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Il n’y a pas si longtemps, c’était en 1946, dans son « Gala des Vaches » Albert Paraz écrivait :

« je note ici une des licences que Céline prend avec la grammaire, à laquelle je ne m’habitue pas. Elle est pourtant logique, instinctive. C’est de considérer ON, mis à la place de nous, comme un pluriel et de l’accorder comme tel aux adjectifs.
Nous sommes foutus ou on est foutus.
Ça me rappelle quand on était gamine (maman), il me semble que le pluriel s’impose pour gamines et non pour était.
Et dans cette phrase : On est toutes bien arrivé! Il est évident que si on l’admet, et comment ne pas l’admettre, elle est courante, il faut le féminin pluriel. On est toutes bien arrivées. Un truc pour l’autoriser: disons que c’est une syllepse. »


Aujourd’hui, on a un peu l’impression que Paraz coupe ici les cheveux en quatre mais en fait il n’en est rien et il y a bien eu une époque où ce genre d’interrogation pouvait passer pour être tout à fait commune. On se demande pourtant ce que le père de Bitru penserait aujourd’hui de l’évolution de la langue et de l’orthographe. Je crois bien que ça l’emporterait encore plus vite que sa tuberculose… Je ne vais pas, là, refaire le procès de l’éducation (nationale ?), d’autres l’ont fait avant moi et avec beaucoup plus de talent… et pourquoi s’étonner quand un « film » comme « entre les murs », qui s’inspire du « livre » de François Bégaudeau, reçoit la Palme d’Or à Cannes ?… d’ailleurs, il faudrait aussi faire le procès de toutes celles et tous ceux qui détiennent le moindre parcelle de responsabilité dans la déliquescence de la langue : les journalistes, dans ce rôle sont bien placés, et je crois que jamais je n’oublierai ce canard local qui titrait sur le « Big Band » pour annoncer une exposition sur la formation de l’Univers comme si tout s’était passé en musique … et l’erreur était reprise dans le corps de l’article pour bien montrer qu’il ne s’agissait pas d’une faute de frappe… Internet aussi, et n’importe quel forum, comme si la mère du correcteur d’orthographe était encore à naître, réservent leur lot de surprises qui vont du langage sms à l’écriture phonétique la plus improbable. A mon sens, la place de choix est ici occupée par l’inénarrable «au pré à l’Able » par lequel il faut obligatoirement passer avant d’aller plus loin … on remarquera toute la valeur initiatique de la démarche et l’expression est plutôt jolie : elle me fait penser, allez savoir pourquoi, à la jument de Michao … sans doute parce qu’avec son petit poulain, elle a passé dans le pré et mangé tout le foin … ça n’en est pas moins affligeant … et je me demande bien ce que le pauvre Able a fait pour mériter ça…

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