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Passionnés d’indépendance, les Celtes ont toujours répugné à donner à certains de leurs dieux des fonctions de « chef des dieux » (et cette attitude implique le respect de la hiérarchie des valeurs en même temps que le refus de la hiérarchie des autorités), mais s’il est impossible de désigner un chef au panthéon des Gaulois, on peut, au moins, dégager une déité particulièrement prestigieuse. Ce dieu symbole, c’est Lug.

Il est le successeur « perfectionné » de Dagda (« dieu bon ») qui figurait principalement les réussites de l’agriculture et des divers métiers artisanaux qui naissent de cette richesse agricole (et qui survivra quand même en Gaule sous le nom de Sucellos). Lug représente un stade plus avancé de la société celtique, un artisanat plus élaboré, et l’aspect intellectuel et spirituel d’une culture atteignant son apogée.

Car il est la représentation de la lumière physique des étoiles de notre galaxie (les Irlandais nomment la Voie Lactée la « Chaîne de Lug ») autant que de la lumière de l’intelligence, de la raison et du langage qui les expriment. Lug est le propre frère du Logos des Grecs (pensée, raison, verbe) qui est l’autre nom d’Hermès (César assimile Lug à Mercure) et le père direct du latin Lux (lumière). Voici donc le symbole que les Gaulois avaient mis au dessus de tous les autres : la raison, la reflexion, la création et l’expression. Lug est le symbole même de la civilisation.

Le second dieu cité par César est Bélénos assimilé à Apollon : symbole de la lumière solaire (non du soleil lui même) il apparait comme le complément de Lug la lumière stellaire. Symbole d’harmonie et de beauté, il est le maître des beaux arts et de la guérison.

Par Lug et par Bélénos, la Gaule veut démontrer la primauté de la méditation, de l’intuition, de l’invention, du raisonnement et de l’esthétique sur toutes les autres préoccupations humaines.

Pour ne pas trop négliger le monde au profit des étoiles et ne pas oublier la sécurité pour les plaisirs de l’esprit, troisième dieu du panthéon, Mars le guerrier apporte son soutien. Mars, c’est Teutatès, le père de la tribu. Il est un fait historique, une réalité humaine : le pays de nos pères —–> Teutatès ne légitime que la guerre patriotique, pour la protection du patrimoine ancestral et le maintien de la personnalité ethnique.

Représentant la Patrie, Teutatès n’est pas nécessairement guerrier. En temps de paix, il devient protecteur, bâtisseur, législateur, industrieux. En temps de paix, il est le premier « serviteur » de Lug et Bélénos mais en temps de guerre, il devient la Nation en armes tandis que Lug lui même saisit sa lance et n’est plus que capitaine.

Mars, c’est aussi Ogmios, l’inventeur de l’alphabet ogamique mais aussi l’équivalent de l’Irlandais Ogma, « homme fort » à la bataille de Mag Tured, ce qui le rapproche d’Hercule, et parce qu’il porte aussi peau de lion, massue, arc et carquois. Surtout, il est celui qui entraîne une foule d’hommes joyeux par de fines chaînes qui relient leurs oreilles à sa langue (les Celtes donnent à Hercule le surnom de Logos) : Ogmios exprime la puissance déterminante de la parole pour entraîner les hommes au combat : il convainc, enthousiasme, enflamme; il réclame leur adhésion spirituelle à l’entreprise guerrière (alors que Mars se contente de donner des ordres).

Après Mars, Jupiter auquel César assimile Taran ou Taranis, dieu du tonnerre et de la foudre, cousin du Donar-Thor des Germains.

Cinquième divinité citée par César, la Minerve gauloise était Belisama, déesse du feu domestique, patronne des forgerons et autres artisans du métal, du verre, etc. Déesse guerrière car ayant le premier rôle dans la fabrication des armes. Mais surtout elle est d’origine solaire.

Pour les Celtes, le chiffre 3 est symbole d’équilibre et d’harmonie (accomplissement de l’homme : harmonisation de ses 3 constituants -corps, esprit, âme- ou -instinct, intelligence, intuition-) et Cernunnos qui est parfois représenté tricéphale, serait alors la suprême sagesse. Et les attributs animaux seraient là pour montrer que le sage a conscience de l’animalité qui est en l’homme et qu’il convient de prendre appui sur elle, de l’assûmer, de l’élever et de la sublimer.

Parfois représenté avcec Bélénos et Lug (Apollon et Mercure), il pourrait représenter la puissance solaire, fécondante, dont les deux sont les compagnons naturels. En outre, Bélénos étant la raison et l’esthétique et Lug la lucidité et l’ingéniosité, Cernunnos parachèverait la triade en représentant la sagesse et la philosophie.

Esus, dont ne parle pas César mais dont parle Lucain, est formé de la racine EIS qui contient l’idée essentielle de « jaillissement ». Esus serait donc la force attractive, agent moteur des mondes et des êtres et, partant, c’est toute l’énergie créatrice, l’amour procréateur, c’est tout ce qui jaillit avec force du sein des êtres, la source qui bondit au sortir de la roche, la semence qui jaillit de l’homme, l’arbre qui surgit de la terre. Origine de toute vie, de toute passion, de tout mouvement.

Aux lourdauds dieux romains, la Gaule oppose donc Lug, artisan, poète et chercheur, créateur amoureux de la chose bien pensée, bien dite et bien faite. Et puis Bélénos, son jeune frère en lumière, prince des esthètes et faiseur de santé, dispensateur d’harmonie, de beauté, de couleur et de fantaisie. Et encore Teutatès, le père de la Nation, le rassembleur des patriotes, celui qui entend préserver la personnalité nationale de tous les niveleurs de peuples, enragés d’uniformiser le monde. Et puis enfin Esus, patrice (masculin de matrice) des univers et principe de toute vie, celui qui, par excellence, « ne connait pas de lois ».

Enfin « dis pater » dont tous les Gaulois se disent issus ne serait que la transposition poétique d’un fait de civilisation. Les Gaulois, au lieu de dire « nous sommes les plus avancés dans la science agronomique, nous savons amender les terres par la marne et la chaux et nous avons inventé les moyens de retourner convenablement l’humus. Ceci est la source de nos richesses; elle nous vient de nos défunts ancêtres qui, durant des générations, ont perfectionné notre agriculture, en ont vécu et nous ont légué leurs champs et leur habileté à faire jaillir la vie du monde souterrain » préféraient dire « nous sommes les fils de Dis Pater, les enfants d’Hadès ».

Source : Pierre Lance, Alésia, un choc de civilisations. Presses de Valmy.

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Contrairement aux fêtes pré-celtiques à détermination solaire et qui reviennent à dates fixes (solstices et équinoxes) les autres fêtes, celto-druidiques, qui marquent le début des saisons sont à détermination lunaire, c’est à dire que la date de leur célébration est choisie en fonction des cycles de la lune.

En ce qui concerne Lugnasad, qui débute l’Automne, la fête devrait être célébrée à la Pleine Lune se rapprochant le plus du 1er aout (« lune noisette »), date en fait souvent matériellement retenue pour plus de commodité.

Selon des sources essentiellement irlandaises, chez les Celtes anciens, Lugnasad semble être un divertissement collectif de plein air où toutes les classes sociales sont tenues de participer, et constitue aussi une trêve militaire puisque les guerriers y viennent sans armes.

On s’y livre à des courses de chevaux, d’hommes et de femmes. C’est d’ ailleurs lors d’une telle occasion que la déesse Macha, qui était alors enceinte et que l’on contraignit d’affronter les chevaux du roi à la course, donna naissance à deux jumeaux, après sa victoire, et lança sa fameuse malédiction contre les Ulates qui, excepté Cuchulainn, allaient alors souffrir périodiquement les souffrances de l’enfantement durant 5 nuits et 4 jours.

La foule s’y presse compacte, pour assister à des luttes et à des régates, à des expositions de chefs d’œuvre et à des tournois d’échec (on se souviendra au passage qu’après son admission au festin, Lug bat le roi Nuada aux échecs…), ainsi qu’a des concours d’éloquence et de musique.(symboliquement, par sa victoire, Lug l’artisan s’approprie la marche complète du monde et le vieux roi, Nuada, l’accueille alors à la place d’honneur et lui transmet son pouvoir).

La fête est prétexte à une grande foire qui perdura longtemps et dont on trouve encore quelques exemples aujourd’hui, où se vendent et s’achètent toutes sortes de biens et produits, y compris des concubines comme le rapporte Henri Hubert.

On y célèbre aussi des mariages et l’on y conclue des alliances. Mais surtout on y réparti tous les biens de consommation et de production issus de ce qui appartient à la collectivité, et non au seul individu, en fait toutes les richesses du royaume : terres, produits de le terre, bétail, etc.

C’est le roi qui se chargeait de cette redistribution et de cette répartition en sa qualité de Distributeur. L’enrichissement personnel en général était considéré comme une tare par nos ancêtres, mais c’était encore beaucoup plus grave en ce qui concernait le Roi Distributeur des biens, et le fait de garder pour lui ces richesses était considéré comme un crime et puni de la peine de mort.

De la même manière et par extension, le roi était le garant de la richesse et de la productivité du territoire dont il avait la charge, une série de mauvaises récoltes entrainait sa responsabilité, sa destitution et son exécution si sa responsabilité volontaire (circonstance aggravante) était reconnue.

Lugnasad est placé sous le signe zodiacal du Lion qui représente la culmination végétale, la plénitude du fruit, toute magnificence ou maturité sous le plus éclatant soleil de l’année. Psychologiquement il est le signe de la pleine affirmation de l’individualité, de la volonté et de la conscience du « je ». Le feu fixe du Lion est l’expression d’une force maitrisée, d’une énergie lumière disciplinée, d’un feu individualisé, consacré aux puissances du Moi, de la volonté dirigée, force centrale régulatrice et irradiante de vie, de chaleur, de lumière et d’éclat. C’est un signe solaire.

Cette fête correspond à la maturité de tous les fruits et c’est à ce moment là que la terre et la végétation sont à leur maximum de fructification. C’est la dernière fête de l’abondance, les dernières récoltes, la Fête des Moissons et sa plante symbolique est le blé qu’on consomme pour la circonstance sous diverses formes : bouillies, pains, gâteaux,etc.

Le grain de blé enfoui dans la terre meurt en hiver pour renaitre au printemps et porter les épis de l’été, et symbolise le cycle éternel de la vie et de la mort, ainsi que celui des transformations.

Lugnasad signifie l’Assemblée de Lug et ce dernier apparait sous trois aspects : Il est d’abord le dieu solaire qui féconde la nature. A ce niveau il est source de vie que ce soit au plan matériel, psychologique ou spirituel et à ce titre il occupe une place importante dans le monde des dieux et des humains.

Mais à côté de cette apparence lumineuse, il présente aussi un aspect obscur quasi lunaire et parfois redoutable. Il est un dieu chthonien, dieu de la terre et du monde souterrain (son oiseau est le corbeau)

Enfin il est le dieu des arts et techniques, dans lesquels il excelle tous à la fois.

Certains considèrent donc Lug comme le Dieu des Dieux mais Pierre Lance (« Alésia, un choc de civilisations »), même s’ il voit bien dans Lug un dieu prestigieux, estime que les celtes étaient trop passionnés d’indépendance pour accepter de donner à certaines de leurs divinités des fonctions de « chef des dieux ». Il est donc « inutile de chercher dans ce panthéon l’équivalent d’un Zeus potentat. Et s’il faut traduire en termes socio politiques cette attitude spirituelle, je dirais qu’elle implique le respect de la hiérarchie des valeurs en même temps que le refus de la hiérarchie des autorités ». Lug symbole même de la civilisation, « artisan, poète et chercheur, créateur amoureux de la chose bien pensée, bien dite et bien faite » illustrerait donc les valeurs que les celtes mettaient au dessus des autres, c’est à dire l’intelligence, la raison, la réflexion, la création et l’expression.

Le fait que ce soit un dieu tri fonctionnel peut indiquer qu’en temps normal, la primauté de ces valeurs était respectée par tous les membres de la société. Mais en période plus chaotique, il semble dans cette optique bien évident qu’il était toujours possible d’appeler à la rescousse une divinité plus exclusivement spécialisée, par exemple Teutates en temps de guerre.

Quand il voulut participer à un grand festin donné par Nuada le roi des Tuatha, le portier pour le laisser entrer lui demanda ce qu’il savait faire « car personne ne vient sans art à Tara ». Il se présente successivement comme charpentier, forgeron, champion de lutte, harpiste, héros, poète et historien, sorcier/magicien, médecin, échanson et fondeur de bronze. Tous ces arts étaient déjà représentés par les différentes divinités convives du festin mais c’est parce que Lug, prototype de l’Homme Parfait, les possédait tous à lui seul, « Homme des Sciences et de tous les Arts », qu’il fut accepté.

Le fait que Dagda soit le « dieu bon » (c.a.d. bon dans tous les domaines) pourrait montrer que ce « vieux » dieu même s’il survécut (en Gaule sous les traits de Sukellos) a peut être été remplacé par Lug plus jeune et correspondant mieux à l’évolution de la société celtique.

Lugnasad fête son Roi qui fête sa Mère. Tailtiu, étymologiquement, est le nom de la Terre et si c’est avant tout le nom d’un site bien localisé dont la légende a fait une Déesse éponyme, Teltown où se déroulent les fêtes de Lugnasad, Tailtiu est en fait une des personnifications de l’Irlande, c’est à dire par extension, de l’Univers.

Elle nous est présentée comme la fille de Magmor, roi d’Espagne, femme d’Eochaid, fils d’Erc, dernier roi des Fir Bolg. A la mort de son mari, elle épouse Eochaid Garb, fils de Duach Dall qui commandait dans les Tuatha. Elle était la nourrice de Lug jusqu’à ce qu’il fut capable de porter les armes, et si tout la rattache à l’Autre Monde, on est tenté de voir en elle une déesse de la Terre à laquelle, d’une manière ou d’une autre, s’est uni le dieu Lug (illustration de l’union des deux grands principes originels).

En mourant d’épuisement d’avoir transformé les forêts d’Irlande en verts pâturages et riches plaines fleuries de trèfles (emblème de l’Irlande et plante souvent associée à l’équinoxe de printemps), « Tailtiu meurt en divinité » (Le Roux Guyonvarc’h) et elle assure par son sacrifice la pérennité et le bien être matériel de son peuple (« blé et lait dans chaque maison, paix et temps agréable »).

Tailtiu annonce la venue de la fin du cycle de descente du soleil qui se situera à Samonios mais la prospérité devra se renouveler et la célébration de la fête apparaît comme la contrepartie de ce bien être.

Enfin, la fête de Lugnasad représente un point culminant dans les rapports entre le Roi et la déesse de la Terre (confirmation de souveraineté). On se rappelle aussi au passage que s’il en faut en croire l’interprétation de J.J.Hatt du chaudron de Gundestrup, c’est à ce moment là que la Grande Déesse (de la Terre) abandonne son époux terrestre pour rejoindre Taranis le dieu céleste (roi du Ciel) (un lien avec l’Assomption chrétienne, fêtée le 15 aout ?)

(déja paru dans « La Main Rouge »)

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A proprement parler, il semble que les Celtes n’ « adoraient  » pas le Soleil comme certaines autres cultures ont pu le faire, en revanche, il est incontestable que l’élément solaire jouait un rôle très important dans leurs croyances. Pour eux, le soleil était avant tout source de lumière, de chaleur et de vie ce qui justifiait qu’il ait été représenté par un grand nombre de divinités qui en illustraient chacune une ou plusieurs facettes.

Au solstice d’été, le 21 juin, le soleil atteint le point le plus septentrional le long de l’horizon et est sur le point de faire un long voyage vers le sud jusqu’au solstice d’hiver à la mi-décembre. C’est le jour le plus long de l’année et l’événement est fêté comme une extension de Beltaine dans les mois d’été, en en reprenant certains éléments et notamment le feu. Rappelons que Beltaine est la grande fête sacerdotale annuelle honorant le dieu Bel, débutant la seconde saison celte, l’été, le jour du 1er mai.

Le feu est à la fois un purificateur (en sanskrit, pur et feu se disent par le même mot) et un régénérateur (c.f. le chaudron de la résurrection sous lequel était allumé un grand feu pour que les morts renaissent), ainsi que le prolongement igné de la Lumière.

Il revêt 3 formes générales :

– le Feu de la terre qui est le nôtre

– le Feu de l’atmosphère qui est la foudre

– le Feu du Ciel qui est le soleil

A ce moment là de l’année une importance primordiale est donc accordée au pouvoir magique du Feu. On allumait des feux de joie pour célébrer le soleil au sommet de sa puissance et l’implorer de ne pas se retirer dans l’obscurité hivernale car les feux d’été, feux de jubilation et de purification sont également feux propitiatoires destinés à apaiser l’angoisse humaine devant le déclin solaire. Les feux donnaient aussi rituellement de la force au soleil pour faire mûrir les fruits et les grains, et protégeaient les hommes et le bétail des maladies . De nos jours, en cette ère vulgaire, la fête a lieu le 24 juin pour le St Jean Baptiste, fameux prêcheur du désert et grand mangeur de sauterelles et de miel sauvage., sous le nom des « feux de la St Jean ». Avec Jean l’évangéliste, fêté le 27 décembre, ils contrôlent tous les deux les « portes » solsticiales, notion construite sur l’alternance des saisons et des cycles végétaux. Ne parvenant pas à abolir des rites coriaces, l’église a donc du les christianiser mais certaines traditions qui y sont attachées ont pu se perpétuer dans le temps. Les cérémonies druidiques du solstice , quant à elles, interviennent au lever du jour et à midi. Le rite de l’aube célèbre l’arrivée du jour le plus long (l’observance de ce rite à Stonehenge est connues de tous).Très schématiquement, on y souhaite la bienvenue au soleil en tant que symbole du bannissement des ténèbres.

En premier lieu, les feux qu’on dresse ne sont pas un simple amas de branchages, de fagots et de bottes de paille mais une œuvre d’architecture en forme de meule autour d’un mât avec des cheminées d’allumage et les guirlandes de feuillage qui le parent le relient au « Mai ». A Beltaine : l’arbre de mai, détenteur de l’énergie vitale, symbole de la fécondité nouvelle, était le centre de la fête autour duquel on organisait des danses. Tout à fait à la cime du feu, la jeunesse plaçait aussi souvent une couronne de roses mais on y ficelait aussi parfois un chat vivant ( !)

Dans les régions vallonnées, on fait rouler du haut en bas d’une colline une roue garnie de paille enflammée pour favoriser le voyage du soleil et l’ inciter à développer sa course. La roue est un signe de perpétuel renouveau et la paille est le symbole du dessèchement et de la mort.

C’est aussi le temps du ramassage des herbes médicinales qui sont au mieux de leur pouvoir à ce moment de l’année. Parmi les plantes de la St Jean (rite de cueillette : en marchant à reculons avant que le soleil se lève, et de la main gauche) : achillée, angélique, armoise, hysope, lierre terrestre, millepertuis, héliotrope, origan, camomille, sauge, fougère mâle, verveine, gentiane jaune, fleur de sureau, menthe poivrée, bouillon blanc, églantier, chèvrefeuille, scrofulaire, coudrier commun, arnica, grande marguerite, etc.

Et c’est en souvenir des rites de fertilité que les couples sautent au dessus des flammes quand il s’agissait de deviner la hauteur des récoltes à venir et d’assurer la fertilité des jeunes et nouveaux couples.

Dans plusieurs régions de France, on pratique le veille ou le matin de la St Jean, la St Jean des bêtes, destinée à la protection du bétail et des animaux qui doivent être exposés à la fumée des feux (« enfumer » les animaux) comme pour la fête de Beltaine.

La célébration des 4 fêtes solaires existait de toute antiquité parmi les peuples autochtones de l’Europe préhistorique et il est tout à fait vraisemblable qu’elles ont été assimilées par les conquérants celtes qui assirent une société dont les fondements économiques étaient d’essence agraire et pastorale.

Nos ancêtres divisaient l’année calendaire de 2 façons : les 4 saisons, reflets d’une civilisation agraire (aux origines néolithiques) débutées par un équinoxe ou un solstice. Et les 2 moitiés : la saison sombre et la saison claire qui commence à Beltaine pour culminer au solstice d’été (alban heruin : « sommet agraire ») . La saison sombre, quant à elle débute à Samain, la Toussaint chrétienne.

Lug est un dieu auquel on peut penser pour le solstice, même si la fête qui lui est consacrée est Lugnasad , le 1er août. C’est un dieu de lumière, de la lumière spirituelle, qui, comme beaucoup de héros solaire a dû tué le vieux roi, en l’occurrence, son grand père Balog, dont le règne était devenu stérile. Et comme c’est un polytechnicien, il détient aussi le pouvoir de soigner, ce qui le rattache aux herbes médicinales.

Bélénos est un autre dieu solaire qui incarne l’éclat du soleil, sa force vitale et créatrice : il fait donc partie des grandes divinités de la végétation et gère la croissance des végétaux, notamment des plantes médicinales. C’est lui qu’on fête le 1er mai, pour Beltaine. Est-ce donc étonnant de trouver ces deux fêtes dédiées à des aspects différents du soleil encadrer le solstice, point culminant de l’été, dédié, lui, à Taranis, le dieu de cette foudre qui est le feu de l’atmosphère ?

D’un autre côté, on sait que la souveraineté, pilier de la civilisation celtique, doit se conquérir. Et elle obéit aux lois, notamment cycliques où s’expriment les symboles de vie, de mort, de germination, de fécondité, de venue au monde. qui régissent le Cosmos

Le Chêne, qui symbolise la force et la longévité, l’éternité des cycles de vie est associé à Taranis car il attire la foudre. Le mois de chêne s’étend du 10 juin au 7 juillet, autour du solstice, et c’est avec ses branches qu’on allume les feux de la St Jean. Dans l’alphabet druidique, le chêne correspondait à la lettre « Duir » signifiant aussi « porte », ce qui nous ramène à la notion de « portes solsticiales ». Deux chevaliers, celui du Chêne et celui du Houx combattaient chaque 1er mai. Vainqueur, le chevalier du Houx (dont le mois suit celui du chêne) laissait la vie au chevalier du Chêne, c’était le passage où les jours de grande lumière laissaient peu à peu la place aux nuits les plus longues. Et chaque année, à Samonios (ou au solstice d’hiver ?), le chevalier du chêne avait la suprématie sur le chevalier du houx qu’il laissait en vie après un difficile combat.

Le chevalier solaire qui devient le chevalier noir au service de la dame de la Fontaine est un passage solsticial de même nature. La dame de la fontaine garde une source qui est la manifestation permanente de la vie ; elle est dépositaire de la Connaissance sur tous les plans et elle transforme des jeunes gens en Chevalier Noir au service de la Grande Déesse selon un rituel qui s’apparente à celui de la mort du roi de l’ancienne année et de l’avènement de celui de la nouvelle (on se souvient de Lug tuant Balor). On peut noter que cette passation de pouvoir correspond symboliquement à la transformation d’un chevalier solaire (héros) en chevalier lunaire (noir) qui, pour obtenir la régénération et la purification, tant physique que spirituelle, doit tuer le chevalier (noir), gardien de la fontaine sacrée dont émane symboliquement l’énergie céleste venant s’unir à celle de la terre (cette alliance en fait la source d’Eau Vive, symbole de vie et de Connaissance, manifestation de la Grande Déesse) pour devenir à son tour chevalier noir, gardien de la Fontaine, et débuter un nouveau cycle d’apprentissage : car rien ne peut se transformer dans la vie du héros sans que les dualités de chacun des éléments composant sa psyché soient harmonisées et fondues dans une unité parfaite. Ce qui est aussi valable pour chacun d’entre nous.

Une autre piste de réflexion peut être trouvée dans le fait que les Solstice d’été et d’hiver marquent l’axe vertical du monde, les deux extrêmes de la course du soleil. Par analogie, l’axe vertical devient alors « l’arbre du monde » reliant le haut et le bas, porteur de vie, de durée et de sagesse. Et l’on sait aussi que symétriquement, les racines de l’arbre imagent les origines de l’homme, son passé et son devenir. Il suffit alors d’associer ces symbolismes à la « roue du temps » pour relier l’homme au Cosmos.

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Avec la hache, le marteau est le premier outil fabriqué par l’homme, il y a plusieurs millénaires, pour transformer la matière. Simple pierre, à l’origine, il a évolué au cours du temps en s’enrichissant d’un manche qui lui communique sa dynamique de frappe, la masse en tombant, faisant un travail qui n’est contrôlé que par l’œil et la main de l’ouvrier : fermeté, patience et persévérance sont exigées, il n’y a donc pas de droit à l’erreur sous peine de recommencer l’ouvrage au départ.

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Dès l’aube des temps, l’homme fabriquant son premier galet aménagé devient le sorcier qui manipule la matière amorphe, à l’image d’un démiurge qui construit des mondes puisque toute création suppose au départ un artisan et la mise en œuvre d’une matière première. C’est le forgeron de la société antique, membre de la troisième fonction, celle des producteurs qui vient après celle des guerriers et celle des prêtres selon la répartition tripartite indo-européenne. Il sait transformer le fer en acier, et il travaille le métal avec le feu. On le craint et on le respecte : son art fait appel à des forces ténébreuses et sa pratique pourrait s’apparenter à une magie inférieure et à la sorcellerie, mais ne participe-t-il pas ainsi à une alchimie secrète, en alliant la terre, l’eau et le feu ? celle là même qui aboutit à l’ordonnancement du cosmos et à la naissance du monde ? Cela n’en fait pourtant pas un dieu puisque dans le panthéon celtique, la forge est l’attribution de l’irlandais Goibhniu (il forge les armes qui donneront la victoire aux Tuata Dé Danann sur les Fomoire lors de la deuxième bataille de Mag Tured), du gallois Gofannon, et du gaulois Gobnios, qui est lié à l’ Autre Monde.

C’est donc l’outil du forgeron mais il est aussi présent dans de nombreux métiers corporatifs et c’est notamment le sculpteur qui l’utilise, ainsi que le bâtisseur qui transmirent dit-on, dans l’art roman surtout, les connaissances druidiques traditionnelles des anciens celtes. C’est aussi une arme (si l’on voit, sur le Pilier des Nautes de Paris, Vulcain tenant le maillet à forme courbe de Sukellos, l’on y voit aussi Smertrios-Hercule brandissant sa massue contre un serpent) et il peut alors présenter l’image de la force brutale (plus tard Charles Martel en tirera son nom).

Dans cette société celtique, en se taillant une place prépondérante parmi les outils, le marteau, ou le maillet, ou même encore, par extension, la massue, deviennent un attribut des dieux (lesquels, dans ce cas, portent d’ordinaire la courte tunique à capuche des gens du peuple) et représentent souvent la classe productrice de l’abondance, de la sagesse populaire et du cycle des saisons. Car les divinités au maillet ont toutes une identité primordiale qui comprend l’aspect de la force brute, la notion de fécondité, de détenteur de la vie et du pouvoir de donner la mort ou de veiller sur les défunts. Par cela, elles assurent le renouvellement des cycles.

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Arguant de certaines analogies entre la religion des Etrusques et celle des Celtes, certains ont voulu voir dans les dieux au maillet les héritiers de Charon, le dieu étrusque de la mort dont on explique qu’il frappait les morts avec cette arme de la foudre pour leur permettre d’accéder à la « vie éternelle ». Sukellos, pourtant, pourrait bien être une divinité archaïque et syncrétique de la période ancienne du premier âge du Fer (750-650 av JC) et donc, à peu près contemporaine du dieu étrusque (ces analogies relevant plus, à mon sens, de l’ unicité de fond du paganisme) tandis que le marteau, lui, pourrait constituer l’héritage symbolique de la hallebarde des peintures rupestres protohistoriques.

Le maillet, souvent représenté sous la forme du Tau, est l’idéogramme du tonnerre, car le bruit de l’un fait penser au phénomène céleste qu’est l’autre. Si le maillet n’est jamais représenté comme l’attribut de Taranis, on sait pourtant que le nom de ce dieu du ciel et de la foudre signifie « le grondant » ou « le tonnant » et qu’il fut longtemps confondu avec Sukellos qui est lui même, en plus du marteau, parfois accompagné d’esses, d’une roue ou d’une foudre , c’est à dire aussi bien de signes tonnants que fulgurants (rappelons que les épithètes les plus courantes associées au nom du Jupiter romain sont « fulgur » et « tonnans ») Par ailleurs, ce rapprochement se fait encore plus étroit entre Taranis et le marteau quand on considère celui ci comme l’arme de la foudre, et donc du Feu divin (ainsi que, par extension, de l’Esprit).

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Avec la harpe et le chaudron, c’est la massue, si lourde que deux roues sont nécessaires pour la porter, qui figure parmi les attributs du Dagda irlandais, le « dieu bon » (qui pourrait être une préfiguration du « bon dieu » des chrétiens, passés maîtres dans l’art de la récupération ), le père du peuple, le premier dieu, l’Etre Absolu père des vivants et maître des morts. C’est un rustre ventru, goinfre et paillard qui se livre à de périodiques accouplements avec les déesses de la Terre, mais comme rien n’est jamais simple dans la mythologie celte il est aussi l’initiateur du chemin héroïque et spirituel qui mène vers la Lumière de la Connaissance. De la même manière que les Eléments, ces principes selon lesquels sont structurées les théories traditionnelles du monde, de la même manière donc que l’air, que le feu, que l’eau, que la terre peuvent apporter la vie mais aussi la mort, avec une extrémité de sa massue, le Dagda donne la mort, mais avec l’autre il donne aussi la vie. On songe ici à la massue d’Héraklès, au marteau de Thor, au Vazra du Mitra indo-iranien, au Vajra d’Indra, au Fulmen de Zeus, à la lance d’Achille ce qui souligne une fois de plus l’unicité de fond du paganisme antique et du monde indo-européen.

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Il y a bien sûr aussi le maillet du dieu gaulois correspondant au Dagda, Sukellos, « le bon frappeur » ou « celui qui frappe fort ». Dieu du monde visible et de l’Autre Monde à la fois, mais, donc et surtout, dieu du Passage (au Moyen Age et jusqu’au XIXe, on utilisait encore le « maillet de la bonne mort » quand un vieillard tardait à mourir en le posant sur son front pour faciliter son passage…). Lui aussi peut donner aussi bien la vie que la mort. Par la force de son coup, bien entendu, mais aussi plus symboliquement. En effet le maillet évoque les effets du tonnerre par l’impact de sa partie la plus large, tandis que l’autre bout, que tient la main du dieu, représente l’idée de fécondité, à la fois du fait de sa forme phallique, mais aussi parce que c’est après le coup de tonnerre que tombe du ciel la pluie fertilisante, fruit de l’union du ciel et de la terre, du dieu du ciel, de la pluie et de l’éclair et de la Grande Déesse, ou de la Terre-Mère, pour ensemencer la terre (nous voyons, ici encore, le rapport symbolique entre les morts et les semences).

D’ailleurs, il est intéressant de noter que comme une des compagnes du Dagda, la déesse Boann, qui est un aspect de la déesse Brigitt (la forge fait partie de ses attributions !) et qu’on assimile à la rivière Boyne, image de la vie en germe, la parèdre de Sukellos est Nantosuelta, déesse des sources et donc de vie et de fécondité, déesse mère en fait.

Notons aussi qu’on assimile parfois le Dagda à Gargan, divinité pré-celtique intégrée , dont l’attribut est aussi la massue et qui partage les sauvages appétits sexuels et gustatifs du « dieu bon » mais possède en même temps un rôle d’équilibreur des Forces de l’eau (donc toujours en rapport avec la vie et la mort). Comment alors ne pas penser au géant Gargantua, le personnage fabuleux de Rabelais, qui symbolise l’effort de ce qui est encore rustre et brut mais se dirigeant vers plus d’harmonie et de raffinement ? (c.f. Infra « ceux de Gargan »)

Le maillet, (mais c’est aussi valable pour le marteau, comme pour la massue) deviendrait ainsi outil initiatique. Certains détails nous l’avaient d’ailleurs déjà laissé supposer : les notions de manipulation d’une matière amorphe, d’alliance alchimique des Eléments, de fécondité, du pouvoir de donner la vie ou la mort, de chemin héroïque vers l’harmonie et la Lumière, d’équilibre de forces contradictoires enfin. Et pour corroborer le tout, on sait que comme arme du dieu du ciel, le maillet entretient symboliquement des rapports très étroits avec la foudre , or, Mircéa Eliade l’affirme, « dans toutes les mythologies, l’homme foudroyé est consacré ». Dans cette consécration, comment ne pourrait on pas alors voir « Initiation » ?

On sait que, dans la Franc Maçonnerie, l’Apprenti est assimilé à une Pierre Brute qu’il doit s’employer lui même à dégrossir. Ses outils sont le ciseau et le maillet, ce dernier dans cette opération de travail de l’homme sur l’homme dans le but de « l’améliorer » et de construire un temple idéal intérieur, symbolise la volonté active de l’Apprenti, ferme et persévérante. Le buis dont il est fait est symbolique de cette fermeté et de cette persévérance mais on sait aussi que chez les celtes, il était un symbole funéraire en même temps que d’immortalité.

Toujours dans la FM, notons encore que le maillet est également un insigne de commandement et de pouvoir, ce qui le rapproche aussi de la foudre et de son symbolisme, et qu’il sert à provoquer des « ondes sonores rythmiques » (le tonnerre ?) notamment avec les « batteries » dont certaines semblent inspirées des traditions chevaleresques.

maillet-livres

A la lumière de tous ces faits, il semble évident que le maillet ait une valeur symbolique principale d’initiation et qu’il serve tout à la fois à tuer le « vieil homme » par un bout pour en construire un nouveau par l’autre. Car le but de toute réelle démarche initiatique est d’atteindre un état « supérieur » de conscience ou tout au moins « autre », de parvenir à l’ »accomplissement » , autrement dit de devenir complètement ce que l’on est.

Cet aspect est encore renforcé si l’on voit également dans le maillet un symbole axial et de verticalité ( notons au passage qu’il présente certains traits symboliques de la lance de Lug -« salmidanach » et donc forgeron, élevé lui même par un forgeron- et correspondra plus tard à la lance des contes du Graal). En tant qu’Axe du Monde, il réunit aussi bien la terre au Ciel, à l’image de l’Arbre dont on sait le riche symbolisme, que les trois mondes celtiques entre eux, et touche en son sommet à l’étoile polaire considérée comme centre de toute énergie, donc tout à la fois symbole de/et symbolisé par la grande Déesse de l’Origine. Il semblerait en l’occurrence qu’il s’agisse ici plus précisément du « clou de la Polaire » auquel toute la voûte céleste est accrochée : la tradition nordique considère que l’acte de marteler un clou (on retrouve le marteau, ou le maillet) correspond, à l’échelle microcosmique, à la fixation des énergies de la terre à l’« ombilic » ou « nombril du monde », donc à la base de l’axe. Symboliquement, le maillet/axe permet à l’homme d’occuper son Centre, point d’union des contradictions, afin de connaître sa place dans l’ordre cosmique (à ce stade de l’écriture de cet essai me vient une idée : si l’on considère la mort comme une initiation, ne serait-il pas possible d’interpréter dans ce sens le geste de Cuchulainn de s’appuyer contre un Menhir et de s’y attacher afin de mourir debout ?); il correspond aussi aux différents états de l’être et c’est le long de l’axe qu’on peut s’élever vers les états « supérieurs » .

circum_nord_greoliere

Le sujet est loin d’être clos et les interprétations sont peut être très subjectives. Mais le fait est que les mythologies et les symboliques païennes en général, et celtes en particulier, sont tellement riches que lorsqu’on veut leur appliquer un peu de réflexion, l’exploration d’une direction de pensée dirige immanquablement vers une autre direction, qui elle même revient sur et repart vers …etc. En fait, on ne sait jamais, quand on part de ce qu’on croit être un point précis, où on arrivera en définitive. Ou plutôt on sait qu’on s’arrêtera quelque part mais qu’on « n’arrivera » pas réellement à quelque chose de définitif, ce qui démontre bien l’absurdité des conceptions linéaires des choses (la réflexion, le temps, la vie, etc.). Conférer une interprétation arrêtée, stéréotypée, unique à un symbole particulier n’aurait pour résultat que de l’appauvrir et de le transformer en un simple signe et de nier toute la richesse de ses potentialités imaginaires. Ce serait aussi faire peu de cas de la sensibilité de chacun. La porte reste donc grande ouverte.

Bibliographie

Marcel Chassaing : Le Dieu au maillet. Imp.Rozé

J. Chevalier/A. Gheerbrant : Dictionnaire des symboles. Bouquins Laffont

J.J Hatt : Mythes et Dieux de la Gaule. Picard

Nigel Pennick : Magie du Nord. Pardès

J.P Persigout : Dictionnaire de mythologie celte. Du Rocher

Myriam Philibert : Les mythes préceltiques. Du Rocher

R.J Thibaud : Dictionnaire de Mythologie et de Symbolique Celte. Dervy

J.Marc Vivenza : Le dictionnaire de René Guénon. Mercure Dauphinois

Encyclopédie des symboles. La Pochothèque

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