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Le 2 septembre 1944, 6 miliciens sont fusillés à Grenoble. le plus jeune n’avait pas encore 19 ans et le plus âgé venait juste d’avoir 20 ans .

Voilà ce que raconte Robert Aron dans l’Historia HS n°41 sur « l’Epuration ».

C’est un magistrat, Gaubert, qui a rendu de grands services à la résistance qui est désigné président de la Cour martiale. Pour sa première audience, elle doit juger dix jeunes miliciens. Le préfet dit à Gaubert : « il faut aller vite ». Le juge accepte à une condition : « c’est que les dossiers qui lui seront soumis présentent des cas pendables ne nécessitant pas d’examen approfondi, et ne posant pas de problèmes; en un mot, des flagrants délits.

« J’ai votre affaire lui répond-on. Vous aurez dix miliciens pris les armes à la main en combattant le maquis ».

Les dits dossiers lui seront communiqués à 6 h. du soir pour l’audience du lendemain, le 2 septembre 1944. Revenu chez lui, il les ouvre : et ce qu’il y trouve l’effare. Ces soi-disant auxiliaires de l’occupant, pris en se battant soi-disant pour les allemands, n’ont, pour la plupart, jamais participé à un combat. L’un d’eux avait été arrêté dans son lit, paisiblement couché à côté de son épouse. Un autre était le jardinier du château où avait logé la Milice; un troisième en était le serrurier. Six autres enfin sont des élèves de l’école d’Uriage, qui n’avaient pas encoure terminé leur stage de formation. Pas un de ces hommes qui, de l’avis du magistrat, mérite la peine de mort. Mais engagé comme il est il est trop tard pour reculer : s’il résigne sa mission, il n’ignore pas que, par là même, il livre les dix inculpés à la vindicte de la foule, massée autour du Palais, armée de mitraillettes et qui exige la mort.

Il va donc, faisant normalement son métier de magistrat dans des conditions anormales, sauver le plus de têtes qu’il pourra.

Il réussit à en sauver quatre, condamnés aux travaux forcés à perpétuité ce qui, pour l’époque, est bénin

Les six condamnés à mort sont fusillés le jour même, en pleine ville, cours Berriot, là où les Allemands avaient abattus des patriotes.

Le lendemain, c’est aussi l’émeute autour du Palais de Justice : la foule menace la prison : elle exige que les quatre inculpés soustraits à sa fureur soient également exécutés. Elle fait comprendre en tout cas, qu’à l’avenir elle ne tolérera plus de telles preuves de faiblesse »

On dit aussi que la foule au comble de l’excitation avait couvert l’avocat nommé d’office, Me Guy, d’insultes et de menaces à tel point qu’on avait du le faire escorter par des gendarmes.

http://www.life.com/gallery/47661/image/50374354/nazis-meet-the-firing-squad#index/0

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« Au matin du samedi 19 août 1944, des miliciens savoyards incorporés dans la Franc-Garde, depuis l’ordre de mobilisation lancé par Joseph Darnand, quittent leur cantonnement annécien de La Commanderie par la route d’Albertville. Dans la nuit, les chefs départementaux Yves Barbaroux et Jacques Chambaz ont rencontré les chefs de la Résistance : les francs-gardes se rendent avec les honneurs de la guerre, ils conservent leurs armes et seront traités en prisonniers de guerre.

A Saint-Jorioz, au milieu d’un grand rassemblement de maquisards (toute résistance étant alors impossible), les francs-gardes sont désarmés à l’exclusion des chefs qui conservent leur pistolet. Pressentant sans doute la suite des évènements, le franc-garde Lambotin se tire une balle dans la tête. Les captifs sont poussés dans des camions et sous bonne garde, par Faverges et Thônes, conduits au Grand-Bornand. Là, ils sont entassés jusqu’au grade de chef de dizaine, sous les combles de la salle paroissiale, les officiers, toujours en possession de leurs armes, étant conduits dans une pièce au 2ème étage du même bâtiment.

Après des sévices qu’il est inutile de retracer, c’est dans la salle de cinéma, au rez-de-chaussée, que commence au milieu de la matinée du mercredi 23 août la comparution des francs-gardes devant une cour martiale qui a fixé elle même sa procédure et que préside un commandant FTP ayant pour assesseurs deux représentants de l’AS et deux autres FTP. Le procureur et le greffier sont eux aussi des résistants.

Enchaînés, gardés par les gendarmes, les miliciens sont appelés dix par dix et brièvement interrogés. Parfois, des résistants témoignent, puis le procureur requiert une peine… La mort en général. Pour donner à cette procédure une apparence de régularité, quatre avocats d’Annecy, commis d’office, tentent d’improviser une défense.

La Cour siège sans désemparer jusqu’au matin du jeudi 24 août. Après une ultime plaidoirie, l’arrêt est rendu. Soixante-seize condamnations à mort, vingt et un « acquittements » (qui vaudront, en fait à leurs bénéficiaires l’emprisonnement et la comparution devant une Cour de Justice au cours des mois suivants).

Il est huit heures lorsque les camions emmenant les condamnés quittent la salle paroissiale pour le hameau du Bouchet au lieu-dit La Peserettaz. Cinq par cinq les prisonniers vont vers les poteaux plantés à la lisière de la forêt. Ils refusent le bandeau et tombent sous la salve en clamant leur foi, en ce jeudi 24 août dédié à Saint-Barthélemy.

La plupart d’entre eux, chrétiens convaincus sont des paysans issus de la terre savoyarde. Pour d’autres cependant les motivations religieuses n’étaient pas primordiales. C’est ainsi que l’athéisme de Jacques de Holstein était connu de tous.

Le plus âgé avait combattu à Verdun, le plus jeune venait d’ avoir seize ans. »

(Dominique Venner, Histoire de la Collaboration. Pygmalion.)

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Je suis en ce moment en train de lire « l’ épuration sauvage » de Philippe Bourdrel… à petites doses parce que la lecture en est parfois éprouvante .. j’en suis à la page 536 (sur 695): 536 pages d’horreur, de honte, de cruauté … je ne peux même pas dire de bestialité parce que ce serait faire trop d’honneur à ces ordures immondes que de les assimiler à des bêtes … ces tueurs : « les hommes armés qui ont assassiné pour voler …tueurs aussi ceux qui ont assassiné pour se venger d’ennemis personnels à qui ils gardaient quelque misérable rancune. Tueurs ceux qui ont assassiné les malheureux témoins des crimes des tueurs. Tueurs enfin les misérables et les fanatiques qui, pour préparer la conquête du pouvoir par leur parti, n’ont pas hésité à faire place nette des patriotes qui pouvaient se mettre en travers de leur chemin. « 

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J’ai trouvé ce texte de Jérôme Cotillon (parutions.com) qui dit très bien ce que je passerais des heures à mettre en forme pour dire moins bien, alors voilà :

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epuration-sauvage2« Fruit de la réédition d’un ouvrage initialement paru en deux tomes en 1988 et 1991, L’épuration sauvage de Philippe Bourdrel nous revient sous une forme augmentée et enrichie de nouvelles archives régionales. Lors de sa parution, ce livre s’était surtout signalé par l’imbroglio judiciaire qui avait alors accompagné sa diffusion. Retirée de la vente à la suite de la plainte pour diffamation du fils d’un F.T.P. incriminé par l’auteur, cette étude était du coup passée plus inaperçue qu’elle ne le méritait, bien qu’elle vînt, en contrepoint de L’épuration française de Peter Novick ou de L’épuration d’Herbert Lottman, éclairer un phénomène capital pour la compréhension de la France de la Libération : l’épuration illégale, menée anarchiquement et hors de toute justice autorisée.

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L’ampleur de cette épuration sauvage comme la diversité de ses formes donnent toute la mesure de son importance historique. En effet, les 791 condamnations à mort légalement prononcées et mises à effet font pâle figure au regard des 10 000 à 15 000 exécutions sommaires qui émaillèrent la Libération, les procès officiels ne pèsent guère face aux innombrables sévices, attentats et autres fusillades tenant lieu de seul jugement prononcé arbitrairement et en toute impunité.

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Bourdrel insiste à raison sur le climat de guerre civile dans la guerre qui a précédé et préparé ce climat insurrectionnel qui se répandit de toutes les exactions possibles. Si cette terreur sourde s’abattit sur toute la France et prit partout le même visage, il apparaît que son intensité varie selon les régions et atteint un niveau particulièrement dramatique au sud d’une ligne reliant l’estuaire de la Gironde à la capitale des Gaules. Le Limousin fut le théâtre privilégié de ce jeu de pancrace intestin. Déboussolée par l’affaissement de l’autorité de Vichy au profit de maquis engagés dans une lutte d’influence sans merci, terriblement éprouvée par des colonnes nazies itinérantes et ivres de sauvagerie, la région paya un lourd tribut à cette épuration sauvage et devint une sorte de «champ clos de la violence».

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Les motivations de ces actes sont peu ou prou de même extrace. Derrière la rhétorique de la défense de la liberté, elle est certes une arme politique redoutablement efficace dans un contexte de guerre civile. Pour autant, du Nord au Sud, elle dissimule un nombre incalculable de règlements de compte, de vengeances personnelles assouvies dans le plus grand désordre au nom d’un idéal politique. Le Parti communiste, plus enclin à prendre ses ordres à Moscou que d’en recevoir du gouvernement du général de Gaulle, tint un rôle particulièrement coupable dans l’attisement des passions, préalable, selon lui, à l’enclenchement d’un processus révolutionnaire. L’identité et l’appartenance sociale des victimes désignées ou choisies au hasard furent donc pour la plupart sans surprise : les «ennemis de classe», bourgeois, prêtres et infortunés possédants désignés comme collaborationnistes ou pétainistes ; les résistants gaullistes ou issus de la droite, dangereux concurrents ; les élites locales, socialistes et radicales, accusées d’avoir trahi la révolution que le Front populaire était censé inaugurer.

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A la fois séquelle de l’Occupation et revers de la Libération, l’épuration sauvage a terriblement assombri la page des années d’immédiat après-guerre comme elle a durablement meurtri la mémoire de ses victimes, souvent injustement frappées, et de leurs descendants. L’importance de cet épisode de l’histoire de France, plus grande encore dans certaines régions, a pourtant longtemps été minimisée par les historiens et le populaire. L’ouvrage de Philippe Bourdrel, loin d’être un simple inventaire régional de ce phénomène, lui donne tout son relief et lui confère enfin sa juste place dans l’histoire des années noires. »

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