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Si le paganisme doit renaître un jour dans notre pays, ce ne sera pas à partir de reconstructions érudites, de rêveries d’esthètes ou de mystiques; ce sera au sein de communautés de combat. Ce sont souvent elles qui constituent la source des communautés naturelles au cours de l’histoire. Dans le monde indo-européen ancien, l’ethnie est volontiers désignée comme une armée : c’est le sens originel du latin « populus », à en juger par son dérivé « populari » « dévaster »; c’est celui de son nom germanique (Volk, ans Gewehr !); le seul rapprochement plausible qu’on cite pour le grec « laos » « peuple » est le nom hittite de l' »expédition guerrière » « lahha »; le vieux-perse « kara » désigne à la fois l’armée et le peuple. Nul besoin d’être prophète pour prédire la nature de l’affrontement; l’ennemi n’est pas à nos portes, il est dans nos murs. L’identité et la substance même des peuples d’Europe sont menacées à brève échéance par la convergence de leur dénatalité, de l’immigration de peuplement et de l’implantation massive de la religion musulmane. La position du paganisme s’en trouve changée du tout au tout. Au sein d’une chrétienté vivante, dont les peuples d’Europe constituaient initialement le corps, les païens n’étaient guère que les survivants d’un passé révolu, les anciens combattants d’une guerre perdue. Face à l’Islam conquérant, les adeptes des « religions du livre » peuvent espérer le statut « privilégié » de « dhimmi », citoyen de seconde zone, mais toléré. Ce douteux privilège est refusé aux païens. Nul doute qu’ils ne soient à la pointe du combat : ce sont eux qui ont le plus à perdre. Les païens seront le fer de lance de la résistance et de la reconquête ou ils ne seront pas. »

Jean Haudry

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Jean Haudry fonde, en 1981, l’Institut d’Etudes Indo-Européennes où se côtoient « linguistes, historiens des civilisations, du droit, des institutions et des religions, anthropologues, ethnologues, philosophes et préhistoriens. Cette entreprise exemplaire, unique dans le monde universitaire francophone, a été sabotée par des campagnes venimeuses déclenchées contre elle par des gens qui, par dogmatisme idéologique, refusent de reconnaître l’évidence, c’est à dire la place centrale tenue par le phénomène indo-européen dans l’histoire des civilisations. Avec l’hypocrite complicité des pleutres qui président aux destinées de nos Universités et qui tremblent au moindre froncement de sourcil des vrais maîtres du pouvoir, qui contrôlent des lobbies bien identifiables et identifiés. C’est bien connu, depuis longtemps : la République n’a pas besoin de savants.

Le sectarisme de ces zélotes s’est déchaîné lorsque, après avoir publié dans la collection Que Sais-Je « L’Indo-Européen », Jean Haudry, à la demande de l’éditeur, a écrit « Les Indo-Européens ». Après la première édition (1981), d’autres ont suivi jusqu’en 1992. Puis, alors même que l’ouvrage continuait à être très demandé, en particulier par des étudiants, l’éditeur a renoncé à toute réédition. Les nouveaux inquisiteurs étaient passés par là. Car Jean Haudry avait commis le crime suprême : mettre à la portée du plus grand nombre, d’une façon claire, précise, parfaitement documentée, une matière scientifique de haut niveau, réservée jusque là aux spécialistes. Scandale intolérable, qui ne fut donc pas toléré. Illustration de la caporalisation des esprits qui sévit dans les milieux intellectuels français, où tabous et oukases sont là pour formater les jeunes esprits comme l’entendent ceux qui se sont autoproclamés maîtres penseurs.

L’interdit imbécile -non avoué bien sur, car ces gens sont des chafouins et des pleutres- jeté sur le livre de Jean Haudry a eu pour résultat de le rendre à peu près introuvable, même sur le marché du livre d’occasion. C’est pourquoi les Éditions de la Forêt ont décidé de le rééditer. Ainsi, l’honnête homme qui, a bon droit, souhaitait depuis longtemps en prendre connaissance, pourra le faire. Faut-il davantage justifier cette réédition en insistant sur la richesse du contenu de cet ouvrage ? Le lecteur en fera le constat lui même, dès les premières pages.

Bien sur l’auteur a souhaité apporter des additions au texte de l’édition de 1992. Je tiens, en tant que gérant des Éditions de la Forêt, à remercier mon collègue et ami Jean Haudry de nous avoir fait l’honneur de nous confier l’édition d’un livre qui, je le sais, sera un guide indispensable pour les jeunes audacieux qui ont choisi de suivre le même chemin que nous. Chemin abrupt, mais qui est éclairé par l’étoile polaire ».

Pierre Vial

(Jean Haudry, Les Indo-Européens, Les Editions de la Forêt . 21€)

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Qu’apportons nous, aujourd’hui, à la Tradition? La Tradition, c’est ce qui se transmet à travers les générations: qu’on s’entende bien, je ne parle pas ici de la « Tradition Primordiale ». Il est donc inutile de se boucher les yeux, il ne reste pas grand chose de la tradition druidique. Car d’une part (j’enfonce une porte ouverte), les druides ne consignaient pas leur enseignement par écrit,d’autre part ce qui nous en a été transmis par la suite dans les écrits des moines gallois et irlandais est complètement gauchi par la christianisation des esprits. Certains s’obstinent à affirmer, en dehors de toute cohérence que les druides se sont convertis pour préserver les connaissances. Je crois au contraire que ceux qui se sont convertis l’ont fait , en premier lieu pour sauver leur vie, bafouant ainsi le précepte (pourquoi pas) druidique « plutôt la mort que le déshonneur », mais surtout parce qu’ils étaient réellement ralliés à la religion orientale et qu’ils n’ont pas été les derniers , dans l’enthousiasme propre aux renégats, à vouloir détruire les croyances païennes, brûlant ainsi aujourd’hui ce qu’ils avaient adoré hier. Fixer ainsi des récits qui couraient les campagnes, de bouche en oreille, en les mettant par écrit et leur donnant une bonne fois pour toutes une franche coloration monothéiste pouvait fort bien être leur manière de le faire. Bon, on peut arguer aussi de ce que les coutumes populaires, les contes et légendes, les fêtes ont gardé une bonne coloration païenne. Il est vrai que la plupart des fêtes chrétiennes sont les héritières des fêtes païennes que les curés ont été contraints d’assimiler sous peine de rejet complet de la part des paysans (pagi/païens). Mais jusqu’à quel point ? Comment pouvons nous les interpréter ? J’ai noté quelque part qu’il fallait examiner ces indices à la lumière de la trifonctionnalité dumézilienne .. ce qui est assurément facile à dire, mais beaucoup plus difficile à mettre en application. Comment faire la part des choses ? Les feux de la saint Jean pour prendre un exemple, sont d’essence et d’origine incontestablement païennes… mais qu’en est-il du chat que dans certaines régions ont lie au sommet du bûcher et qu’on fait allègrement cramer … ma répugnance devant la chose, ma sensibilité font que j’ai envie de voir dans cette coutume (barbare ?) une influence chrétienne (le chat, animal familier de déesses -Freyja- puis des sorcières, diabolisé par les monothéistes qui n’ont jamais hésité à brûler ou à pendre ceux qui leur faisaient de l’ombre) mais qu’est-ce qui me le prouve ? Idem de la chouette clouée sur la porte des granges : magie païenne ou magie chrétienne ? Certains avanceront, l’air entendu, la transmission clanique d’une connaissance antique mais comme le propre de cette tradition est de rester secrète, cela ne nous avance pas beaucoup. Pas plus que ne nous avancent les récits de voyages dans les Annales Akashiques où de doux illuminés (pas toujours très doux en fait) sont allés feuilleter la mémoire du monde pour, dans leur incommensurable bonté, nous en rapporter l’essentiel. Entendons nous, je ne nie pas la réalité d’ intuitions fulgurantes, pas plus que des archétypes et de l’inconscient collectif. Je sais et je crois que cet inconscient collectif est la couche psychique commune à tous les humains, faite de représentations similaires et qui se sont concrétisées aux cours des âges, dans les mythes. Il n’est pas le produit d’expériences individuelles mais il nous est inné au même titre que le cerveau différencié avec lequel nous venons au monde. Nous naissons en quelque sorte dans un édifice immémorial que nous ressuscitons et qui repose sur des fondations millénaires. Et il est tout à fait vraisemblable, en théorie, que nous puissions reconstruire l’histoire de l’humanité en partant de notre complexion psychique car tout ce qui a existé une fois est encore présent et vivace en nous. Je suis beaucoup plus méfiant devant les initiés auto-proclamés, en provenance directe des Annales Akashiques qui veulent vous délivrer une Vérité copyrightée.

Bon alors, où en est-on ? De la Tradition, il reste des textes qu’il faut de bout en bout, expurger et interpréter. Il reste des fêtes et des coutumes, des superstitions, des contes et légendes qu’il faut également interpréter. Il reste des découvertes archéologiques qui prennent leur sens quand on les appréhende à la lumière d’autres sciences ou disciplines. Il y a le symbolisme. Il y a le comparatisme inter-religions (et l’hindouisme nous est une mine précieuse). Il y a peut être des bribes de connaissances dans certaines traditions dites claniques ou familiales et il y a aussi les influences du sol et les empreintes et la mémoire des Ancêtres qui fondent notre démarche païenne identitaire et qui reste pourtant souvent, elles aussi, à décrypter …

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Certains ont fait une partie des recherches à notre place … des « spécialistes »… mais une partie de ce joli monde tire avec allégresse dans les pattes de l’autre partie de peur d’avoir à remettre certaines « certitudes » en question …on critique Jean Jacques Hatt parce qu’il travaillait en free lance et qu’il avait la « prétention » de retrouver le Gaulois à travers le Gallo-Romain ce qui avait particulièrement mauvaise presse chez les universitaires à cette époque, on critique aussi Philippe Jouet parce qu’il est influencé par Jean Haudry, qui lui même n’échappe pas à la vindicte parce qu’il professe à Lyon III et que ça suffit pour le rendre suspect…

Si les druides ne consignaient pas leur enseignement par écrit, on dit aussi que c’était pour laisser toute latitude à ce qu’on n’appelait pas encore le druidisme d’évoluer et de s’adapter : en quelque sorte le druidisme chevauchant le tigre. Et c’est là, probablement, que nous pouvons apporter quelque chose à la Tradition car tous nos raisonnements, toutes nos études, toutes nos intuitions, toutes nos découvertes, toutes nos supputations se rajoutent en couches pour donner corps à la construction… on verra bien où ça nous mènera et de toutes façons, le travail ne sera pas perdu, car, comme le monde qui se crée à chaque instant pour inventer l’après, peut être nous faudra-t-il, en définitive, et comme l’énonce Maurice Rollet, inventer les dieux de demain …

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