You are currently browsing the tag archive for the ‘Mémoire antique’ tag.

« préceptes druidiques de vie » :

1. Se connaître est bien, se maîtriser est mieux.
2. C’est par l’exercice que tu acquerras la puissance de la volonté, par l’exercice que tu la garderas.
3. Ne laisse pas la crainte ni le doute te paralyser, ils limitent et détruisent tout.
4. Ce qu’il convient de faire, décide-le ; ce que tu as décidé, entreprends-le ; ce que tu as entrepris, achève-le.
5. Si rude et si obscure que soit la tâche quotidienne, accomplis-la dans la joie.
6. Ne ralentis pas ton ascension par un lest inutile, composé d’orgueil et de suffisance.
7. Sache vaincre toute fatigue de ton corps, tout faux pas de ton esprit, toute défaillance de ton âme.
8. Si tu ne peux modifier les hommes et les évènements à l’image de tes désirs, que du moins ce ne soit pas eux qui te modifient.
9. Mets ton point d’honneur à n’avoir de serviteur que toi-même.
10. N’érige pas autrui en juge de tes actions.
11. En quelque circonstance que tu te trouves, demeure comme une île au milieu des vagues, comme une montagne au milieu des nuages.
12. Garde ton sang-froid dans tout danger.
13. Ne te force jamais : prends patience, garde la joie et le sourire, vise à l’harmonie.
14. Apprends de l’étranger ce qui peut t’être utile, mais ne cherche pas à l’imiter.
15. Utilise analogies et symboles, ils te permettront de penser et de comprendre là où finit ta raison, où il te manque les mots pour exprimer ta pensée.
16. Apprends que toute pensée est stérile, si elle n’est pas rendue vivante par l’émotion ou le sentiment, elle est alors semblable à une coque vide.
17. Pense en image, précise tes pensées, résume le tout par un symbole qui deviendra pentacle.
18. Grâce à ces Conseils tu garderas la loi, et tu t’élèveras au dessus de toi-même.

Ces préceptes sont extraits des « Kelennadurezh du Druide Vissurix 3778 / 3821 ». Le druide Uissurix est l’un des cinq fondateurs de la Kredenn Geltiek Hollvedel

Publicités

________________________

incarnation de lointains ancêtres,

et mémoire oubliée de peuples antiques …

________________________

« …ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration. »

C’t’amusant, depuis que je m’interroge un peu sur les gués, je n’arrête pas de voir partout des références à ce sujet. Quand ça se passe comme ça, ma sorcière dit qu’il y a de l’écho et j’aime bien cette expression, c’est exactement ça … de l’écho … première référence : dans le bouquin que je suis en train de lire sur Mélusine, enfin plutôt que j’essaie de lire parce qu’il faut bien avouer que c’est parfois assez chiant … dans le contenu mais aussi dans la présentation, comme ce procédé de renvoyer toutes les notes en fin de chapitre : je vois difficilement mieux pour casser la lecture et la concentration… C’est pourtant dans ces notes que j’ai trouvé les références d’un article : »R. Louis, « une coutume d’origine préhistorique : les combats sur les gués chez les Celtes et chez les Germains ». Je n’ai aucune idée de ce que ce monsieur Louis peut dire des combats sur les gués, mais la première partie de la phrase « une coutume d’origine préhistorique » me permet de faire très arbitrairement le lien entre mes deux époques de prédilection même si je n’ai aucune idée non plus de ce qui peut permettre à ce monsieur Louis de prétendre que c’est une coutume d’origine préhistorique … certainement pas le fait que les « hommes du renne » attendaient leurs proies au passage des gués, quoi que … sait-on jamais …
Quoi qu’il en soit, les références au gué sont nombreuses dans la mythologie celtique et cette coutume mystérieuse du combat dans les gués a été attestée dans les textes et prouvée par l’archéologie
Il y a d’abord Cuchulainn qui, lors de la malédiction des Ulates (condamnés à une faiblesse périodique par la déesse Macha et incapables de se battre),à laquelle il est le seul à échapper, se positionne sur Ath Gabla (le Gué de la Fourche) de manière à repousser les troupes de la reine Medb (Razzia des Vaches de Cooley)
Cúchulainn, mené par son cocher Lóeg, arrive à un gué dont la gardienne lave le linge ensanglanté du héros, ce qui présage de sa mort prochaine. Passant le gué, il arrive dans la plaine de Muirthemné, où l’attendent ses ennemis.
Cette allusion à la gardienne d’un gué peut évoquer les « Parques » celtiques, ancêtres des « lavandières de la nuit », qui lavent sur un gué, c’est-à-dire à la frontière de l’Autre-Monde, les dépouilles des héros qui vont bientôt périr …
(il est question quelque part, mais je ne m’en souviens que de mémoire, des Nones gauloises -contraction de « matrones » ?- qui seraient les déesses du destin…)

Dans un épisode apparaît une anguille. C’est le résultat d’une métamorphose de la Morrigane/ Bodb (corneille), ou déesse de la guerre qui, dépitée de ne pas être aimée du héros Cuchulainn, vient sous cette forme dans le gué où il combat contre les hommes d’Irlande et s’enroule autour de sa jambe. Cuchulainn l’arrache brutalement et la jette contre les rochers

La route principale de la province d’Ulster va jusqu’au « Gué de la Veille » où Conall, « un bon guerrier des Ulates s’y tient pour veiller et protéger et pour que des guerriers étrangers ne viennent pas chez les Ulates les provoquer au combat ».

La rivalité entre Conall (héros Ulate, frère de lait de Cuchulainn) et Cet (guerrier du Connaught dont un druide a prédit qu’il tuerait la moitié des hommes d’Ulster) prend fin après un raid de ce dernier dans le Leinster, où il tue vingt-sept guerriers et leur tranche la tête. Conall peut le suivre à la trace du sang laissée dans la neige, il le rattrape à un gué et le tue dans un combat épique, tout en étant lui-même blessé.

Après la mort du roi Conchobar et de son fils Cormac Cond Longas, on propose la royauté d’Ulster à Conall qui la refuse, ayant mieux à faire chez Ailill et Medb en Connaught. Le roi ayant une nouvelle maîtresse, son épouse demande à Conall de le tuer, ce qu’il fait avant de réussir à s’enfuir, mais il est rattrapé par les guerriers du Connaught qui le tuent au gué de Na Mianna (aujourd’hui Ballyconnell, comté de Cavan)

Laissons Cuchulainn pour la bataille de Mag-Tured : la Morrigane a invité le grand dieu Dagda à la rejoindre à sa maison près du gué. « L’un des pieds de la femme dans l’eau touchait Allod-Eche au sud ; l’autre pied également dans l’eau touchait Lescuin au nord. Neuf tresses flottaient détachées de sa tête. Dagda s’unit à elle. Dès lors cet endroit s’appela le lit des époux. » Elle prédit à Dagda l’arrivée des Fomore, le jour de la bataille et qu’elle tuerait leur roi « elle versait du sang d’Indech plein ses deux mains à l’armée qui attendait l’ennemi au gué ». Ce gué s’appela « gué de l’anéantissement ».

C’est aussi dans un gué qu’a lieu un combat entre deux druides, par disciple interposé, Mog Ruith et Colphta: Colphta, l’Orgueilleux , un des cinq druides du roi Cormac , son aspect terrifiant ne l’empêche pas d’être vaincu par le druide Cennmar , disciple de Mog Ruith.

Toujours en Irlande, une Triade cite : Trí hátha Hérenn: Áth Clíath, Áth Lúain, Áth Caille.
Les trois gués d’Irlande : Ath Cliath (Gué des Claies), Athlone (Gué de Luan), Ath Caille (Gué du Bois).

Ath Liag Finn: C’est le nom d’un gué où Finn jeta une pierre plate tenue par une chaîne d’or, cadeau d’une femme du sidh. La légende dit que la pierre et la chaîne seront ramenées un dimanche, par une ondine, sept jours avant que ce monde ne finisse.

Arawn, maître d’Annwn -l’Autre-Monde- , propose à Pwyll qu’ils échangent leurs royaumes à condition que ce dernier batte, mais sans le tuer son rival Hafgan lors d’un duel sur un gué . Il y réussit

Dans le cycle Arthurien, Lancelot doit combattre un chevalier, Alybon, gardien du gué de la Reine, sur l’Humbrie, aux ordres de Guenièvre (ce qui rappelle aussi les combats avec le Chevalier Noir, gardien de la source de la Dame de la Fontaine…).Gué éminemment symbolique puisque c’est là qu’au temps de sa conquête, Arthur a rallié ses meilleurs chevaliers: Gauvain, Keu, Loth, et Yvain.

D’ailleurs, il existe un texte irlandais racontant la naissance mythique d’Yvain/Owein. On y apprend que le héros a été engendré, près du gué de l’Aboiement, lors d’une nuit de Samain.
.
Le passage du gué et les combats qui s’y livrent ne sont pas l’apanage des insulaires , et, parmi d’autres exemples, Rabelais nous montre Gargantua buvant le Thouet au gué de Ligaine, près de Taizé.
Et lors d’une guerre qui oppose Gargantua à Pichrochole, » sa jument pissa pour se relâcher le ventre, mais ce fut en telle abondance qu’elle en fit sept lieues de déluge. Tout le pissat dériva au gué de Vède, et l’enfla tellement au fil de l’eau que toute cette troupe des ennemis fut noyée horriblement  »

On l’a vu, en Irlande, la divinité féminine tutélaire du gué, c’est donc la Morrigane, déesse de la guerre, et le fait que le gué, dans la Razzia des Vaches de Cooley soit le lieu des combats singuliers de Cuchulainn contre les guerriers envoyés par les Irlandais en fait un point de rencontre ou une limite qu’on ne traverse que si on le peut, par exemple si l’on est initié.
Le gué est le lieu séparant le monde sensible de l’Autre Monde, endroit privilégié des affrontements et combats singuliers pour le héros en quête d’initiation.L’initiation druidique, elle, consistait à passer trois nuits et deux jours de méditation dans un lieu sacré, en contact avec les “divins ancêtres” et ce pouvait très bien être aussi au milieu d’un gué comme symbole du “passage ”, un de leurs lieux de prédilection. Mais le gué n’est pas obligatoirement le passage vers l’autre monde, vers la mort ; il peut être aussi, comme le souligne l’Arbre Celtique, « un passage vers la connaissance qui, si l’on suit les grands textes mystiques, induit l’existence de ces deux mondes comme en « surimpression » et c’est ce que dit W. Kruta à propos de l’art celtique: une surimpression du cyclique et du permanent. Ce qui rend les choses un peu « floues » pour des cartésiens ».
Une épigraphe gallo-romaine atteste de l’existence d’une Ritona , déesse particulièrement proche du gué qui se dit en gaulois « ritu », continuation d’un mot indo-européen « prtus » désignant le passage, le gué, le pont. Elle serait donc la déesse gauloise attachée aux gués, peut être même aux combats de gués puisque, comme le dictionnaire des symboles nous le dit, l’archéologie a souvent mis à jour dans l’ancienne Gaule « des armes à l’emplacement de gués, ce qui tendrait à prouver que la coutume irlandaise du combat de gué, en celtique continental et brittonique, se rattache à celle du passage et de la course » (« ritu » signifiant aussi « la course »… et on peut aussi rappeler, incidemment; qu’une course est à l’origine de la malédiction lancée par Macha induisant la « maladie des Ulates »…).
« Le gué (« dictionnaire des symboles ». Chevalier/Gheerbrant) symbolise le combat pour un passage difficile, d’un monde à un autre, ou d’un état intérieur à un autre état. Il réunit le symbolisme de l’eau (lieu des renaissances) et celui des rivages opposés (lieu des contradictions, des franchissements, des passages périlleux) ».

________________________

incarnation de lointains ancêtres,

et mémoire oubliée de peuples antiques …

________________________

Cette image est certainement celle qui s’harmonise le mieux avec la conception que j’ai actuellement des choses, comment j’appréhende cette démarche : »incarnation de lointains ancêtres,et réactivation de la mémoire oubliée de peuples antiques » et comment je vois ces hommes dans des âges différents dans leurs différents états qui ont fait qui je suis aujourd’hui et qui je voudrais être demain… qui mais aussi comment et pourquoi… Cette image est donc un avatar : en informatique et dans les jeux vidéo, un personnage représentant un utilisateur (en l’occurence moi) qui peut se réduire à un portrait, comme sur un forum ou dans une messagerie, ou encore être un véritable acteur interactif, contrôlé par l’utilisateur, comme dans les jeux vidéo. Son avenir, son importance, sa crédibilité dépendent donc de la manière dont je l’utiliserai…

Il représente « le Magicien » du Tarot des Druides de Philip et Stephanie Carr-Gomm, équivalent du Bateleur.
Il connait le secret de la création -il sait s’ouvrir aux deux aspects de l’énergie créatrice divine, que les druides appellent Awen et Nwyfre: inspiration et force vitale. Et il sait comment faire pour que ces forces passent à travers lui et s’écoulent dans le monde, dirigées par sa conscience et sa volonté.
Le Magicien se tient devant l’une des grandes portes de Stonehenge, révélant ainsi qu’il est un chaman capable de traverser les portes de l’Autre-Monde, pour en ramener connaissance et guérison.
Il unit le Ciel et la Terre. Cette union a trait aux forces cosmiques que l’on peut considérer comme le Féminin divin et le Masculin divin. Stonehenge fut construit pour célébrer cette union au solstice d’été, au soleil levant uni à la terre dans le sanctuaire intérieur du cercle.

Très pratiquement, voilà sa signification : « Vous savez que vous avez la possibilité de réaliser vos rêves, et c’est juste une question d’utilisation de votre pouvoir de volonté et de votre concentration pour faire les premières démarches vers la réalisation de votre dessein. N’oubliez pas que vous rendez votre vie magique, et pour faire de la magie efficace dans le monde, vous devez combiner les capacités de concentration et d’ouverture. Le Magicien est puissant parce qu’il sait s’ouvrir à l’inspiration, à l’esprit, et laisser cette inspiration s’écouler de lui dans le monde, par ses décisions et ses actions. Le doute et la préoccupation avec le moi (appelé souvent l’égo) inhibe cette circulation d’énergie. Si vous pouvez avoir confiance et laisser vos soucis au sujet de la vie, l’énergie créatrice peut commencer à circuler à travers vous, et vous pouvez vous mettre à travailler sur des projets importants et significatifs.
En même temps, le Grand Oeuvre -l’union du dieu et de la déesse en vous- peut commencer, et vous sentez en vous l’énergie d’agir dans le monde, au lieu de rester inactif. La communication est une façon formidable de faire cela -avec différentes parties de votre être, avec votre partenaire, vos amis et vos collègues de travail, et avec le monde de la Nature et de l’esprit. Le Magicien, la Magicienne, est maître, maîtresse du monde -un barde au sens le plus profond du terme, qui connait la sacralité et le pouvoir créatif du monde et de la voix. Le Magicien chante son monde et le fait ainsi exister. »

________________________

incarnation de lointains ancêtres,

et mémoire oubliée de peuples antiques …

________________________

« Je suis un « homme du renne » mais je chasse aussi les bisons et les aurochs dont nous suivons les troupeaux avec mon clan au fil de leurs déplacements saisonniers ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration. Je vénère un dieu père auquel, par assimilation, je fais porter des ramures de rennes. Je vis dans l’entrée des grottes que j’aménage pour me protéger du vent et des grands froids ou dans des campements précaires au cours de l’été. J’aime les parures, animales ou végétales, plumes et ossements, pendeloques de coquillages et de dents d’animaux, et je porte déja des tatouages compliqués. En dehors de la chasse et de la pêche, je fabrique des vêtements , des récipients ,des armes et des outils, je travaille les peaux et les fourrures et me livre à des rites religieux.
Je suis maintenant un chamane et je guéris les malades, je provoque les changements de temps désirés, je prédis l’avenir et je converse avec les esprits et les animaux-esprits. Je descends au fond des grottes dans les boyaux les plus reculés pour y pratiquer les rites magiques de chasse,et je peins et je grave sur les parois les animaux à chasser et des figures frustres ou au contraire, très réalistes. Je sculpte aussi des figures féminines, des Vénus aux formes accentuées, à l’image de la Terre généreuse que nous allons apprendre à cultiver, de la déesse fertile que je vénère. »

______________________________________

Le renne est emblématique de l’époque magdalénienne: il fournit la viande pour la nourriture, les peaux pour les vêtements et les tentes, la graisse pour les lampes, les ramures et les os pour les armes et les outils, les nerfs pour le fil à coudre et les lanières. On lit souvent que les tribus sont nomades et suivent les troupeaux de rennes dans leurs migrations … je ne sais pas trop, en fait, ce qu’on entend réellement par « nomades », mais en tout état de cause, il est bien évident que ces tribus ne passent pas leur temps sur les chemins… Ce n’est, en effet, pas leur faire trop d’honneur que de penser qu’ ils se sont aperçus que les animaux empruntent toujours le même itinéraire, se rendant compte, par la même occasion qu’il est bien plus intelligent de les attendre à des endroits de ralentissement, au passage des gués par exemple, où les hommes peuvent tuer un grand nombre de bêtes pour faire des réserves. Ces « rencontres » ont assurément lieu deux fois par an, au départ et au retour, en automne et au printemps. Dans l’attente des rennes, les chasseurs édifient un campement dans lequel ils poursuivent leus activités : taille des silex surtout qui doivent servir à la chasse et au traitement des bêtes tuées. Un camp de ce type a été découvert à Pincevent, vers le confluent de l’Yonne et du Loing. On comprend que ce type de chasse a modifié les conditions de vie des hommes : comme ils n’ont plus à suivre les troupeaux, ils passent l’hiver des périodes de glaciation à l’abri dans l’ entrée des grottes qu’ils aménagent pour les rendre plus confortables -mais on a retrouvé aussi des huttes à l’intérieur des grottes- et la belle saison, et de plus en plus, dans des campements plus ou moins précaires en extérieur, sur les terrasses des fleuves, près des rivières et des sources ou au bord de la mer. On chasse aussi d’autres gibiers de grande ou de petite taille et l’été, on pêche dans des cours d’eau libérés des glaces.
Les grottes profondes ne sont pas propices à une installation humaine pour un certain nombre de raisons : l’humidité et l’inconfort du aux grands froids, l’absence de lumière naturelle, la présence d’ours et autres carnivores des cavernes dangereux . Avec les glaciations l’habitat y devient pourtant courant mais c’est vers les entrées que les hommes s’installent et dans les abris sous roches qu’ils décorent également de gravures, peintures et sculptures, tout comme le fonds des boyaux obscurs et profonds… En face de ces dessins et gravures, l’explication développée par le professeur Jean Clottes avec l’archéologue sud-africain David Lewis-Williams est celle du chamanisme. Pour eux, aller dans les ténèbres, c’était entrer dans un autre monde, celui de l’au-delà, des esprits… De rares personnes, en particulier les chamanes, se rendaient au fond des grottes de manière exceptionnelle. Cela avait pour but de guérir des malades ou de rétablir une harmonie rompue… En réalisant leurs dessins, ils communiquaient avec les esprits de l’autre côté de la paroi, ils donnaient matière à leurs visions… Pour eux, l’image était chargée de pouvoir, comme elle l’est d’ailleurs dans toutes les sociétés traditionnelles.Cette hypothèse du chamanisme a été controversée. Dans la nouvelle édition du livre « Les Chamanes de la préhistoire » (La Maison des roches et Points Histoire), le professeur Jean Clottes réfute une par une les critiques scientifiques d’une manière bien convaincante…
On n’est pas vraiment sur que les figurines sculptées dites « Vénus » soient des représentations d’une Déesse-Mère … selon Marija Gimbutas (« Le langage de la déesse », édition des Femmes) qui se basait sur les recherches et campagnes archéologiques qu’elle a mené dans l' »ancienne Europe » pré-indo-européenne, principalement dans les Balkans et le long du cours du Danube, un culte de la Déesse se serait universellement répandu dans toute la préhistoire, la femme incarnant la reproduction de l’espèce et son espoir de pérennité dans une dimension qui n’était pas linéaire comme elle le devint avec le patriarcat mais circulaire et cyclique où prend naissance le mythe de « l’éternel retour » . J’avoue bien volontiers mon attirance pour cette théorie, malgré les excès d’interprétation qu’ont pu en faire des féministes radicales … il est pourtant honnête de souligner que d’autres théories ont cours, celle de représentations érotiques notamment (bon d’accord, c’est très prosaïque, plus traces de spiritualité ou de préoccupations métaphysiques, seulement des graffitis érotiques sur les murs …) ou celle, lapidaire, de Pierre Lance : »confronté aux rudesses de l’existence, l’homme éprouve périodiquement la nostalgie du ventre maternel. Une fois enfoncée cette porte ouverte, on ne voit pas ce qu’elle nous apprend de décisif sur le destin des peuples, hormis l’évidence que plus ce culte sera important dans une communauté et plus on pourra soupçonner qu’elle manque d’audace et de virilité » (in « Alésia. Un choc de civilisations »)
Par ailleurs, cette histoire de « gué » est, elle aussi, intéressante et j’essaierai d’en parler la prochaine fois …

________________________

incarnation de lointains ancêtres,

et mémoire oubliée de peuples antiques …

________________________

Paléolithique (et même avant) . Je suis un « homme du renne » mais je chasse aussi les bisons et les aurochs dont nous suivons les troupeaux avec mon clan au fil de leurs déplacements saisonniers ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration. Je vénère un dieu père auquel, par assimilation, je fais porter des ramures de rennes. Je vis dans l’entrée des grottes que j’aménage pour me protéger du vent et des grands froids ou dans des campements précaires au cours de l’été. J’aime les parures, animales ou végétales, plumes et ossements, pendeloques de coquillages et de dents d’animaux, et je porte déja des tatouages compliqués. En dehors de la chasse et de la pêche, je fabrique des vêtements , des récipients ,des armes et des outils, je travaille les peaux et les fourrures et me livre à des rites religieux.
Je suis maintenant un chamane et je guéris les malades, je provoque les changements de temps désirés, je prédis l’avenir et je converse avec les esprits et les animaux-esprits. Je descends au fond des grottes dans les boyaux les plus reculés pour y pratiquer les rites magiques de chasse,et je peins et je grave sur les parois les animaux à chasser et des figures frustres ou au contraire, très réalistes. Je sculpte aussi des figures féminines, des Vénus aux formes accentuées, à l’image de la Terre généreuse que nous allons apprendre à cultiver, de la déesse fertile que je vénère.

Néolithique. Je suis agriculteur et je tire ma subsistance de la terre que nous cultivons de manière collective et qui est une mère providentielle et divine. Et par analogie . je révère la grande déesse-Mère . Le culte des morts et des ancêtres tient une grande place dans ma vie quotidienne et religieuse puisqu’ils sont encore présents parmi nous et qu’ils sont dépositaires d’une force bien supérieure à la notre. Les menhirs, dolmens et tumuli sont liés à ce culte : sépultures, sites religieux et funéraires. Je respecte un calendrier de fêtes saisonnières liées au cycle de la végétation et les mythes qui intègrent la mort, puis la renaissance d’une divinité, assimilée au Soleil. Petit à petit, je vais aussi vouer un culte au Ciel protecteur en l’associant à celui de la Terre mère.

Je suis maintenant un chamane, sorcier prêtre de la tribu qui sert d’intermédiaire entre les hommes et les âmes des ancêtres pour s’assurer de leur protection. J’ai été « choisi » pour mes dons naturels avant de recevoir une solide formation initiatique souvent pénible et épuisante.

Antiquité. Je suis Gaulois. Picton, peut être (probable ?) cousin des Pictes d’Ecosse. Picton signifie « les hommes peints » mais aussi « les furieux »…La défaite d’Alésia et la reddition de Vercingetorix viennent de sonner le glas de la Gaule indépendante et des druides qui seront bientôt frappés d’interdit. Les Romains annexent mes dieux et mes déesses pour les assimiler aux leurs mais derrière ces nouveaux noms je continue, surtout si j’habite la campagne , à honorer nos vieilles divinités. Comment pourrait-il en être autrement puisque ces divinités sont intimement et fortement liées au sol sur lequel je vis, à ses forêts, à ses rivières, à ses collines, au vent qui y souffle, à ses mers qui y grondent … et à mes Ancêtres qui ont foulé ce même sol qui est fait de leur chair. …Certains d’entre eux étaient déja même vénérés à l’âge du Renne.
Je suis maintenant un druide, trait d’union entre les dieux et les hommes. J’allie, aux attributions de ceux qui étaient avant moi -les chamanes- (dont j’ai hérité du Savoir et de la Pratique) celles de philosophe, d’enseignant, d’astronome, de juge, de médecin, d’historien et de bien d’autres encore mais l’essentiel de ces connaissances va disparaitre parce que je me suis toujours refusé à les consigner par écrit pour préserver leurs possibilités d’évolution… Certaines se transmettront par l’oral ou par le geste, les autres devront être redécouvertes ou reconstruites sur le même modèle cohérent par l’étude, la recherche, l’intuition…

Aujourd’hui. Je suis … moi. J’ai traversé ces divers âges qui m’ont fait ce que je suis et j’ai évolué. Le sol, lui, n’a pas changé, il est toujours fait de la chair de mes ancêtres et ce sont toujours les mêmes divinités que j’honore. Beaucoup s’est perdu des vieilles traditions mais il ne s’agit pas de revenir au point zéro, de remonter 2000 ans en arrière, rayer 2000 ans d’obscurantisme monothéiste, pour se retrouver à un hypothétique âge d’or auquel je ne crois guère mais de récolter un maximum d’informations dans tous les domaines qui peuvent nous aider à mieux connaitre et comprendre la vie quotidienne de nos ancêtres . Il s’agit d’aller à la recherche des Dieux et des Déesses dans le sol que nous foulons et dans notre imaginaire, à travers les lieux, les récits historiques, les légendes, les coûtumes et les fêtes toujours vivantes, les découvertes archéologiques…
Je suis apprenti- druide, ou apprenti-chamane ou même plutôt simplement apprenti-sorcier. Je n’ai pas grand chose à voir avec celui qui, dans l’Antiquité, se déplaçait avec sa Cour , et parlait avant le Roi en revanche je chéris l’image de celui qui, dans les villages, était tout à la fois prêtre, guérisseur, confident, avec bien d’autres attributions encore, un druide au ras des pâquerettes si j’ose dire…
En parallèle à ce travail de reconstruction, j’essaie de mettre en conformité ma vie avec la triade transmise par Diogène Laërce: « honore les dieux, sois brave, ne fais rien de bas », afin qu’on puisse dire de moi et des miens, comme Camille Jullian le disait des Gaulois : « dans la vie comme à la bataille, ils allaient droit leur chemin, à ciel ouvert, le visage nu et le front haut ».

Dans les années 60, on a découvert en Grande Bretagne dans le Comté de Cumbria, à Brougham (Brocavum), parmi 180 autres sépultures, les restes de deux femmes guerrières qui avaient été précédemment brulées sur des buchers avec leur équipement militaire et leurs chevaux.
L’une d’entre elles, probablement âgée de 20 à 40 ans, était accompagnée d’autres restes brûlés d’animaux, de placages d’os, employés pour décorer des boites, d’un fourreau d’épée et d’une poterie rouge, tous objets qui suggèrent qu’elle était d’un statut élevé.
L’autre, qui avait entre 21 et 45 ans, était enterrée avec une cuvette argentée, un fourreau d’épée, des placages d’os et de l’ivoire.
On pense que ces guerrières sont mortes entre 220 et 300, et peut être ont-elles été enterrées selon leurs rites à elles. On a déterminé qu’ elles appartenaient à la légion Numerii, une unité irrégulière attachée à une légion romaine cantonnée en Grande Bretagne et étaient originaires de la région du Danube en Europe centrale/de l’Est où les anciens grecs affirmaient se trouver les fameuses « Amazones ». . D’autres découvertes sur les lieux suggèrent que l’unité était composée de guerriers venant des provinces danubiennes de la Norique (région très liée à la civilisation celtique), la Pannonie et l’Illyrie qui appartiennent maintenant à l’Autriche, la Hongrie et l’ancienne Yougoslavie. Jusqu’à maintenant, on ignorait qu’il y eut des femmes dans les rangs de l’armée romaine ce qui oblige à s’interroger sur leur rôle dans la société du 3ème siècle .
C’est passionnant cette histoire … En plus, de l' »unité irrégulière » (appellation qui évoque coups de main audacieux et guerilleros) aux Amazones (un nom tellemment chargé d’images et d’archétypes), tout ça est très fantasmatique et complètement propice au rêve et à l’imaginaire héroïque…

« Les avatars de la réincarnation », de Laurent Guyénot, aux éditions Exergue, est un excellent bouquin, d’une grande intelligence, dont voici la conclusion

La notion de transmigration a subi, entre les traditions chamaniques encore observables en Afrique et en Australie, et le réincarnationnisme occidental moderne, une transformation radicale correspondant au passage d’une religion de la Terre à une religion du Ciel.
Dans la première, la mort est une descente dans un monde souterrain. la substance vitale des morts, associée au sang et donc au clan, fertilise la Terre Mère, qui la recycle, tout comme elle fait périodiquement renaître la nature. Dans la seconde conception, la mort est une ascension dans le Ciel. Pour une éternité ponctuée de descentes cycliques dans la matière, indépendamment de tout lien généalogique. Entre les deux il existe une conception intermédiaire, celle de l’Hindouisme et de l’Hellénisme classiques : seuls les morts incapables de s’élever au Ciel sont maintenus dans l’attraction terrestre, où ils renaissent, pour leur malheur.
Vue sous cet angle, l’histoire mondiale de la transmigration apparait comme marquée par un bouleversement culturel fondamental, assez facilement repérable dans le temps et dans l’espace : la montée de l’individualisme, c’est à dire d’une définition de la personne humaine comme unité psychologiquement autonome, contenue dans des frontières étanches et stables. Avant cela l’individu était essentiellement conçu comme un point de convergence dans un réseau d’énergies psychiques relié verticalement aux Ancêtres et horizontalement à la communauté.Il n’était qu’une manifestation particulière d’un psychisme collectif, multiple et fluctuent.
Au XIX e l’individualisme a atteint en Occident un point d’exacerbation extrême. Cet individualisme forcené est indissociable de l’idéologie économiste et consumériste qui infantilise les adultes par des fantasmes de toute puissance normalement propres à l’adolescence, et qui favorise l’éclatement des systèmes familiaux en individus déracinés. L’individu moderne, dont l’orgueil est constamment flatté par le matraquage commercial, voudrait s’être fait tout seul. Il a perdu le sens de sa redevance aux ancêtres, qui était l’attitude sociale et religieuse fondamentale de toutes les anciennes sociétés.
La valeur à laquelle s’oppose fondamentalement l’individualisme, ce n’est pas la famille mais le clan, compris comme une communauté humaine constituée de vivants et de morts et structurée par le principe de filiation, ou de lignée. Selon cette ancienne idéologie holiste, l’individu n’ est qu’un individu du tissu social relié horizontalement au clan et verticalement à ses ancêtres, et son éternité individuelle importe moins que sa participation à la continuité des générations.
Telles étaient les anciennes sociétés indo-européennes. Selon Régis Boyer, l’essence de leur religion tenait au culte des ancêtres. Le lignage ancestral constituait l’axe autour duquel s’organisait la vie sociale. Cette idéologie communautaire du sang, précise Boyer, n’était pas refermée sur le biologique; elle prenait en compte « la notion de pacte, de contrat passé entre puissances adverses et donc celle, corollaire, du serment qui scelle ce contrat » de sorte que des liens de sang pouvaient être créés, non seulement par le mariage, mais par des « pactes de sang ».
L’individualisme exacerbé qui prévaut maintenant chez nous est en fait le fils naturel du christianisme.
En effet, dès sa naissance -dans les paroles mêmes de Jésus- la christianisme s’en est pris à l’idéologie du sang. Dans son système de pensée, l’âme est issue directement de Dieu et ne doit rien aux parents ou à leurs ancêtres. En même temps, de manière quelque peu contradictoire, l’âme est réputée entachée du péché originel, qui, lui, est transmis par la lignée issue du premier ancêtre, l’Adam déchu. Le salut consiste donc à s’extraire de cette lignée déchue pour renaître par le sang du Christ, devenir sa chair, se greffer sur sa nouvelle humanité. De sorte que le christianisme est doublement anti-lignage, puisque non seulement la filiation ne transmet rien de divin, mais qu’en plus elle transmet l’essence du diabolique.
De fait, partout où il a missionné, le christianisme a diabolisé le culte des Ancêtres et éradiqué le profond sentiment de solidarité qui liait les vivants aux morts.
Paradoxalement, l’idéologie révolutionnaire, puis républicaine et laïque, qui s’est forgée en France contre le christianisme, en a conservé et même exacerbé l’hostilité à toute valorisation spirituelle du lignage, réputé source des inégalités sociales. Aujourd’hui, l’idée que l’individu hérite du bagage spirituel, positif ou négatif, de ses ancêtres, heurte de front l’idéologie démocratique qui a pratiquement fait de l’égalité des chances un postulat métaphysique.
Mais que valent ces idéologies universalistes qui prétendent relier l’ individu à l’humanité entière tout en sapant son milieu social naturel, la famille élargie ? Que valent, surtout, une idéologie qui, sous prétexte que « tous les hommes naissent égaux », cultive l’oubli et le mépris de cette valeur ancestrale ajoutée qui fonde la richesse de chacun ?
On peut se demander pourquoi l’évolutionnisme des zoologues, biologistes et anthropologues n’a pas trouvé dans les milieux spiritualistes des XIXe et XXe un écho sous la forme d’une théorie qui lierait le développement spirituel de l’humanité à l’enrichissement ou au raffinement, au fil des générations, d’une âme ancestrale. La seule cohésion possible entre évolutionnisme et spiritualisme consisterait en effet à admettre qu’une évolution spirituelle s’accomplit par la filiation (avec tout ce qu’elle comporte de transmission affective et culturelle) que le lien générationnel est porteur d’un karma collectif qui s’enrichit de génération en génération (avec parfois des sauts d’une génération et d’autres caprices imprévisibles). L’arbre généalogique esdt d’ailleurs le parfait symbole de cette idée. Pourquoi donc une conception réincarnationniste du progrès spirituel s’est-elle imposée plutôt qu’une conception « générationniste », ou « filiationniste » qui aurait été à la fois plus cohérente avec le paradigme évolutionniste, et plus en phase avec l’héritage indo-européen ?
A vrai dire, il existait au tournant du XIXe un courant de pensée à la fois évolutionniste et spiritualiste qui envisageait le plus naturellement du monde, que l’évolution (ou la dégénérescence) spirituelle de l’être humain s’accomplit principalement au sein de la lignée. Ces penseurs se rangeaient parmi les « vitalistes » qui refusaient d’attribuer l’évolution des espèces au seul hasard et à la sélection naturelle, y voyant plutôt l’ouvrage d’un principe vital immanent. Certains vitalistes étaient de surcroit finalistes, c’est à dire qu’ils pensaient que l’évolution avait un but ultime préétabli.

Moi … (nom et prénom civil) enfant de la grande forêt celtique,
devant ces témoins de mon serment
devant les déesses et les dieux qui m’écoutent,
je jure sur l’honneur dès maintenant et pour toujours,
de renoncer aux religions du désert,
Judaïsme, Islam, Protestantisme, Christianisme,
même s’il se prétend celtique.
Au Christianisme je renonce,
au Jéhovah du Talmud et de la Torah je renonce,
au Mahomet du Coran je renonce.
Je ne me reconnais dans aucune forme du monothéisme
qui sépare le divin du monde
et impose le dogme du dieu unique.
Je répudie librement le baptême
qui m’a été imposé contre ma volonté.
Mon hommage ira désormais
aux seules divinités de mon sol.
Vous ici, prenez acte de mon serment.

Ainsi parlaient les divinités des Celtes païens et polythéistes
par la bouche du poète Amorgen :
Je suis un vent de la mer,
je suis une vague de l’océan,
je suis une voix de la mer,
je suis le taureau aux sept combats,
je suis un faucon sur une falaise,
je suis un sanglier de valeur,
je suis une larme du soleil,
je suis une fée parmi les fleurs,
je suis un saumon dans un lac,
je suis un lac dans une plaine,
je suis une colline de poésie,
je suis une flèche décochée pour la bataille,
je suis un dieu qui met le feu à la tête.
Qui, si ce n’est moi
peut pénétrer les secrets des phases de la lune
et l’endroit où se couche le soleil ?

La prophétie de la Morrigane à la fin de la Seconde Bataille de Mag Tured m’a toujours fasciné mais, et c’est un fait que je trouve assez curieux, à chaque fois que je veux la lire ou réfléchir un peu sur ce qu’elle sous entend, je ne la retrouve pas et passe des heures à la chercher … la dernière fois c’était hier, alors je la recopie ici, dans le contexte exposé par C.J. Guyonvarc’h, pour le retrouver, en principe, sans peine : dialogue_deux_sages.jpg

« Puis après que la bataille eut été gagnée et qu’on eut nettoyé les cadavres restés du massacre, la Morrigan, fille d’Ernmas, se mit à annoncer la bataille et la grande victoire qui avait été remportée, aux collines royales d’Irlande, aux armées des side, aux principales eaux et à leurs embouchures. C’est pour cela aussi que la Bodb décrit des hauts faits. « As-tu quelque nouvelle ? » lui disait-on, et elle répondait:

« Paix jusqu’au ciel,
du ciel jusqu’à la terre,
terre sous le ciel,
force à chacun. »

Elle prophétisa aussi la fin du monde, prédisant tout ce qu’il y aurait de mal, chaque maladie et chaque vengeance, et elle fit le chant si-dessous:

« Je verrai un monde qui ne me plaira pas:
été sans fleurs,
vaches sans lait,
femmes sans pudeur,
hommes sans courage,
capture sans roi;

arbres sans fruits,
mer sans frai;
mauvais avis des vieillards,
mauvais jugement des juges,
chaque homme sera un traitre,
chaque garçon un voleur;
le fils ira dans le lit du père,
le père ira dans le lit du fils:
chacun sera le beau-père de son frère.
Un mauvais temps:
le fils trahira son père,
la fille trahira sa mère. »

gaudenzi_morrigan.jpg C’est aussi une bonne raison (comment ça, une bonne excuse …) pour en profiter pour mettre ici cette représentation, pas très orthodoxe ma foi, de la Morrigane par Gaudenzi, que j’aime beaucoup … Elle danse semble-t-il, et s’en trouve bien déshabillée .. devant elle une épée fichée en terre, derrière une lance, l’enclos de pierres peut faire penser à une tombe …


roue-de-lannee.gif En tournant dans le Cercle, je pense à la course du soleil: au Nord d’abord, invisible, caché au coeur de la nuit, comme la petite lueur au coeur de l’obscurité, puis rouge à l’Est, grosse boule incandescente, quand il se lève, annonçant déja, dans quelques semaines, le début de la saison claire. Au Sud, il est un disque jaune, aveuglant, au zénith dans un ciel estival, et grosse boule rouge à nouveau, à l’Ouest, quand il tombe sur l’horizon, à quelques semaines cette fois de la saison sombre et de la nouvelle année. Pour aller ensuite s’enfouir au coeur de la nuit du Nord.

Le Nord correspond à la terre, froide et sèche, sombre, stable, dense, forte et matérielle. Cette terre dont nous sommes nous mêmes faits, fertile et nourricière, lourde de toutes les potentialités en germe. Donneuse de vie mais aussi donneuse de mort puisqu’elle peut nous engloutir, et que nous retournerons en elle.
A l’ Est l’air humide et chaud, partout présent, qui est force et légèreté du vent. Il nous rafraichit et nous donne la vie mais peut aussi se montrer impitoyable en nous balayant comme fétus de paille.
Le feu du Sud, sec et chaud, est la lumière et la chaleur du soleil dans le ciel, ou du feu dans la cheminée, mais ses flammes peuvent aussi tout consumer sur leur passage, et il est aussi la fulgurance de la foudre qui tue et le magma du centre de la terre qui peut se répandre au dehors en larges fleuves brulants.
L’Ouest enfin, avec l’eau humide et froide, qui lave et désaltère, qui nous purifie et nous nourrit avec ses poissons mais qui érode les rochers les plus solides et peut aussi nous engloutir. L’eau qu’il faut traverser pour atteindre les Iles Bienheureuses.

houx1.jpg Au Nord, paysage nocturne avec des collines dont les sommets sont recouverts de neige, où les arbres, sauf les toujours verts comme le houx et l’if, ont leurs branches nues et noires, givrées, seulement égayées ça et là de grosses boules de gui. Le vent est glacial. Le serpent est lové dans un trou, sous une souche ou sous une pierre, et l’ours attend des jours meilleurs, profondément endormi dans le fond de sa grotte.
A l’Est le soleil se lève sur un matin de printemps, l’air est frais et parfumé. Les arbres sont couverts de borgeons, qui donnent l’impression que les branches sont ombrées de velours vert, et les pousses surgissent de la terre : tout semble régénéré, avoir été comme lavé et purifié par les rigueurs de l’hiver. C’est le temps des semailles. Le vent pousse les nuages blancs et là haut, l’oiseau cherche les courants qui lui permettront de s’élever toujours plus haut, dans un air qui lui file entre les plumes, il est ivre de voler, ivre d’altitude, ivre de liberté.
champ-blelignes-courbes.jpg Au Sud il est midi, et là c’est la Vie qui éclate, les champs sont lourds des moissons à venir et les couleurs qu’arbore la nature, toute de profusion végétale, éclatent sous un soleil d’été, la sève des végétaux, ancrés profond dans la terre et dressés vers le ciel, est lourde comme est lourd le sang qui coule dans les veines des êtres vivants. Avec la vie c’est la passion qui éclate, le cerf dont les bois seront repoussés dans deux mois, court dans la forêt, pressentant son désir.
A l’Ouest le soleil couchant s’enfonce dans les eaux sombres et déjà ce n’est plus le jour. Les arbres perdent leurs feuilles d’automne, rouges et brunes qui jonchent le sol et la température de l’air commence à chuter. On termine les récoltes et les vendanges. saumon.jpg Le saumon, en surmontant de nombreux obstacles, remonte la rivière qui traverse des champs à présent nus, vers son lieu de naissance, pour s’y reproduire. Il remonte à la Source.

Derrière la course du soleil et le déroulement des cycles de l’année, se dessine celui de la vie humaine avec la naissance au Nord, l’adolescence à l’Est, l’âge adulte au Sud et la vieillesse à l’Ouest qui glisse jusqu’au Nord et à la mort.
En parallèle, le Nord représente l’époque de réceptivité aux forces de l’inspiration (imagination, intuition, sensation) et au commencement de mise en oeuvre de certains projets.
L’Est est le temps de l’ouverture aux forces de la lucidité (pensée, intelligence, esprit, logique).
Le Sud est l’époque de l’expression, de la réalisation de nos rêves et du travail dans le monde extérieur.
L’Ouest enfin, est le temps d’une énergie qui favorise l’évocation, la réflexion qui opére la synthèse des expériences

Au Nord, on fête le passage de la nuit la plus courte à la renaissance du soleil: Mabon, le fils de la Déesse est né: jeune Roi Soleil dont le rôle sera de distribuer sur la Terre tous les dons de la Déesse, répartir les nourritures matérielles et spirituelles.
A l’Est, les nuits et les jours s’équilibrent. La Nature s’éveille à travers le réveil de ses forces puissantes dont Kernunnos est la divinité.
Au Sud, on fête le jour le plus long, l’énergie vivifiante, le feu, et l’on honore les divinités solaires : Bel et Belisama, Brigitt et Lugh.
hecate_2.jpg A l’Ouest, les jours et les nuits à nouveau s’équilibrent et la Vieille (Kerridwen, Morrigan, Nantosuelta) vient chercher ce qui doit mourir, partir, ce sur quoi on doit lâcher prise, pour en remplir son chaudron.

En parcourant ces divers cycles tout autour du Cercle, chacune de ces stations est un point d’arrêt, mais l’ensemble doit être vu comme étant dynamique, un peu comme si on était dans un manège … allez, tournez ….

pour me contacter

août 2019
L M M J V S D
« Fév    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

a

Des racines et des elfes

Tigialon uscas

Blog Stats

  • 1 280 705 hits
Publicités