur insigne honneur, c’est d’avoir, voici trente siècles, délibérément choisi l’Homme dans un monde qui s’apprêtait à choisir l’État. L’avenir contraindra peut être le monde à reconsidérer cette option.

Lorsqu’une communauté humaine fait un tel choix, qui consiste à faire passer l’homme avant la société -c’est à dire l’essentiel avant l’accessoire, le contenu social avant l’enveloppe, la promesse d’avenir avant la facilité immédiate- il ne peut pas ne pas mettre le verbe au dessus de tout. Car dès lors que chacun entend cultiver son individualité, son originalité, sa vocation propre, aucune construction collective n’est possible sans un constant effort de compréhension mutuelle, nécessitant les meilleurs instruments de communication et leur plus fréquente et plus subtile utilisation.

foulePlus nous nous différencions et plus nous avons besoin de nous re-connaître et de ré-accorder sans cesse nos motivations pour œuvrer de concert. La différenciation ne conduit à la séparation que si le langage est insuffisant ou mal utilisé. Ainsi la propension du Celte au discours, si elle témoigne de son désir d’originalité, et par conséquent d’expression de cette originalité, témoigne tout aussi fortement de son désir de solidarité. L’usage et la qualité du verbe sont l’antidote naturel à ce qu’il peut y avoir d’asocial dans l’individualisme.

Ainsi dira l’individualiste social : plus je me réalise moi même et plus je m’éloigne d’autrui. Mais en exprimant toujours mieux ce que je deviens, outre que je consolide mon être propre en donnant forme à ses prolongements, je fournis à autrui nourriture et chaleur pour son propre foyer; je lui done l’occasion de mieux s’aimer lui même là où il diffère de moi, en même temps que celle de m’aimer et de me soutenir là où nos vues se révèlent communes. Quand il n’existerait qu’un point sur mille où nous pourrions vibrer en accord, sur ce point là, nous ferons des prodiges et ils suffiront pour la « société ».

De l’individualisme à l’amour du verbe, nous voyons donc le chemin gaulois tout tracé. De ce personnalisme actif, sans cesse conforté par sa propre expression verbale, nous voyons découler une extraordinaire confiance en soi (souvent téméraire, parfois chimérique), une formidable curiosité de l’avenir (étrangement accompagnée de la certitude d’obtenir ses faveurs), une continuelle volonté de chercher ses limites (avec le ferme espoir de ne pas les trouver), enfin le refus d’admettre toute espèce de mort, celle ci considérée comme un insupportable défi à la volonté de s’élever sans cesse par delà toutes les bornes ».

Pierre Lance : « Alésia, un choc de civilisations ».

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Une théorie dissimulée par le monde scientifique et les grands médias (vous avez dit terrorisme intellectuel  ?) qui va à l’encontre de ce que certains (pour des raisons idéologiques et d’égo) voudraient bien voir accepter une bonne fois pour toutes comme paroles d’évangile (science politiquement correcte) … Reconquista !!!
Atapuerca et les origines de l’homme
Révélés par la revue scientifique Nature (n°452 du 27 mars 2008), les découvertes archéologiques qui viennent d’être faites à Atapuerca (Espagne) remettent en question toutes les hypothèses antérieures sur l’origine africaine de l’humanité. Explications de Bernard Lugan (université de Lyon III).
Selon l’hypothèse dominante, l’hominisation se serait faite en Afrique et l’ensemble de la planète aurait été peuplé à partir du continent africain. Une première fois vers 2 millions d’années, avec Homo erectus, et une seconde il y a 120 000 ans avec l’Homme moderne (Théorie de l’Eve africaine). Or ces deux postulats viennent d’être fondamentalement affaiblis.
En ce qui concerne la première période, il y a deux millions d’années, deux séries de découvertes majeures faites, les unes en Géorgie (1991-2007) et les autres en Espagne (1994-2008), conduisent à une profonde remise en question des théories conventionnelles :
1. A Dmanisi, dans le Caucase, où les trouvailles se succèdent, les chercheurs ont mis au jour Homo georgicus, daté de 1,8 million d’années et qui présenterait des traits à la fois habilis et erectus (Lieberman, 2007) [photo ci-contre]. Comme il est postulé que c’est Homo erectus et non Homo habilis qui serait « sorti » d’Afrique, de deux choses l’une :
– soit l’Homo habilis l’a précédé dans la migration, ce qui n’est pas attesté, avant de se « métisser » avec lui, ce qui ne l’est pas davantage.
– soit l’Homo georgicus n’a pas d’ancêtres « africains », ce qui signifierait alors qu’il serait le résultat d’une hominisation indépendante de l’hominisation africaine.
2. A Atapuerca, en Espagne [photo ci-contre], avec la mise au jour des restes d’un hominidé fossile daté de 1,1 à 1,2 millions d’années (Homo antecessor), c’est tout ce que l’on croyait savoir concernant la première occupation humaine de l’Europe occidentale qui se trouve bouleversé. D’autant plus que, selon le professeur Eudald Carbonell, auteur de la découverte, avec Homo antecessor, nous serions même en présence d’une nouvelle espèce d’hominidés (Carbonell, 2008). Comme il est postulé que l’hominisation ne se serait faite qu’en Afrique, force serait alors de réviser ce quasi dogme archéologique.
Le postulat diffusionniste se trouve donc affaibli. Cependant, la prégnance du paradigme « scientifique correct » des origines africaines de l’homme est telle que les chercheurs abandonnent les impératifs de la méthode expérimentale pour tenter de faire « coller » leurs découvertes à la théorie dominante. Ainsi, la seule quasi concordance des dates (sortie d’Afrique il y a 1,8 millions d’année), devrait les conduire à s’interroger sur la validité de l’hypothèse « Out of Africa », ce qu’ils refusent de faire. Le professeur José Bermudez de Castro, co-découvreur d’Homo antecessor, en est ainsi réduit, faute de pouvoir donner une ancienneté plus grande à Homo erectus, à avancer l’idée de la rapidité de son expansion, ce qui n’est qu’une hypothèse de substitution.

La machoire de l’Homo antecessor

Pour ce qui est de la seconde période, celle qui voit l’apparition des actuelles populations humaines à partir de -200 000, le bouleversement scientifique est également fondamental. Les découvertes d’Atapuerca, en Espagne, sont en effet en rupture totale avec les hypothèses antérieures puisque, selon Carbonell (2008), Homo antecessor serait le dernier ancêtre commun aux néandertaliens ET (nous soulignons) à l’Homo moderne européen (Carbonell, 2008). Si cette hypothèse prospérait, la conclusion serait que l’Homo moderne européen procéderait donc d’une évolution faite in situ, en Europe, et à partir d’Homo antecessor. Il n’aurait donc aucune parenté avec l’Homo moderne africain.

Dans l’état actuel de connaissances mouvantes, la plus grande prudence s’impose, mais deux conclusions provisoires peuvent tout de même être tirées :
– l’évolution humaine ne fut pas linéaire mais buissonnante ;
– plus les découvertes s’additionnent et plus l’hypothèse multicentrique semble prendre de la vigueur.
Bernard Lugan.
source : Nouvelle Revue d’ Histoire

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