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delivrance

Une question intéressante est posée sur un forum. Jean Rostand disait  » si l’homme est un animal territorial, les naturalistes ont beaucoup à nous apprendre sur la politique, la guerre et l’amour… » . Et l’on s’accorde bien, généralement, pour dire qu’individuellement aussi bien que collectivement, nous sommes soumis aux lois de la nature : lire à cet effet Konrad Lorenz, Robert Ardrey, Irenaüs Eibl-Eibesfeldt …

Mais alors que de nombreux « païens » font constamment référence à la nécessité de se rapprocher de la Nature pour tendre vers un retour à un hypothétique Age d’Or où les humains parlaient aux arbres, aux plantes, aux pierres comme aux animaux, il serait intéressant (d’autant plus que ces mêmes « païens » n’hésitent pas à signer leurs interventions du mot « peace ») de savoir jusqu’à quel point l’homme doit ou peut vivre en harmonie avec la nature.

Nous sommes à peu près tous d’accord pour condamner son exploitation irraisonnée, justifiée par la Bible, et qui mène à sa destruction, il n’est pas sur pour autant que tout le monde accepte une société aussi violente et prédatrice que la nature ou soit capable de s’y intégrer…

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tremois

Quand on réfléchit un peu sur la Connaissance, il est quasiment inévitable de tomber dans le vieux débat antagoniste entre l’inné et l’acquis qui m’a, à plusieurs reprises, passionné au long des années… Il fut un temps où l’ on trouvait sans problème les bouquins des éthologistes Konrad Lorenz, Robert Ardrey, Irenaüs Eibl-Eibesfeldt traitant des lois naturelles qui régissent notre comportement individuel ou collectif. Mais tous ces auteurs de par leurs réflexions sur les notions d’agressivité notamment, et de territoire, avaient subi les foudres de la bien pensance de l’époque (sensiblement la même qu’aujourd’hui d’ailleurs), qui, dans son constant souci de cataloguer les choses et d’imposer sa pensée unique, les avait classés de manière complètement arbitraire dans le camp des fascistes, et donc du Mal…ils ont du gagner le combat car les livres, à part ceux de Lorenz sont aujourd’hui introuvables …

Il n’empêche, les années ont passé et pourtant je ne fais pas amende honorable : je crois toujours que l’inné a la prédominance sur l’acquis, que la Nature a la prédominance sur la Culture ! Et pour ce qui est, donc, de la Connaissance par rapport à mon paganisme, je crois que nous avons un héritage génétique -qui participe de notre immortalité-, héritage païen dont des bribes ressortent au gré des circonstances : je suis toujours frappé par le fait que de nombreux païens, en retrouvant leurs dieux, disent « rentrer à la maison »… Ressortent donc des tas de choses que nous connaissons de toute éternité, même sans le savoir, mais dont certaines ont été masquées par la Culture (conditionnement familial, éducatif, social, religieux qui a modelé notre « ressenti »). Il ne s’agirait pas d’engranger une Connaissance mais il faudrait donc apprendre à la retrouver : et la Connaissance serait donc apprendre à retrouver la Nature ? À « dé-tailler » la pierre, faire sauter les angles bien polis mais artificiels de la pierre taillée pour retrouver la pierre brute ? Parce que quand on taille une pierre, on ne la voit plus telle qu’elle est (Nature) mais telle qu’elle est taillée (Culture)…

AUTRICHE - KONRAD LORENZ

Konrad Lorenz, est un biologiste et zoologiste autrichien titulaire du prix Nobel.

Lorenz a étudié les comportements des animaux sauvages et domestiques, et passé une grande partie de sa vie à l’étude des oies cendrées, réalisant alors le travail le plus complet à l’heure actuelle sur cette espèce en mettant en évidence le principe de l’empreinte. Il a écrit de fameux livres tels que « Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons », « l’Envers du Miroir » ou « Les huit péchés capitaux de notre civilisation ».


Il a notamment développé une théorie de l’agression qui est une généralisation de la théorie anthropologique du bouc émissaire. En premier lieu, Lorenz démontre que la parade nuptiale de plusieurs espèces animales est une variation du comportement d’agression. Le schéma général de la parade nuptiale consiste en un comportement d’attaque entre le mâle et la femelle qui, à la dernière seconde, est réorienté vers un ennemi commun, pouvant être un congénère dans le cas des animaux sociaux.

Pour Lorenz, ce schéma général provient du fait que pour qu’une relation interindividuelle soit possible, cela nécessite que deux individus partagent un même territoire. L’instinct de territorialité faisant en sorte que cette situation fasse augmenter inexorablement la motivation d’agression, la sélection naturelle a simplement permis ce rapprochement en permettant de détourner cette agressivité vers un ennemi commun.

L’application de cette théorie à l’homme fait en sorte que pour que l’amour soit possible, il faille nécessairement haïr les mêmes choses ensemble. De même, tout regroupement social ne peut exister que par réorientation de l’agressivité interindividuelle contre un ennemi commun : nation contre nation, classe supérieure contre inférieure, syndicat contre patronat, parti politique contre parti politique, équipe contre équipe, etc.


De son point de vue d’éthologue, Konrad Lorenz a aussi étudié le rite qu’il interpréta comme une forme adaptative qu’une culture donne à l’agressivité individuelle de ses membres pour circonscrire ses effets désordonnés et indésirables et a contrario valoriser sa contribution à la conservation du groupe.


Konrad Lorenz est mort le 27 février 1989.

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