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Depuis plusieurs jours, et ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, je suis en pleine overdose d’actualité, de politicaille et de lecture militante ! D’ailleurs je n’ai pas retenu grand chose de ce qui s’est passé, en France ou dans le monde et je n’en ai rien à battre. Ceux qui, comme on dit, « font l’actualité », me sortent tous par les yeux et c’est à peine si je suis plus indulgent avec ceux de ma famille politique. J’ai quand même vu que sous les pressions de mouvements antifâââscistes, la tombe des parents de Tonton a été virée du cimetière où ils coulaient de vieux jours ce qui me dégoûte profondément et me donne des envies de meurtres… ah les fumiers !!!  Et puis, mais là ça me ferait plutôt marrer : le schtroumpf  Mélenchon, Méchancon comme osent certains, est en train de péter les plombs et de devenir complètement mégalo sous prétexte que des sondages vendus et une presse bien beurrée pour se faire mettre le font monter, monter, monter… au début il voulait se désister pour Hollande, le porcelet amaigri, mais maintenant, il se tâte, s’interroge et suppute « et si j’y allais tout seul ?… ». J’adorerais que ce salaud plombe les socialos et empêche Hollande d’arriver au 2e tour, sans y arriver lui même … ce qui donnerait un match Le Pen / Sarko : j’aimerais tellement voir ces cloportes appeler à voter pour celui qu’ils haïssaient, jusque là… comme jadis Chirac, le président bananier …

Je me suis mis aussi à des lectures plus légères … mais tellement plus digestes ! La semaine dernière, je me suis plongé avec délice dans Simenon et dans Léo Malet, ce qui m’ a permis, une nouvelle fois, de reconnaître Nestor Burma et Jules Maigret comme les deux personnages que je préfère dans la littérature policière française (malgré la belgitude de Simenon). Depuis ce week-end, j’ai entamé la série de Bill Pronzini avec son détective privé récurrent, et sans nom, Nameless : un régal !

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Entendu ce matin en voiture, une station radio qui consacre la journée à l’évocation de Jacques Brel qui aurait, aujourd’hui, 80 ans…

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Jacques Brel a joué le rôle de Raymond Callemin dit Raymond la Science, dans un film sur « la Bande à Bonnot » (ou « les Anarchistes » de Philippe Fourastié ) dont, en mai 68 (ironie …) , il faisait la promotion sur Europe N°1… s’ attirant les foudres épistolaires de Léo Malet (qui égratigne au passage les grévistes de l’époque…) :

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bande-a-bonnot

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« Cher Monsieur,

les ouvriers conscients et alcoolisés (race particulièrement dégueulée par les Bandits Tragiques), étant en grève dans l’espoir de substituer à la société mal foutue dans laquelle nous vivons, une autre société plus mal foutue encore, à base de flics rouges, cette lettre vous parviendra je ne sais quand mais je vous l’écris tout de même.

Je vous ai entendu cet après-midi à Europe. Je suis navré de constater avec quel brio vous pouvez déconner, lorsque vous vous laissez aller, en compagnie de meneurs de jeu cousus d’or et autres saltimbanques.
Ce serait toutefois de peu d’importance si vos propos, par les erreurs grossières qui les émaillent, ne laissaient prévaloir de quelle qualité sera le film sur la bande à Bonnot dans lequel, par ce que Belge (!), vous obtenez le rôle de Raymond Callemin, ce Callemin dont vos dites qu’il était « l’idéaliste, le gars qui dirigeait les anarchistes ».

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C’est n’avoir rien compris à ces milieux que de dire cela. Il n’y avait pas de « chef ». Il y avait entente entre personnages partageant les mêmes idées, ces idées postulant qu’il n’y avait de révolution qu’individuelle et que, dans une société d’abrutis, il importait de se débrouiller soi même pour vivre sa vie et « développer harmonieusement et égoïstement sa cynique individualité ». Malheureusement, ces théories illégalistes, qui fleurissaient à l’époque chez les anars, où le vol à l’étalage et la fabrication de fausse monnaie se pratiquaient sur une assez vaste échelle, avant d’aboutir à la sorte d’opération-suicide qui commença rue Ordener, loin de libérer les copains leur fit prendre le chemin des ergastules ou de l’échafaud. En 1927 encore, cela faisait l’objet de controverse chez les anars.
Pour en revenir à l’émission d’Europe, vous dites que Callemin était le disciple des grands théoriciens de l’anarchie. Quels théoriciens ? Libertad ? Allons, allons ! Callemein était surtout un fervent lecteur du biologiste Le Dantec, dont il avait dévoré les œuvres en les assimilant mal. Ce n’est pas le calomnier que de le dire. Ce n’est pas davantage le calomnier que de trouver, disons amusant, qu’il tint les « baudelairiens » pour les idiots (Victor Méric : les Bandits Tragiques, page 112).

Donc, Callemin, « disciple des grands théoriciens de l’anarchie ». (Anarchisme conviendrait mieux.) Ici, quelques secondes de rigolade, car le meneur de jeu, qui ne veut ps être en reste d’érudition (par ces temps de cuculture), ajoute : « … d’où sont sortis Lénine, Trotsky, etc. ». Le meneur de jeu est payé pour faire preuve de diarrhée verbale. On ne peut donc lui tenir rigueur de proférer de telles sottises. Mais pourquoi donc, vous, à ce moment, au lieu de rectifier, approuvez vous par un « C’est ça » des plus désarmants ? Souci de ne pas prolonger une ddiscussion dont ce n’est pas le lieu ou ignorance également de votre part ?

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« La presse de l’époque en a fait des bandits ». Soyons sérieux. Qu’étaient-ils d’autres ? L’acceptation communément admise du mot « bandit » est la suivante : « individu en révolte ouverte contre les lois « . Les commentateurs favorables à l’épopée des illégalistes n’ont pas rejeté l’appellation, et mon ami André Colomer dans son livre « A nous deux, Patrie », s’est contenté de remplacer l’adjectif « tragiques » par « individualistes ». Les bandits individualistes. Voilà ce qu’ils étaient. Des Bandits, mais des bandits d’un genre particulier, des « bandits à idées », comme nous disions, n’ayant pas pour ambition de mener une vie de noce, puisqu’ils ne fumaient ni ne buvaient. Rien des criminels de droit commun (à part quelques uns, fatalement), des bandits, pas des crapules… le seul mot juste que vous ayez prononcé au cours de cette émission. Mais c’est une constatation qui va de soi et, depuis longtemps même des bourgeois l’ont reconnu sans vous attendre. (Emile Michon : « Un peu de l’âme des Bandits », 1913).

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« Il y avait des choses très étonnantes (sic). Ils étaient pour l’amour libre, dans un sens noble ». Pourquoi étonnantes ? Et qu’est-ce que le sens noble ? Ce sujet ardu, délicat et compliqué, qui a donné lieu à d’interminables discussions dans les milieux et n’a jamais été résolu, vous auriez mieux fait de le passer sous silence (puisqu’impossible à développer), car il risque d’être mal compris et défiguré, l’amour libre n’étant pas la chiennerie sexuelle. Et dans ce domaine, de tous temps, chaque anar s’est déterminé selon ses propres lois (tant pis pour le mot)…

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…Vous trouverez peut être, Monsieur, que j’accorde une importance exagérée à des fragments d’uine conversation à bâtons rompus n’ambitionnant pas d’être gravés dans le marbre, sinon sur une piste magnétique.

Comprenez que cette lettre m’est dictée par les craintes que j’éprouve à voir traiter par le film une affaire et des hommes sans tout le sérieux souhaitable, craintes que les propos entachés d’erreurs que vous avez tenus semblent devoir justifier. Depuis plus de quarante ans, en long, en large , en diagonale et par transparence, en noir et en couleurs, et que ce soit pour ou contre, j’entends déconner sur les Bandits Tragiques. Je commence à en avoir marre (surtout lorsqu’il s’agit de transformer leur sang en fric) et je profite de chaque occasion pour le clamer.

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Je vous prie d’agréer, cher Monsieur, mes salutations individualistes et non-conformistes.

Léo Malet »

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(cité dans « Léo Malet ». Cahiers du Silence. Kesselring)

mac-orlan

Dans le Petit Manuel qu’il lui consacre, Pierre Mac Orlan avance que le parfait aventurier est celui qui voyage et vit des aventures du fond de son fauteuil par la force de son imagination… Si c’est vrai, le temps de la lecture de ses livres, il a fait de moi cet aventurier parfait avec ses personnages qui ont peuplé mon enfance. Je pense, là, à « la Bandera » et à la peinture qu’il y fait de la Légion espagnole, aux histoires de pirates du « Chant de l’Equipage », d’ « À bord de l’Etoile Matutine », et surtout de « l’Ancre de miséricorde », formidable roman d’initiation dont, aujourd’hui encore, je ne peux pas regarder la couverture (avec son fumeur de pipe en terre) sans retrouver une foule de sensations et d’odeurs qui me ramènent un paquet d’années en arrière…J’étais moins sensible au « Quai des Brumes » et ce n’est pas le « t’as d’beaux yeux, tu sais » qui me reste du film, mais la brève apparition de Léo Malet comme figurant …


Kleber Haedens a raison, qui dit de Mac Orlan qu’il est « un véritable sourcier de l’aventure, car sans sortir de chez lui, il la fait naître des images brumeuses et désolées qui l’entourent, dans le halo du « fantastique social ». Il la rencontre quand il le veut dans quelques villes prédestinées, d’Anvers à Rouen, de Honfleur à Rochefort, sans oublier Londres et Paris (…) Mac Orlan, dans son voyage immobile, se tient prêt à fréquenter les ports, les légionnaires, les gentilshommes de fortune, le cabaret breton de la côte, toujours prêt à boire le dernier verre au Bar de la Dernière Chance avec les filles et les pilleurs d’épaves ».

Alors, en cette fine compagnie, Buvons :  Mac Orlan est né il y a très exactement 127 ans, le 26 février 1882.

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