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nietzsche

« Nietzsche est un messager de Grande Santé. Il enseigne à la fois la lucidité la plus totale, donc la plus cruelle, et le chemin qui conduit au-delà de cette dangereuse et permanente tentation, pour l’homme lucide, qu’est le nihilisme. Au-delà du nihilisme, l’espérance que porte en lui Zarathoustra. Espérance révolutionnaire, puisqu’il s’agit d’inscrire de nouvelles valeurs, après la mort du Dieu biblique. En cela, le nietzschéen est directement concerné par la mise en garde qu’adresse l’ermite de la forêt à Zarathoustra descendant de sa montagne : « Veux-tu porter aujourd’hui ton feu dans la vallée ? Ne redoutes-tu pas le châtiment de l’incendiaire ? » Je viens de citer un passage d’Ainsi parlait Zarathoustra (…) C’est un maître-livre car il enseigne le contraire des « religions du Livre » qui prétendent toutes apporter la Vérité, la seule, à travers un texte -la Bible, le Coran- censé fournir réponse à toutes questions, ce qui débouche inévitablement sur le catéchisme définissant le Bien et le Mal. Ainsi parlait Zarathoustra est, tout au contraire, un appel à la liberté, à la responsabilité. Zarathoustra dit à ceux qui l’entendent : « On récompense mal un maître en restant toujours un élève (…). maintenant je vous invite à me perdre et à vous trouver ». Un tel livre fait luire en nous le « soleil doré entouré du serpent de la connaissance ». Il est en effet, selon la belle formule du psychologue Carl-Gustav Jung, « une éruption volcanique de matériel archétypique ». Autrement dit le surgissement de très anciens points de repère enfouis dans l’inconscient collectif des peuples européens. »

Pierre Vial. Une terre, un peuple. Éditions Terre et Peuple.

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chemin

« Vous vous pressez contre votre prochain et vous avez de belles paroles pour parler de votre attitude. Mais je vous le dis : votre amour du prochain n’est que votre mauvais amour de vous-même.

Vous vous fuyez en vous pressant contre votre prochain, et de cette fuite vous voudriez faire une vertu : mais je perce à jour votre oubli de soi.

Le toi est plus ancien que le moi. Le toi est sanctifié, mais non encore le moi. C’est pourquoi l’homme se presse contre son prochain.

Vous conseillerais-je l’amour du prochain ? Je préférerais vous conseiller de fuir le prochain et d’aimer le lointain.

Plus haut que l’amour du prochain est l’amour du lointain et du futur. Et je place l’amour d’une cause ou d’un fantôme plus haut que l’amour des hommes.

Ce fantôme qui marche devant toi, mon frère, est plus beau que toi ; pourquoi ne lui donnes-tu pas ta chair et tes os ? Mais tu as peur et tu cours vers ton prochain. Vous ne pouvez pas vous supporter et ne vous aimez pas assez. Alors vous voulez séduire l’amour de votre prochain et vous dorer de son erreur sur vous.

Je voudrais que vous ne puissiez supporter tous les prochains et tous les voisins des prochains. Alors c’est en vous-mêmes que vous devriez créer votre ami et son cœur débordant.

Vous invitez un témoin lorsque vous voulez dire du bien de vous-mêmes ; et lorsque vous l’avez induit à penser du bien de vous, vous avez une bonne opinion de vous.

Ce n’est pas seulement celui qui parle contre ce qu’il sait qui ment, mais aussi celui qui parle contre ce qu’il ne sait pas. Vous parlez de vous dans vos relations et trompez votre voisin sur vous-mêmes.

Ainsi parle le fou : « La fréquentation des hommes corrompt le caractère surtout lorsque l’on n’en a pas. »

L’un va à son prochain parce qu’il se cherche, et l’autre parce qu’il veut s’oublier. Votre mauvais amour de vous-mêmes fait de la solitude une prison.

Les hommes lointains sont ceux qui payent pour votre amour du prochain. Et dès que vous êtes rassemblés à cinq, un sixième doit mourir.

Je n’aime pas vos fêtes : j’y trouve trop de comédiens ; et les spectateurs aussi s’y comportent souvent comme des comédiens.

Je ne vous enseigne pas le prochain, mais l’ami. Que l’ami vous soit une fête de la terre et le pressentiment du Surhomme.

Je vous enseigne l’ami et son cœur débordant. Mais il faut savoir être une éponge lorsqu’on veut être aimé par des cœurs débordants.

Je vous enseigne l’ami qui porte en lui un monde accompli, une coupe du bien, l’ami créateur qui a toujours un monde accompli à offrir.

Et s’il voit son monde tomber en morceaux, il le voit aussitôt se regrouper en cycles, comme le devenir du bien à travers le mal, le devenir du but à travers le hasard.

Que l’avenir et le plus lointain soient les causes de ton présent : dans ton ami tu dois aimer le Surhomme comme ta propre cause.

Mes frères, je ne vous conseille pas l’amour du prochain ; je vous conseille l’amour du lointain.

Ainsi parlait Zarathoustra. »

Friedrich Nietzsche. Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Robert Dun)

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durer-chevalier

« (…) de quelle guerre s’agit-il ? D’une guerre et d’un guerrier disparus, de celui à qui le sentiment d’être dans le vrai donnait une sorte d’invincibilité. La hire sacrée du berserker, le duel judiciaire relevaient de ce sentiment à une époque où la félonie donnait mauvaise conscience et par là affaiblissait. « Que le meilleur gagne ! », « Fais ce que dois, advienne que pourra », telles étaient les devises de ces hommes de guerre dont le regard haut et droit ignorait le diable, la mort et la chienne qui suivent et veulent détourner de son chemin le chevalier de Dürer.

« Meurs, ami ! » criait le Spartiate en plongeant son épée dans le sein de son adversaire. « Tu es mon fils bien-aimé », disait le guerrier aztèque à son prisonnier qui répondait : « tu es mon père bien-aimé en qui je mets toute ma confiance. » Et les samouraï se rendaient au duel à outrance en se donnant le bras. Depuis la charité chrétienne, la fraternité universelle et le pacifisme ont passé par là. Alors on calomnie, on torture et on crie : « Crève, salope ! »

Mais à quoi bon parler des guerriers disparus ? Parce qu’ils vivent en nous et que leur résurrection est une des voies de la Surhumanité. L’Église a eu beau domestiquer la chevalerie, nier et étouffer l’instinct guerrier de la vengeance qui restitue l’honneur bafoué, elle a eu beau traquer et brûler les romans de chevalerie, transformer récemment les boy-scouts en dames de bienfaisance, elle ne peut empêcher que l’Européen reconnaisse son idéal profond dans le redresseur de torts du western, et que les romans de guerre, les jouets guerriers passionnent les enfants et les adolescents.

Pour Nietzsche, la guerre est l’essence même de la vie. On ne peut que l’ennoblir en l’acceptant dans un esprit de sacrifice de soi-même à ce qui nous dépasse, ou la refuser, auquel cas on tombe dans le troupeau des « derniers hommes » qui non seulement encanaillent tout, mais préparent les plus effroyables hécatombes. « Rien n’a fait couler plus de sang sur la terre que la folie des miséricordieux », lirons nous bientôt. Objectivement c’est indéniable. Le refus de la sélection engendre la surpopulation, qui engendre à son tour les catastrophes de rééquilibrage. »

(Robert Dun. Commentaire -F.Nietzsche- Ainsi parlait Zarathoustra.)

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