You are currently browsing the tag archive for the ‘Loup’ tag.

loup

« La société guerrière que représentait l’Europe s’était éteinte sous le voile de la croix et d’une morale prétendument divine propre à régenter les rapports barbares, et le loup incarnant la barbarie féroce avait cessé d’en orner les bannières. On avait détruit les hommes forts, il fallait anéantir leurs symboles. La fureur des hommes pieux poursuivit le loup jusqu’à le faire disparaître complètement.

Au respect qu’imposaient sa force et ses pratiques sociales, l’église y substitua la haine. A défaut d’exister, elle inventa des attaques qui ne vivaient que dans ses cauchemars. Le loup devint un mangeur d’innocents, un rôdeur qui dévorait les enfants et ne se trouvait repu que lorsqu’il s’était gavé de chair humaine. Les fables animalières l’affublaient de tous les défauts, l’homme exorcisant ses pitoyables travers dans la recherche du bouc émissaire biblique. L’homme y avait vu un farouche concurrent, l’église un démon car représentant sans doute une image par trop parfaite de la force et de la beauté. En détruisant l’animal mythique et en le rangeant du côté du mal, l’homme ne prendrait plus exemple sur lui. L’Église préférait gouverner des agneaux plutôt que des loups. »

L’Ami. Mon sang m’a dit. Les Amis de la Culture Européenne.

——————————————————————————————————————————————-

Publicités

LoupetMerlin« Reposons-nous encore une fois la question  : prophète et politique, fou et converti ou philosophe et lucide ? La magie de Merlin ne visait-elle pas à instaurer une royauté et à garantir sa souveraineté par un ordre parfait, un ordre dont le pouvoir n’émanait pas du peuple mais s’imposait au peuple ? N’était-ce pas le sens original de la Table Ronde ? Toute sa science, toute sa sagesse œuvraient à l’établissement et au maintien de l’ordre ancien.

Merlin n’inverse pas la pyramide des pouvoirs. Enfant, il dit déjà sa « vérité » à Vortigern. Adulte il dit toujours ce qui doit être et non ce que l’homme, fut-il prince, aimerait entendre. Il « fait » son roi. Il édicte la règle royale. Il gouverne Arthur.

Contrairement à la tentation de certains médiévistes [qui voient] en lui un médiateur entre les temps anciens (barbarie) et les temps nouveaux (rédemption), nous pensons que Merlin s’oppose au christianisme destructeur de la société héroïque et aristocratique. La perfection trinitaire de Merlin -Roi, Chevalerie, chevalier d’exception- pourrait d’ailleurs être perçue comme une perfection trifonctionnelle. Merlin prévoit. Merlin agit. Merlin régit le monde des hommes jusqu’à la fin. Il n’élude pas la guerre. Il ne se soumet pas. En présageant la disparition de la Table Ronde, la mort d’Arthur et la victoire du christianisme qu’ il ne considère pas comme une progrès mais comme une décadence. Merlin ne peut qu’abandonner à son sort ce monde qu’il désapprouve et qui le rejette. Il ne peut que retourner dans l’Autre Monde, à l’état de sauvage, sylvain. Car l’archétype n’a ni âge ni royaume.

Merlin ! Merlin ! Convertissez-vous, laissez le guy au chêne, et le cresson dans la prairie comme aussi l’herbe d’or. Comme aussi l’œuf de serpent marin parmi l’écume dans le creux du rocher. Merlin ! Merlin ! Convertissez-vous, il n’y a de devin que Dieu. Au prêche de Kado, Merlin, dans ce chant breton, répond par le hurlement du loup. Tout est dit. »

Bernard Rio. Avallon et l’Autre Monde. Géographie sacrée dans le monde celtique. Ed. Yoran Embanner.

————————————————————————————-

 

pour me contacter

août 2019
L M M J V S D
« Fév    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

a

Des racines et des elfes

Tigialon uscas

Blog Stats

  • 1 280 705 hits
Publicités