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Des attentats du 11 septemchauprade-choc1bre 2001 à l’effondrement brutal des marchés financiers en 2008, l’histoire a connu une accélération foudroyante. Émergence d’une Chine aux ambitions planétaires, expansion de l’islamisme radical, révolte des peuples latino-américains, retour de la puissance russe : nous assistons à la naissance d’un monde multipolaire. « Chronique du choc des civilisations » propose un décryptage des grands évènements géopolitiques récents et des nouveaux enjeux planétaires. En resituant ceux-ci dans la « longue durée historique », il justifie son titre grâce à une grille d’analyse originale qui permet de mieux appréhender un thème autour duquel est entretenue une certaine confusion.

Comme le soulignait déjà Oswald Spengler dans son « Déclin de l’Occident » en 1928 (« L’histoire du monde est l’histoire des grandes civilisations »), Samuel P. Huntington, professeur de sciences politiques à Harvard affirme en 1993 que « la culture, les identités culturelles qui, à un niveau grossier, sont des identités de civilisation, déterminent les structures de cohésion, de désintégration et de conflits dans le monde d’après la guerre froide ».Il précise « La rivalité entre grandes puissances, est remplacée par le choc des civilisations. Dans ce monde nouveau, les conflits les plus étendus, les plus importants et les plus dangereux n’auront pas lieu entre classes sociales, entre riches et pauvres, entre groupes définis selon des critères économiques, mais entre peuples appartenant à différentes entités culturelles. »


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Aymeric Chauprade reprend la démonstration de Samuel Huntington mais montre les raccourcis et simplifications faites par l’américain qui pose notamment les civilisations comme des ensembles homogènes et unitaires, ce qu’elles ne sont pas. De la même manière son découpage du monde en neuf civilisations constitue en lui-même une instrumentalisation de la réalité civilisationnelle au service des permanences géostratégiques des Etats-Unis quand il intègre par exemple, sous le nom d’« Occident », l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord au sein d’une même communauté de destin transatlantique.

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À travers cet ouvrage illustré de nombreuses photographies souvent très spectaculaires excellemment choisies par Michel Marmin et de cartes explicatives, l’auteur nous propose alors une véritable «grille de lecture» du monde actuel et de ses fractures.

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Aymeric Chauprade : Chronique du choc des civilisations. Editions Chronique




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« Ce qui nous semble surtout à redouter aujourd’hui, c’est moins la disparition du paganisme que sa résurgence sous des formes primitives et puériles, apparentées à cette religiosité seconde dont Spengler faisait, à juste titre, l’un des traits caractéristiques des cultures en déclin. La floraison des groupes néo-païens à laquelle on assiste depuis quinze ans n’a fait que me renforcer dans ce sentiment. A elle seule, l’extrême diversité de ces groupes laisse songeur. Pour les uns le « paganisme » se ramène essentiellement à des réunions joyeuses, à des soirées sympathiques où l’on célèbre, avec quelques rituels appropriés, la vie communautaire et les plaisirs de l’existence. D’autres se regroupent au sein de véritables « Églises » ou de communautés religieuses, dont les cérémonies tiennent plutôt de l’intériorisation protestante ou néopiétiste. D’autres encore tirent le « paganisme » vers la transgression pure, allant de la « magie sexuelle » à la messe noire. Le tout s’assortit presque invariablement de rituels compliqués, d’invocations grandiloquentes, de titres ronflants. Ce qui fait que les « cérémonies païennes » peuvent aussi bien ressembler à la fête communautaire bien arrosée qu’à la méditation austère, à la « tenue » de maçonnerie de marge, à la partouze ou au bal costumé. De toute évidence, nombre de ces mouvements n’ont strictement rien à voir, sinon l’usage du mot, avec le paganisme. Quant aux groupes à vocation plus strictement religieuse, leur mode de fonctionnement les apparente souvent à des sectes. Tout en réprouvant l’hystérie antisectes à laquelle on assiste aujourd’hui, hystérie qui ne fait que rajouter à la confusion en raison des amalgames qu’elle pratique, je dois dire que je me sens personnellement assez étranger à tout cela. J’y vois beaucoup de pastiche, beaucoup de parodie, mais fort peu de paganisme !

La confusion atteint son comble avec les groupes « néopaïens », surtout anglo-saxons, qui s’inscrivent dans la mouvance du New Age. Plus ou moins issue du mouvement hippie et de la contestation californienne des années soixante, cette mouvance a pour principale caractéristique son caractère syncrétique et composite : « anything goes ». Ses thèmes principaux sont l’écoféminisme, le millénarisme du « Verseau », un penchant invincible vers toutes les formes d’occultisme et de paranormal, une aspiration à la transformation personnelle permettant à l’individu de vibrer à l’unisson de l’ « âme du monde ». Ses références sont éclectiques : la « voie du Nord » et l’ »astrologie runique » y font bon ménage avec le soufisme, la Kabbale, les spiritualités orientales, le spiritisme (rebaptisé channeling), la théosophie ou le « voyage astral ». L’idée centrale est que nous rentrons dans l’ère du Verseau qui se caractérisera par la fluidité des rapports humains et l’émergence d’une conscience planétaire. Les groupes « néopaïens », extrêmement nombreux, qui évoluent dans ce milieu, échappent rarement à ce syncrétisme, en fait un patchwork de croyances et de thèmes de toutes sortes, où l’on voit se mêler les tarots et les « charmes » karmiques , l’interprétation des rêves et les invocations à la Grande Déesse, les traditions hermétiques égyptiennes et les Upanishads, Castaneda et le Roi Arthur, Frithjof Schuon et la psychologie jungienne, le marteau de Thor et le Yi-King, la « magie thélèmite » et le yoga, l’Arbre de vie et la « transe chamanique », etc.

Dans ce fatras, tout n’est évidemment pas à rejeter, à commencer par des thèmes comme l’écoféminisme, la vision holistique des choses, le non-dualisme, etc. Mais ces thèmes sont noyés sans la moindre rigueur dans un confusionnisme débridé, fondé sur le postulat implicite de la compatibilité, voire de la convertibilité, de toutes les croyances, de toutes les sagesses et de toutes les pratiques. S’y ajoutent une débauche de bons sentiments, qui verse souvent dans l’optimisme niais dont les Américains sont coutumiers, et surtout cette croyance naïve que l’expérience individuelle est le seul critère de validation du cheminement intérieur et qu’on peut recourir à des spiritualités ready made comme à autant de recettes de bonheur et d’ »épanouissement ». En fin de compte, avec ses modes et ses engouements successifs (Hildegarde de Bingen, la divination runique, les « anges gardiens ») le New Age constitue une subculture   évoquant irrésistiblement ces croyances composites que l’on vit se développer à Rome sous l’antiquité tardive, en marge des rites officiels, et qui associaient sans plus de discernement spéculations égyptiennes ou chaldéennes, fragments de cultes orientaux, théories astrales, pratiques superstitieuses, « gnoses » d’origine iranienne ou babylonienne, oracles de toutes provenances. »

Alain de Benoist

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