A côté des 400 000 allemands d’origine, 600 000 étrangers en provenance de plus de trente nations ont pu s’engager dans la Waffen SS parmi lesquels on compte, à la fin de la guerre, près de 5000 indiens dont 59% d’Hindous, 25% de musulmans, 14% de Sikhs, et 2% de bouddhistes et chrétiens.

Au départ, la Freies Indien Legion, ou Indisches Infanterie Regiment 950, parfois encore appelée Legion Hazad Hind est composée de membres recrutés sous l’autorité du leader indépendantiste Subhash Chandras Bose dans les camps de prisonniers en Afrique du Nord pour combattre les Britanniques et gagner l’indépendance de leur pays en marchant sur l’Inde à travers la Perse (l’Iran actuel) depuis le Caucase. Bose avait obtenu des autorités allemandes, très intéressées par ses projets, qu’ils ne seraient pas engagés contre les troupes des autres pays alliés, et en particulier pas sur le front de l’Est.

Une première unité dépendant de la Wehrmacht voit le jour en 1942. Sa mission initiale est de servir de vitrine et recruter de nouveaux volontaires à partir de Frankenberg, près de Chemnitz où elle est stationnée. En août 1942, la Légion est déplacée à Königsbrück, un grand centre d’entraînement, où, le 26 aout, les légionnaires prêtent serment .

Ils portent l’ uniforme allemand. assorti d’un écusson tricolore spécifique cousu à mi-bras droit de la vareuse,auquel est surajouté le motif central d’un tigre bondissant, rehaussé de la mention Freies Indien en caractères noirs sur fond blanc. Les soldats Sikhs sont par ailleurs autorisés pour des raisons religieuses à porter leur turban (d’une couleur appropriée à leur uniforme) au lieu de la casquette réglementaire.

On dit que Hitler considérait cette légion indienne comme « une plaisanterie ». On dit aussi qu’il pensait que les légionnaires « n’étaient bons qu’à faire tourner des moulins à prières ». Mais surtout on sait que les vainqueurs ont toujours et surtout en ce qui concerne la Seconde Guerre, voulu faire endosser aux vaincus l’uniforme du « Mal intégral » : Hitler ne peut donc, pour la « véracité (???) historique » que tenir des propos injurieux ou méprisants et incarner toutes les tares ou défauts du monde … n’a-t-on pas affirmé, il y a peu et pour le déconsidérer encore plus, qu’il avait de vilaines dents et une mauvaise haleine ?… Et pourtant, à côté de ces allégations, on a le témoignage d’un traducteur qui rapporte ce discours que Hitler tint à la Légion : « vous avez la chance d’être nés dans un pays de glorieuses traditions culturelles et d’une puissance humaine colossale. Je suis impressionné par la passion brûlante avec laquelle vous et votre chef cherchez à libérer votre pays de la domination étrangère. Je le [votre chef] salue et l’Allemagne le salue. C’est le devoir de tous les Indiens de l’accepter comme leur guide et de lui obéir sans hésiter. Je ne doute pas que si vous faites cela, son action conduira très bientôt l’Inde à la liberté ».

En décembre 1942, l’Unité, forte alors de 3500 hommes est composée de 3 bataillons, de 4 compagnies chacun, d’une compagnie d’artillerie (Infanteriegeschütz Kompanie 13) réunissant 6 canons de 75 modèles 18, d’une de canons antichars (Panzerjäger Kompanie 14), et enfin la Pionier Kompanie 15 réunissant les troupes du génie.

Partiellement motorisé, le régiment sera plus tard renommé comme une unité de Panzer grenadier. On l’envoie aux Pays Bas avant de la transférer en France où on l’affecte à la surveillance du Mur de l’Atlantique à Lacanau, en Gironde, où elle sera inspectée par le General Feldmarschall Rommel.

Le 8 aout 1944, elle passe sous le contrôle de la Waffen SS. Elle est placée sous le commandement du SS oberführer Heinz Bertling, sous le nom de l’Indische Freiwilligen Legion des Waffen SS.

Quelques jours plus tard, la Légion entame son repli vers l’Allemagne. Le périple commence en train mais, alors que le débarquement des Forces alliées vient d’avoir lieu en Normandie, les maquis deviennent très actifs et le convoi est stoppé. La Légion, qui n’avait jusque là jamais été exposée au feu est violemment attaquée par les FFI. Le 1er bataillon est temporairement cantonné dans la région de Mansles (Charente), le 2e à Angoulême (Charente) et le 3e à Poitiers (Vienne), parant aux attaques des maquisards.

L’Histoire officielle, comment pourrait-il en être autrement, fait état de brutalités, de pillages et de viols de leur part mais un témoin raconte : « il faut insister là dessus : ces gens étaient à bout de nerfs; ils savaient qu’il allait falloir forcer les passages de la Vienne, de la Gartempe, de la Creuse, et que leurs routes transversales seraient bientôt des cimetières d’auto calcinées. Mais ces gens pouvaient, dans leur colère, faire encore beaucoup de mal… ». On a aussi le témoignage d’un habitant sur les déclarations d’officiers allemands promettant une punition exemplaire aux légionnaires qui ne se conduiraient pas correctement. Quoi qu’il en soit, le père Fleury, aumônier du camp d’internement de Poitiers préfère faire déménager les femmes communistes encore présentes dans le camp pour les mettre à l’abri ailleurs …(ce qui montre en même temps qu’elles n’ont pas toutes été envoyées dans les camps de concentration !)

A ce propos, puisqu’il n’est d’habitude fait état des camps que quand ils sont sous administration allemande, on peut d’ailleurs au passage se permettre de citer un rapport de la Cour des comptes datant de 1949 (donc après la « libération » du territoire et que ce sont donc des prisonniers de l’autre bord !)  : « une mention particulière s’impose pour les faits dont le camp de la Chauvinerie, à ,Poitiers, fut le théâtre, en 1945 et qui donnèrent lieu à une enquête de l’Inspection des services administratifs. Elle a fait ressortir que plus de 250 internés civils, parmi lesquels de jeunes enfants sont décédés en quelques mois ; pour plus de 50 d’entre eux, les constatations faites ont conduit à incriminer le défaut de nourriture, non pas que les allocations accordées par l’Etat fussent insuffisantes, mais en raison des vols et malversations commis par un personnel d’encadrement du camp ou certains fournisseurs… » (Philippe Bourdrel : « L’épuration sauvage ») On reconnaît aujourd’hui qu’entre février et septembre 1945 il y eut 262 décès dans ce camp qui accueillit entre 2700 et 3000 hommes, femmes et enfants, victimes de la « libération »… mais les vaincus n’ont pas droit à la pitié.

Après avoir été sans arrêt harcelés par la Résistance qui faisait « régner à l’intérieur de la zone une insécurité totale »., les légionnaires reprennent leur retraite vers l’Allemagne affrontant des forces ennemies à plusieurs reprises et livrant des combats d’arrière garde avec une bravoure exemplaire.

… pendant ce temps, le 19 septembre1944, un ou plusieurs camions transportant des prisonniers indiens capturés dans la région de Montmorillon par des FFI s’arrêtent place d’armes à Poitiers. Des tracts avaient été imprimés appelant les soldats allemands, russes et indiens à déserter, il est probable que certains des prisonniers s’étaient en fait rendus contre l’assurance d’avoir la vie sauve. Mais des coups de feu claquent. Le journal local « La Nouvelle République » du 20 septembre écrit : « Les Poitevins qui n’oublient pas les atrocités commises par ces ignobles individus eurent vite fait d’encercler le camion. Un sous officier en fit descendre deux des prisonniers qui furent exécutés pendant que dans le camion, des coups de feu éclataient, tirés par des FFI. Certaines victimes de ces abominables individus étaient vengées. »

Selon un rapport des renseignements généraux en date du 20 septembre 1944 (archives de la Vienne) « …19 SS dont 18 Hindous ont été exécutés ce jour-là… »

En essayant de trouver refuge en Suisse, la plupart des légionnaires sont faits prisonniers par des unités américaines et françaises. Il est allégué qu’un certain nombre de ceux qui tombèrent entre les mains des français furent abattus, notamment par les marocains des Forces françaises après leur reddition, mais sans que cela donne lieu à une enquête. Les survivants, remis aux Britanniques , quand ils ne furent pas tirés comme des lapins par ces derniers furent ramenés en Inde, et maintenus en détention au Fort Rouge à Delhi. Promis à être jugés pour haute trahison, ils furent pourtant tous libérés dès 1946 sous la pression de la population…. sans commentaire.

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