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indo-européens

« La lutte pour les « patries charnelles » ne relève pas de la frigide rationalité, mais de la passion, de la volonté et du rêve de quelques hommes, à la fois activistes et poètes, qui ont la nostalgie d’un devenir identitaire. Comme tous les poètes, ces hommes sont des rebelles. Ils refusent le carcan des géométries abstraites qui séparent arbitrairement des communautés de culture et de destin. Ils contestent la loi imposée du dehors et participent au mot d’ordre du Sinn Fein, lequel signifie « nous-mêmes ». Rebelles, ils s’insurgent contres les humiliations imposées par les États modernes négateurs des identités, méprisant des anciennes allégeances et suspicieux à l’égard de la permanence des différences. Poètes fraternels, porteurs de la « longue mémoire », ils s’insurgent contre l’amnésie imposée et se lèvent au nom de peuples qui ne se souviennent plus très bien et chez lesquels, dans le secret d’une langue partagée, ils réveillent des rêves anciens et des rites perdus, parfois plus que millénaires.[…] Chez Saint-Loup, l’apologie des « patries charnelles » est inséparable d’une vision païenne de l’histoire et du vivant. Pour lui, les peuples participent au « chant de la terre » et portent en eux leur propre transcendance. »

Jean-Jacques Mourreau. Rencontres avec Saint-Loup.

orelie
Le 22 août 1858, Antoine de Tounens, obscur clerc de notaire à Périgueux, débarque à Coquimbo (Chili).De 1860 à 1862, il régnera sur l’Araucanie et la Patagonie sous le nom d’Orélie-Antoine 1er. Son aventure sera retracée par Saint-Loup (« Le Roi blanc des Patagons ») et par Jean Raspail (« Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie ») qui immortaliseront ainsi cette magnifique figure d’aventurier.
Cet anniversaire nous permet de mesurer la petitesse de notre époque qui s’effraie de la stature des héros, et de celle de nos dirigeants qui pratiquent allègrement l’inversion des valeurs essentielles.N’en doutons pas, ces pantins dangereux sont les mêmes que ceux qui firent interner Antoine de Tounens, roi d’Araucanie et de Patagonie pour la seule raison qu’il était prêt à donner sa vie pour ses rêves.
Alors nous vient souvent l’envie d’avoir en nous une sorte d’Île bleue, un espace où il fait bon se réfugier. Où les rêves, l’aventure, la beauté, l’humour, la légèreté, l’effort, le courage et l’honneur sont de pratique courante et non ostentatoire. Nous sommes bon nombre, gens de bonne compagnie, à penser qu’à cet espace correspond un Royaume, celui de Patagonie dont nous sommes les libres et fidèles sujets.

ruines

« On me dit pessimiste. Mais je pourrais faire à ceux qui portent ce jugement la réponse d’Oswald Spengler : « Seuls ceux qui sont d’hier me traitent de pessimiste ».
L’un des éléments de l’amitié sans nuages qui nous a unis, Saint-Loup et moi-même, est notre absence commune d’illusions sur les potentialités du présent et notre non moins commune foi en la victoire finale des lois de la nature et de la vie sur les bulles creuses des idéologies à la mode. Mais être sans illusions sur les potentialités du présent ne consiste pas seulement à voir les forces de dissolution à l’oeuvre et la croissante veulerie de leurs victimes, c’est aussi comprendre la nécessité du processus mortel, c’est aller jusqu’au bout dans l’acceptation de l’inévitable, c’est en tirer les conséquences de l’action : la préparation de notre résurgence au-delà de la liquidation méritée d’un monde volontairement aveugle et installé dans la superficialité, le mensonge et la capitulation. »

Robert Dun. Rencontres avec Saint-Loup.

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« Le paganisme -tout au moins le paganisme tel que, d’abord, je le ressens et tel que, ensuite, je le comprends (après l’avoir réellement intériorisé au contact de Saint Loup)- m’apparaît comme beaucoup plus qu’un regard qui embrasse le monde, ce regard fut-il d’explication, de réconciliation ou d’harmonisation. Aux moments de recueil, d’études mais aussi d’interrogation sur l’avenir : devenir de nos peuples menacés sur leur sol et dans leur sang, il m’emplit chaque fois de nouvelles espérances et de nouvelles certitudes et je l’éprouve alors dans l’apaisement infini du regard souverain qui restitue dans sa pensée et ré-installe dans son harmonie originelle tout ce que vingt-et-un siècles de dérive obscurantiste, de rupture dualiste et d’éradication égalitariste ont extirpé des matrices naturelles, amputé, mutilé, jusqu’à criminaliser aujourd’hui les peuples qui ont encore conscience de leur identité ou à diaboliser les cultures qui veulent vivre leur originalité ; regard qui monte des racines, qui relie le droit du sol à la loi du sang, regard identitaire qui nous réapprend que la dignité de l’homme n’est concevable que dans le respect imprescriptible de ses différences et, à cause de cela même, regard du sang qui se métamorphose en esprit, dit Nietzsche, regard de l’esprit et du sang, dit Knut Hamsun, enclin alors à deviner et à saisir, plus loin que soi, la « fibre nerveuse qui unit l’homme à l’univers et aux éléments » car une race regarde le monde avec les yeux de ses mythes, écoute ses dieux avec les oreilles de ses archétypes, parle aux arbres, aux bêtes et aux hommes dans la langue ancestrale de sa culture. Mais je ressens aussi le paganisme comme le regard que la nature se porte à elle-même quand ses dieux, dont les actes miment et répètent les archétypes de l’harmonie primordiale, dévoilent à la conscience des hommes les lois qui fondent l’ordre du monde. Autant dire que le paganisme m’apparaît comme un élément constitutif du monde et de la vie.»

Pierre Krebs

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feu de camp

« Jamais il n’aurait cru que, dans ce siècle de fer, quelques garçons et filles puissent, avec des moyens aussi primitifs qu’un feu de bois, des instruments simples et un chœur assez hésitant, revenir à des sources de poésie aussi fraîche. […] Ce qu’il ne savait pas, c’est que ce petit groupe réuni là, devant lui, venait de renouer avec le paganisme, avec les dieux du feu, de la pierre, du soleil. Ils préparaient le renouveau du culte du gui et des sacrifices… On ne pouvait pas s’y tromper. Ce qui redescendait dans l’âme de ces jeunes, appauvrie par des siècles de christianisme, par le complexe d’infériorité de la Croix, c’était un renouveau de la religion primitive des Gaulois, celle qui était faite pour l’homme des Gaules. Sans doute cet homme des Gaules avait-il suivi une fausse piste, il s’était mélangé aux peuples les plus divers. Mais l’étincelle n’était pas morte. Olivier le sentait […]. Il avait sous les yeux ces jeunes visages empreints d’une gravité non pas mélancolique, non pas sentimentale, mais religieuse. C’était la minute de Dieu sous sa forme la plus simple, la plus directe, le feu, le chant et la nuit. »

Saint-Loup, Les Copains de la belle étoile.

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16 décembre 1990 : mort à Paris de Saint-Loup, de son vrai nom Marc Augier

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Alpiniste, motard, explorateur ou soldat perdu, Saint-Loup, pseudonyme de Marc Augier (19 mars 1908 – 16 déc. 1990), s’est lancé à corps perdu dans toutes les aventures de ce siècle. Militant de gauche et pionnier des Auberges de Jeunesse, ayant rejoint les rangs de la LVF sur le front de l’Est tout en se démarquant de l’idée d’une Europe une-et-indivisible à la mode jacobine telle que la voyaient les dirigeants du Reich national-socialiste, il mènera après la Seconde Guerre mondiale une carrière de journaliste et d’écrivain. Magnifique romancier à l’imagination fertile, ce chouan moderne avait fait de la matière historique une vision épique : il inventa littéralement une Europe des “Patries charnelles”, autrement dit une Europe des régions, pour laquelle chaque province d’Europe « recevait son autonomie culturelle totale et restait dépendante de la fédération pour l’économie, la politique étrangère et la défense ».

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« Le paganisme -tout au moins le paganisme tel que, d’abord, je le ressens et tel que, ensuite, je le comprends (après l’avoir réellement intériorisé au contact de Saint Loup)- m’apparaît comme beaucoup plus qu’un regard qui embrasse le monde, ce regard fut-il d’explication, de réconciliation ou d’harmonisation. Aux moments de recueil, d’études mais aussi d’interrogation sur l’avenir : devenir de nos peuples menacés sur leur sol et dans leur sang, il m’emplit chaque fois de nouvelles espérances et de nouvelles certitudes et je l’éprouve alors dans l’apaisement infini du regard souverain qui restitue dans sa pensée et ré-installe dans son harmonie originelle tout ce que vingt-et-un siècles de dérive obscurantiste, de rupture dualiste et d’éradication égalitariste ont extirpé des matrices naturelles, amputé, mutilé, jusqu’à criminaliser aujourd’hui les peuples qui ont encore conscience de leur identité ou à diaboliser les cultures qui veulent vivre leur originalité ; regard qui monte des racines, qui relie le droit du sol à la loi du sang, regard identitaire qui nous réapprend que la dignité de l’homme n’est concevable que dans le respect imprescriptible de ses différences et, à cause de cela même, regard du sang qui se métamorphose en esprit, dit Nietzsche, regard de l’esprit et du sang, dit Knut Hamsun, enclin alors à deviner et à saisir, plus loin que soi, la « fibre nerveuse qui unit l’homme à l’univers et aux éléments » car une race regarde le monde avec les yeux de ses mythes, écoute ses dieux avec les oreilles de ses archétypes, parle aux arbres, aux bêtes et aux hommes dans la langue ancestrale de sa culture. Mais je ressens aussi le paganisme comme le regard que la nature se porte à elle-même quand ses dieux, dont les actes miment et répètent les archétypes de l’harmonie primordiale, dévoilent à la conscience des hommes les lois qui fondent l’ordre du monde. Autant dire que le paganisme m’apparaît comme un élément constitutif du monde et de la vie.»

Pierre Krebs

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« En octobre 1941, j’étais seul ou presque seul au sommet du Mont Blanc, riche de toute ma solitude virile ; pendant l’été 1942, j’étais simple légionnaire, une unité inconnue du 1er bataillon ; ma vie s’articulait sur des centaines de vies qui m’étaient absolument étrangères. De ces deux états pourtant absolument contradictoires, la crête et le creux de la vague, je tirais des joies puissantes. Oh la beauté d’une solitude de l’homme sur le plus haut des sommets de l’Europe… Oui mais quelle joie, quelle richesse de n’être plus rien dans une foule, rien qu’un homme chargé de sacs, de fourbis, de fers, et qui marche, qui marche… Le bataillon s’enfonce dans le Sud, longue chenille aux mille pieds qu’une même vie anime d’un même rythme, des pieds qui se posent exactement dans les mêmes traces tandis que huit cents gorges respirent à la même cadence ou chantent la même chanson… Joie puissante de s’intégrer à la communauté, joie inégalable d’être la parcelle d’un grand être, d’avoir dépouillé son orgueil, de n’être plus qu’un soldat « à qui rien n’appartient ». N’être rien, Monsieur zéro. Comme cela est reposant ! »

Saint-Loup. Les Partisans.

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J’ai reçu ces « Rencontres avec Saint-Loup » pour un prix tout à fait correct. Bel ouvrage, qui semble passionnant et que je cherchais depuis quelques temps déjà. Merci à Philippe qui a eu la gentillesse de me prévenir.

Rencontres.Document numérisé

 

Pour l’occasion, ces dernières lignes d' »Une moto pour Barbara », qui contiennent l’espoir dont on a besoin aujourd’hui :

« A l’aube du septième jour depuis son départ du col, il lui sembla distinguer au ras de la glace une ligne sombre, comme si se révélait l’océan Arctique où montait vers elle un nouveau blizzard. Avec des gestes de rêve, elle sortit les jumelles d’une sacoche et en régla l’optique. Elle reconnut dans cette ligne sombre une forêt. Dominant la forêt apparaissait un arbre de dimensions gigantesques. Elle pensa qu’il s’agissait d’Yggdrasill, l’arbre du monde, dont l’oncle Janus lui avait parlé et sous lequel il devait la conduire un jour, pour l’abandonner au bras du Chevalier Blanc, afin qu’elle assume, avec lui, son éternité selon la race. C’était un chêne-mutant qui, d’après la place occupée par lui dans les oculaires de ses jumelles, devait avoir déjà plusieurs centaines de mètres d’altitude et couvrir de ses ramures une dizaine d’hectares au moins. Barbara comprit qu’elle se trouvait en vue de Nouvelle Thulé, point de l’univers qui se trouvait en même temps au COMMENCEMENT et à la FIN, vivant avec mille ans d’avance sur le reste de l’humanité, l’Age d’Or où, de nouveau, les hommes, les bêtes et les arbres s’aimaient. Alors, elle pleura et se réjouit. »

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Jean-Jacques Matringhem : « Contre le cosmopolitisme et le métissage généralisé, Saint-Loup propose cette forme d’ethno-différencialisme qu’est le concept de « patrie charnelle » : une communauté ethniquement homogène sur un territoire délimité par l’histoire, la langue et les coutumes. Cette notion politique permet, bien mieux que l’état-nation ou le concept universaliste de « citoyen du monde » de préserver les différences, ou pour mieux dire, les identités. La patrie charnelle est le rempart à l’impérialisme et à l’uniformisation, fille perverse du multiculturalisme ultra-libéral. »

Philippe Randa écrit : « L’œuvre de Saint-Loup qui me fut une révélation -le mot n’est pas trop fort- est le cycle des patries charnelles. C’est lui qui devait me faire prendre conscience de la nécessité d’une Europe des ethnies -l’Europe aux cent drapeaux!- seul rempart contre l’avènement d’un grisâtre cosmopolitisme . »

Pour Jean-Jacques Mourreau : « la lutte pour les patries charnelles ne relève pas de la frigide rationalité, mais de la passion, de la volonté et du rêve de quelques hommes, à la fois activistes et poètes, qui ont la nostalgie d’un devenir identitaire. »

Jérôme Bourbon, directeur actuel de Rivarol, est, lui, complètement réticent : « On le sait, car il s’agit d’un vieux débat, l’exaltation du paganisme, de l’européanisme, du révolutionnarisme, du séparatisme régionaliste est à l’évidence aux antipodes du nationalisme à la française dont les références principales, sinon exclusives, sont capétiennes et chrétiennes. Mais de plus, et l’on rejoint là un débat très actuel, le mondialisme n’a-t-il pas aujourd’hui intérêt à promouvoir, fut-ce artificiellement, tous les régionalismes et les irrédentismes afin d’affaiblir l’État-nation, structure la mieux adaptée pour résister à toutes les agressions tant intérieures qu’extérieures ? »

Francis Bergeron, l’auteur du « Saint-Loup. Qui suis-je ? » chez Pardès abonde dans le sens de Bourbon : « le thème de la résurrection de patries charnelles dressées contre les États paraît aujourd’hui illisible quand l’uniformisation d’un monde devenu quasiment unipolaire menace tous les États. »

Aymeric Chauprade prend le contrepied : « Les capitalistes de Londres et de New York contribueront au déchaînement des nationalismes continentaux (français, allemand, russe) dont le seul but est de ruiner le projet européen (de la France jusqu’à la Russie) par crainte de voir le développement européen abattre la domination anglo-saxonne. »

Tandis que Pierre Vial prend lui aussi position pour « les patries charnelles qui heurtent le nationalisme hexagonal de l’auteur [Francis Bergeron], par ailleurs dubitatif sur la réalité de leur existence, alors qu’elles sont selon nous le seul mythe fondateur capable de résister au mondialisme, sur l’air bien connu du « vivre et travailler au pays »… »

Georges Feltin-Tracol ne dit pas autre chose : « j’exècre l’actuelle U.E. Atlantiste, libérale, bureaucratique, centralisatrice, soumise au Diktat du marché et pétrie de l’idéologie totalitaire des droits de l’homme parce que je suis européiste, identitaire et fédéraliste. Les souverainistes l’accusent d’être « fédérale ». C’est faux. Elle est en réalité « jacobine » puisqu’elle veut abolir toutes les différences substantielles. Conçue et promue par les atlantistes, les mondialistes et les technocrates, l’U.E. N’est qu’une parodie sinistre de l’idée européenne. Souhaitons lui une fin rapide ! D’autres élites, identitaires et alter-européennes celles-là, la refonderont sur des fondements plus réels. »

Entre les deux courants, j’ai fait mon choix depuis longtemps …

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