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« La tyrannie médiatique [Polémia. La tyrannie médiatique.] n’est pas un libelle contre les médias ou le traitement de l’information; c’est plutôt une attaque vigoureuse, éclairante et intelligente envers un « agir communicationnel » à velléité totalitaire qui « est […] l’imposition d’une grille de lecture obligée, laquelle n’est pas le fruit d’un quelconque « complot » mais bien plus subtilement -et efficacement- d’un mélange de connivences, de mimétisme et de paresse intellectuelle, sous le regard permanent et inquisitorial de l’idéologie « politique correcte ». […] Bref, la force de la tyrannie médiatique ne repose pas sur le contrôle d’un homme ou d’un groupe sur tous, mais sur l’autocontrôle des uns sur les autres. »
Ce processus de conditionnement de l’opinion explique le transfert de l’information à la communication (la nouvelle mouture de la propagande). Si « informer c’est porter à la connaissance d’autrui ds faits précis, si possible exacts et vérifiés, et replacés dans leur contexte, notamment historique et géographique, communiquer, c’est scénariser et théâtraliser des données -vraies ou fausses- dans un but idéologique, politique ou commercial ». Cela manifeste aussi la forte marchandisation du monde.
On ne veut plus dorénavant expliquer une situation donnée, car cela exigerait une formation culturelle, une curiosité intellectuelle, de la réflexion alimentée par de nombreuses lectures et, surtout, du temps libre, que des actes qui entraveraient la dévotion exclusive au nihilisme marchand (navré pour la redondance!). Faut-il après s’étonner du déclin -voulu et assumer- de la culture générale ? Il importe au contraire d’inciter nos contemporains à participer au grand bazar mondialisé et consumériste. Comment ? Par l’influence des médias, grands (dé) formateurs de comportements stéréotypés.
Polémia énonce les cinq règles de leur élaboration : le recours à l’immédiat, le primat de l’image, la suprématie de l’émotion, la systématisation de la mise en scène et la « peoplisation » (qui est le fait d’étaler et d’exposer, sciemment ou non, sa vie privée). Les médias ne s’adressent plus à nos neurones, mais visent plutôt à secouer nos tripes. C’est le règne absolu de l’événement (qu’on peut d’ailleurs susciter).
Il en ressort « une certaine artificialisation de la vie sociale » avec ses corollaires: les manipulations, « un certain catastrophisme », l’emploi -discret- de l’irrationnel (ingrédient essentiel dans la psychologie des foules) et l’existence du « couple angélisation-diabolisation« . Ce dernier point est capital: « la diabolisation est le pivot de l’instrumentalisation des esprits par les médias parce qu’elle au croisement de deux phénomènes : l’émotion et le conformisme, ou, plus exactement, la diabolisation met l’émotion au service du conformisme, c’est la médiabolisation« .

Georges Feltin-Tracol. Orientations rebelles.

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« Derrière l’apparente diversité des opinions dont se glorifient les États dits démocratiques se dressent comme des fantômes les principes obligatoires qui leur sont imposés et qu’ils imposent, sous peine d’excommunication sociale ; principes sur lesquels s’appuient, non pas les lois et les mœurs, mais l’expression qu’on leur prête.

Par exemple, il est pratiquement obligatoire de prôner l’égalité, ne fut-ce que comme un idéal, alors que les « cadres supérieurs » gagnent dix fois plus d’argent que les manœuvres et que les deux tiers des châteaux de France appartiennent à des gens qui les ont payés avec le fruit de leur spéculation. Faites ce que vous voulez, mais feignez au moins d’aspirer au nivellement général des citoyens. Sinon vous verrez la foule s’émouvoir contre vous, vos meilleurs amis vous quitteront, toutes les portes se fermeront à votre approche, vous serez classés parmi les mauvais citoyens, ou parmi les demi-fous, désignés d’avance pour les épurations futures, sur lesquelles quelques bons citoyens, emportés par leur indignation, pourraient bien anticiper.

Les autres fantômes représentent l’horreur qu’inspirent rituellement aux personnes honnêtes, tolérables et saines d’esprit toute justification des entreprises coloniales, toute restriction qu’on peut apporter à la condamnation du fascisme, toute contestation touchant l’histoire de la dernière guerre et des « crimes » auxquels elle donna lieu.

Du moment que vous n’élevez aucune objection contre l’excellence du régime parlementaire, les « droits de l’homme » tels que les conçoivent leurs défenseurs officiels, l’ignominie absolue de Mussolini et d’Hitler, les « réparations » dues au Tiers Monde, l’élévation du niveau de vie, le caractère sacré de la majorité, dans tous les domaines, la culture intellectuelle pour tous, la légitimité de la « Résistance » armée, le « bloc » de la Révolution française, la pureté de l’enfance et la générosité de la jeunesse, l’infaillibilité de la science et surtout l’égalité des races, vous pouvez être gaulliste, démocrate-chrétien, socialiste, communiste, anarchiste ou libéral, radical ou trotskiste, ce n’est plus qu’une affaire de polémique journalistique et de luttes électorales. Respectant les tabous essentiels, innommés, sous-entendus, vous demeurez dans l’ordre bourgeois, même si vous réclamez la dictature du prolétariat et l’expropriation sans indemnité des patrons, le bachot pour tous, le droit de vote aux esclaves. »

Robert Poulet, J’accuse la bourgeoisie. Copernic.

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