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« Nous sommes les sorciers.  Quand l’homme apparut, nous étions là. Nous avons chanté les premières berceuses. Nous avons soigné les premières blessures. Nous avons calmé les premières terreurs. Nous étions ceux qui veillaient dans la pénombre. Les grottes ornées des Pyrénées se souviennent de nous, comme les premières statuettes de glaise que nous avons modelées à l’origine du monde. Nous étions présents dans les cercles de pierres, près des monolithes, des dolmens et du chêne des druides …  »
Jack Parsons

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La prophétie de la Morrigane à la fin de la Seconde Bataille de Mag Tured m’a toujours fasciné mais, et c’est un fait que je trouve assez curieux, à chaque fois que je veux la lire ou réfléchir un peu sur ce qu’elle sous entend, je ne la retrouve pas et passe des heures à la chercher … la dernière fois c’était hier, alors je la recopie ici, dans le contexte exposé par C.J. Guyonvarc’h, pour le retrouver, en principe, sans peine : dialogue_deux_sages.jpg

« Puis après que la bataille eut été gagnée et qu’on eut nettoyé les cadavres restés du massacre, la Morrigan, fille d’Ernmas, se mit à annoncer la bataille et la grande victoire qui avait été remportée, aux collines royales d’Irlande, aux armées des side, aux principales eaux et à leurs embouchures. C’est pour cela aussi que la Bodb décrit des hauts faits. « As-tu quelque nouvelle ? » lui disait-on, et elle répondait:

« Paix jusqu’au ciel,
du ciel jusqu’à la terre,
terre sous le ciel,
force à chacun. »

Elle prophétisa aussi la fin du monde, prédisant tout ce qu’il y aurait de mal, chaque maladie et chaque vengeance, et elle fit le chant si-dessous:

« Je verrai un monde qui ne me plaira pas:
été sans fleurs,
vaches sans lait,
femmes sans pudeur,
hommes sans courage,
capture sans roi;

arbres sans fruits,
mer sans frai;
mauvais avis des vieillards,
mauvais jugement des juges,
chaque homme sera un traitre,
chaque garçon un voleur;
le fils ira dans le lit du père,
le père ira dans le lit du fils:
chacun sera le beau-père de son frère.
Un mauvais temps:
le fils trahira son père,
la fille trahira sa mère. »

gaudenzi_morrigan.jpg C’est aussi une bonne raison (comment ça, une bonne excuse …) pour en profiter pour mettre ici cette représentation, pas très orthodoxe ma foi, de la Morrigane par Gaudenzi, que j’aime beaucoup … Elle danse semble-t-il, et s’en trouve bien déshabillée .. devant elle une épée fichée en terre, derrière une lance, l’enclos de pierres peut faire penser à une tombe …

« J’ignorais tout de la vie : qu’était ce que l’amour ? Y a-t-il un secret de l’univers qu’on peut deviner dans les bois ? qu’était ce que la nature ? J’espérais une révélation : je soupçonnais l’immense amour que l’univers, séduit par lui même, a pour lui même et se donne. Je voulais y participer, en être ».

(François Augiéras : « la Trajectoire »)

un magnifique retour à la materiae primae :

Extrait de « les Vraies Richesses » de Jean Giono (Giono dont la lecture a beaucoup nourri mon paganisme) : (schéma du dernier chapitre, non écrit, de « Que ma Joie demeure ») :
« Bobi mort. Son cadavre sur le plateau. Calme revenu. Nuages dans le vent, acérés comme de petits cristaux de glace. Ciel nu large ouvert. Le jour. Solitude. Les oiseaux se rassemblent au dessus du cadavre.(…) les mangeurs de graines (…).Les mangeurs de viande. Corbeaux, pies, fauvettes, rossignols, coucous. Ils viennent de tous les cantons de ce pays: du fleuve, de la vallée, de la plaine, des roseaux, des vergers, des champs charrués, de la montagne (…). Ils tournent au dessus du cadavre. Bobi est couché sur la terre. La nuit. Les oiseaux s’abattent dans l’herbe. Les renards s’approchent. De temps en temps, les oiseaux se soulèvent tous ensemble sur leurs ailes, s’envolent, tournoient en couvrant et découvrant les étoiles. Le jour de nouveau. Sur le visage de Bobi, la peau de la joue se fend. Près de la bouche, un liquide clair coule de la déchirure et mouille la terre comme un oeuf écrasé. Les herbes sont couvertes de mouches depuis la plus belle jusqu’à la bleue. Ventres à rayures noir et or. Têtes de mouches, nues : trompes, mandibules, pinces et corne, dents de scie. Sur la terre des ruisseaux de fourmis s’approchent, montent sur les mains de Bobi, sur son visage, sur son oeil, dans sa bouche, dans son nez. Les mouches se collent sur la déchirure, près de la bouche. Bobi s’ouvre par d’autres endroits. Les insectes entrent dans lui et travaillent. Bobi est à ce moment là, en pleine science. Il s’élargit aux dimensions de l’ univers. Les oiseaux s’abattent sur Bobi et le déchirent. Il fait chaud. Les chairs se laissent arracher. Loin sur le plateau, les renards aboent. Bobi est couvert d’oiseaux. Nuit. Alors les renards sautent de l’ombre, mordent dans les gros morceaux aux cuisses et à la poitrine. Les rats viennent, mangent les parties tendres. Dans la terre, les fourmis courent dans les couloirs de leurs magasins où sonne sourdement la lutte de là-haut. Mais elles n’entendent pas. Par contre elles y voient (les fourmis perçoivent l’ultraviolet, et les fourmilières, pour profondes qu’elles soient, sont éclairées d’une lumière que nous ne pouvons pas concevoir). Elles emportent l’une après l’autre (mais des milliers qui se suivent) des morceaux de cervelle dans leurs petites pattes de devant. Une cervelle qui ne pouvait percevoir que les sept couleurs du prisme et qui maintenant alimente des larves qui préparent des sens capables de percevoir l’ultraviolet. A côté, dans la terre, les liquides de Bobi mouillent les racines d’une sariette, d’un serpolet et les derniers restes vivants d’un morceau de racine de genêt arraché. Déjà des sucs plus riches montent dans les petites tiges. Préparation des feuilles, des fleurs. Le morceau de racine reprend vie. Au printemps, il percera la terre et fera vivre un commencement de tige, dure et verte. Là haut les renards ont mangé. Lourds de viande, ils marchent pesamment, cherchent le couvert pour dormir. Pour eux, la nuit est toute écrite en traces, en odeurs, en passages, en pistes, en orientations (où Bobi ne voyait qu’une solitude). Les oiseaux volent dans la nuit. Leur bec est pareil aux épines blanches des étoiles. La constellation des Verseaux est à sa place habituelle et descend doucement sur l’horizon, suivant l’ordre des choses. Le jour se lève. Les oiseaux qui ont mangé s’en vont. La viande leur donne de la force. Ils sont joyeux, ils volent pour leur plaisir. Ils sont très beaux à regarder. Habitants naturels de l’air….. »

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