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« Derrière l’apparente diversité des opinions dont se glorifient les États dits démocratiques se dressent comme des fantômes les principes obligatoires qui leur sont imposés et qu’ils imposent, sous peine d’excommunication sociale ; principes sur lesquels s’appuient, non pas les lois et les mœurs, mais l’expression qu’on leur prête.

Par exemple, il est pratiquement obligatoire de prôner l’égalité, ne fut-ce que comme un idéal, alors que les « cadres supérieurs » gagnent dix fois plus d’argent que les manœuvres et que les deux tiers des châteaux de France appartiennent à des gens qui les ont payés avec le fruit de leur spéculation. Faites ce que vous voulez, mais feignez au moins d’aspirer au nivellement général des citoyens. Sinon vous verrez la foule s’émouvoir contre vous, vos meilleurs amis vous quitteront, toutes les portes se fermeront à votre approche, vous serez classés parmi les mauvais citoyens, ou parmi les demi-fous, désignés d’avance pour les épurations futures, sur lesquelles quelques bons citoyens, emportés par leur indignation, pourraient bien anticiper.

Les autres fantômes représentent l’horreur qu’inspirent rituellement aux personnes honnêtes, tolérables et saines d’esprit toute justification des entreprises coloniales, toute restriction qu’on peut apporter à la condamnation du fascisme, toute contestation touchant l’histoire de la dernière guerre et des « crimes » auxquels elle donna lieu.

Du moment que vous n’élevez aucune objection contre l’excellence du régime parlementaire, les « droits de l’homme » tels que les conçoivent leurs défenseurs officiels, l’ignominie absolue de Mussolini et d’Hitler, les « réparations » dues au Tiers Monde, l’élévation du niveau de vie, le caractère sacré de la majorité, dans tous les domaines, la culture intellectuelle pour tous, la légitimité de la « Résistance » armée, le « bloc » de la Révolution française, la pureté de l’enfance et la générosité de la jeunesse, l’infaillibilité de la science et surtout l’égalité des races, vous pouvez être gaulliste, démocrate-chrétien, socialiste, communiste, anarchiste ou libéral, radical ou trotskiste, ce n’est plus qu’une affaire de polémique journalistique et de luttes électorales. Respectant les tabous essentiels, innommés, sous-entendus, vous demeurez dans l’ordre bourgeois, même si vous réclamez la dictature du prolétariat et l’expropriation sans indemnité des patrons, le bachot pour tous, le droit de vote aux esclaves. »

Robert Poulet, J’accuse la bourgeoisie. Copernic.

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« Du moment que vous n’élevez aucune objection contre l’excellence du régime parlementaire, les « droits de l’homme » tels que les conçoivent leurs défenseurs officiels, l’ignominie absolue de Mussolini et d’Hitler, les « réparations » dues au Tiers Monde, l’élévation du niveau de vie, le caractère sacré de la majorité, dans tous les domaines, la culture intellectuelle pour tous, la légitimité de la « Résistance » armée, le « bloc » de la Révolution française, la pureté de l’enfance et la générosité de la jeunesse, l’infaillibilité de la science et surtout l’égalité des races, vous pouvez être gaulliste, démocrate-chrétien, socialiste, communiste, anarchiste ou libéral, radical ou trotskiste, ce n’est plus qu’une affaire de polémique journalistique et de luttes électorales. Respectant les tabous essentiels, innommés, sous-entendus, vous demeurez dans l’ordre bourgeois, même si vous réclamez la dictature du prolétariat et l’expropriation sans indemnité des patrons, le bachot pour tous, le droit de vote aux esclaves. »

Robert Poulet, J’accuse la bourgeoisie.

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Depuis près d’un siècle, on injecte à notre peuple une morale où ce qui est résistant est appelé « tendu », où ce qui est fier est appelé « hautain », où l’indignation est appelée « mauvais caractère », où le juste dégoût est appelé « agressivité », où la clairvoyance est appelée « méchanceté », ou l’expression de ce qui est appelé « inconvenance »; où tout homme qui se tient à des principes et dit non est décrété « impossible »; où tout homme qui sort du conformisme est « marqué » (comme on dit dans le langage du sport); où la morale se réduit presque uniquement à être « bon », que dis-je, à être « gentil », à être aimable, à être facile; où la critique se réduit à chercher si on est moral, et moral de cette morale là. Avec cela, le christianisme ou ses séquelles, l’humanitarisme, le pacifisme, l’irréalisme, la place donnée aux «affaires de cœur », un énervement systématique et sans cesse plus accentué de la justice, et vous aurez la morale, je veux dire le glaire horrible dégluti par l’école, par le journal, par la radio, par le ciné, par la tribune et par la chaire, et dans lequel baigne et marine notre malheureux peuple depuis nombre de générations. Étonnez vous après cela qu’il flanche, pour le petit et pour le grand !
Henri de Montherlant « L’équinoxe de septembre »
DSCF1094
« Depuis que les naïfs croient, avec de l’instruction, des explications, un « conditionnement » progressif et scientifique, élever le goût populaire, celui-ci n’a cessé de baisser. Il ne se concevait qu’aux approches immédiates de la Nature ou dans la dépendance et l’imitation d’une aristocratie. Le peuple livré à lui même aime le bas et le plat dont on aura beau tenter de l’écarter. Au mieux, il rejoindra péniblement, au niveau du médiocre, l’esprit bourgeois, dont il rêve, et qui n’est pas autre chose que son rêve idéalisé »
Robert Poulet «Contre l’amour, la jeunesse, la plèbe »
P4110040
« L’âme des prolétaires : une envie …
L’âme des bourgeois : une trouille. »
Céline « L’école des cadavres ».
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