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Régionaliste lorrain et nationaliste français, Maurice Barrès est l’un des premiers à avoir développé une mystique nationale en se faisant le chantre, lyrique, de l’enracinement. En se définissant lui même comme le « petit neveu spirituel » de Renan, c’est dans cet esprit qu’il apprit à concilier le détachement vis à vis des dogmes et une curiosité empreinte de sympathie pour l’esprit religieux sous toutes ses formes. Ce qui nous vaudra des phrases admirables, comme celle-ci qui débute « La Colline inspirée » : « Il est des lieux qui tirent l’âme de sa léthargie, des lieux enveloppés, baignés de mystère, élus de toute éternité pour être le siège de l’émotion religieuse. »

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Il a écrit, aussi, en visionnaire : « Chaque jour on détruit ce qu’il y a sans doute de meilleur chez nous, nos jeunes paysans. On s’attache comme à plaisir à relâcher, à briser tous les liens qui attachent aujourd’hui l’enfant, et demain l’homme, à sa terre. Leur langue maternelle, ils ne la parlent plus. On leur apprend à la mépriser. Ce faisant, on ne s’aperçoit pas que ce ne sont pas les mots qu’on détruit, mais des affections vivaces et des manières profondes de sentir. »

Maurice Barrès est mort le 4 décembre 1923 à Neuilly-sur-Seine.

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« La logique de l’État-nation est une logique fermée, centralisatrice, fondée sur une souveraineté unitaire et indivisible, qui ne fait aucune différence entre citoyenneté et nationalité. Le jacobinisme en représente l’une des formes les plus typiques (…). Il y a dans l’État-nation, une forte dimension relevant de l’individuo-universalisme. Le fédéraliste et régionaliste Frédéric Amouretti mettait déjà en garde en 1900 contre ceux qui font profession de « louer l’uniformité au nom du patriotisme », y voyant une justification indirecte de l’ »uniformité internationale ». La logique de l’Empire est au contraire une logique ouverte, fondée sur la souveraineté partagée, qui attribue une large autonomie à ses différentes composantes. L’unité, dans cette perspective, ne se paie pas du prix de la suppression des différences ; l’intégration ne se ramène pas à l’assimilation. Ce sont ces principes que l’on trouve historiquement incarnés dans l’Empire romain, l’Empire Byzantin, le Saint-Empire romain germanique, l’empire des Hohenstaufen et celui des Habsbourg, voire l’Empire ottoman (avec le système du « millet », relatif aux minorités religieuses autonomes protégées) mais certainement pas dans les impérialismes modernes, qui ne sont que des nationalismes agrandis, infatués d’eux-mêmes. Dans le fédéralisme moderne, il n’y a évidemment plus d’empereur, mais c’est quand même du modèle impérial que l’on est le plus proche, et non du modèle stato-national. La construction politique se fait à partir de la base, non à partir du haut. Il y a à mon sens une très forte cohérence logique entre le fédéralisme, le principe de subsidiarité, le localisme, la défense des régionalismes et des autonomismes, les perspectives d’économie autocentrée et relocalisée, et aussi la démocratie participative (ou démocratie de base) comme meilleure façon de suppléer aux défauts de la démocratie représentative parlementaire. Drieu La Rochelle disait en 1922, dans « Mesure de la France », que l’Europe se fédérera, ou elle se dévorera, ou elle sera dévorée ». C’est également mon avis. »

Alain de Benoist. Mémoire vive . Éditions de Fallois.

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Yann Fouéré, né le 26 juillet 1910, est une des têtes pensantes du régionalisme breton, qu’il a contribué à remettre sur les rails après la guerre, et un fédéraliste européen.

Il exerça des responsabilités au sein du mouvement breton dès sa jeunesse.

En 1941, il fond et dirige le quotidien La Bretagne qui développe un point de vue régionaliste opposé au séparatisme du Parti national breton, sans contester la légitimité de Vichy . Dans l’éditorial du premier numéro il affirme : « Il n’y a pas chez nous de haine de la France. Trop d’épreuves, trop de jours de deuils et de joies vécues en commun ont forgé notre union pour que, malgré des dissentiments passagers ou des rancœurs légitimes, nous pensions à la rompre. On peut être bon Breton sans négliger du même coup d’être bon Français ».

De 1942 à 1945, il est directeur politique de La Dépêche de Brest et membre, puis secrétaire général du Comité consultatif de Bretagne auprès du préfet de région.

Arrêté en1944 et jeté en prison sous l’inculpation de collaboration, il est remis en liberté provisoire un an plus tard mais devant la fureur de ses ennemis. il préfère fausser compagnie à ses juges et se réfugie au Pays de Galles, puis en Irlande . En 1946, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité par contumace et à la dégradation nationale. En 1955, à la suite d’un changement de compétence des juridictions, il rentre en France et demande réparation. Un tribunal militaire révise son procès et l’acquitte purement et simplement. Yann Fouéré n’est pourtant pas au bout de ses peines et on ne lui épargne aucune tracasserie . En 1969, accusé d’être le véritable chef du Front de libération de la Bretagne (FLB) on perquisitionne chez lui, sans résultats. En 1971, il se voit refuser le renouvellement de son passeport sous le prétexte que l’octroi d’un passeport n’est pas une obligation, mais une libéralité gracieuse de l’administration. Un peu plus tard, on fait pression sur la Commission européenne pour amener celle-ci à lui interdire de prendre la parole à un colloque de l’Union fédéraliste européenne à Bruxelles.

Yann Fouéré est un des animateurs du Mouvement pour l’organisation de la Bretagne (MOB), créé en 1957,

En 1961, il fonde sur l’Ile de Rhos au Pays de Galles, la Celtic League (Ligue celtique), mouvement visant à fédérer les différents partis nationalistes des régions. Par la suite, il sera co-fondateur avec Guy Héraud du Parti fédéraliste européen de France, et un des animateurs de l’Union fédéraliste des communautés ethniques européennes.

Dans les années 1970, il anime le parti Strollad ar vro. En 1975, il est arrêté pour les attentats du FLB-ARB. Il est libéré en décembre 1976. De 1982 à 2005 il est actif au POBL (Parti pour l’organisation d’une Bretagne libre) Il lance finalement la Fondation Yann Fouéré : http://www.fondationyannfouere.org/

L’Europe aux cent drapeaux

L’ouvrage de Yann Fouéré ayant eu le plus d’influence est L’Europe aux Cent Drapeaux. Il s’agit d’un essai politique préconisant l’organisation de l’Europe sur une base fédérale, fédération basée non plus sur les États-nations historiques qui auraient atteint leur apogée au XIXe siècle avant d’outrepasser au siècle suivant leur rôle, leurs pouvoirs et leur utilité, mais sur les communautés humaines fondamentales que sont les régions et les « nations vraies » de notre continent. Cet ouvrage a profondément marqué la pensée fédéraliste européenne et sert de base commune à la philosophie politique fondamentale des mouvements de contestation et de libération qui agitent les régions et les peuples de l’Europe à la recherche de leur identité. Il a conduit, plus récemment, à la création à Bruxelles du Bureau permanent des nations européennes sans État. On doit noter aussi l’influence de ce livre sur toute une partie de la mouvance identitaire française.

On est très fier d’honorer Yann Fouéré qui, après une vie tellement bien remplie, fête aujourd’hui ses 99 ans.

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