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30 juillet 1998 : mort de Maurice Bardèche.

Maurice Bardèche (1907-1998), normalien, agrégé de lettres, écrivain de talent, beau-frère de Robert Brasillach (fusillé en 1945, après un procès bâclé), fut l’un des premiers à dénoncer l’imposture et les mensonges du procès de Nuremberg, dans un livre retentissant : Nuremberg ou la Terre Promise (1948), qui lui valut une condamnation à un an de prison. Après quelques semaines de détention, il fut finalement gracié par le président Coty, après l’intervention de nombreuses personnalités du monde des lettres. La même année, il fonda sa propre maison d’édition, « Les Sept Couleurs », d’après le titre du roman de Brasillach. Il se spécialisa alors dans l’édition d’ouvrages nationalistes ou révisionnistes, incluant ceux de Paul Rassinier. En 1952, Bardèche fonda la revue Défense de l’Occident, qui dura jusqu’en 1982 et qui publia de nombreuses études sur le fascisme et le nationalisme. En 1951, Bardèche fut aussi co-fondateur d’un éphémère parti néo-fasciste, le MSE (Mouvement Social Européen). En fait, Maurice Bardèche resta d’abord un intellectuel, même s’il inspira plusieurs futurs leaders d’extrême-droite. Ses livres, très riches sur le plan idéologique et d’une qualité d’écriture remarquable, restent des références pour la mouvance nationaliste.

Source : Magna Europa est Patria Nostra

Comme j’ai ses bouquins depuis de nombreuses années, je connaissais le Bardèche essayiste de « Sparte et les Sudistes » et de « Qu’est-ce que le fascisme », je connaissais le Bardèche polémiste de « Nuremberg » et de la « Lettre à François Mauriac », mais j’ai découvert le Bardèche romancier de « Suzanne et le taudis » il y a quelques jours seulement pour être sur le champ conquis par la langue élégante, la brillante écriture, l’humour tout en demi-teinte, empreint d’auto-dérision qui sont véritablement épatants !

extrait : « C’est dans cette rue du Bouloi que vint me dénicher le « fascisme international ». Dans l’imagination des journalistes officiels, le « fascisme international » est une ténébreuse association, ayant son siège à Buenos Aires, disposant de ressources immenses et envoyant dans le monde entier des émissaires tout-puissants dont la mission est d’étrangler dans l’ombre les pauvres démocraties sans défense. Je ne découragerai certainement aucun de ceux qui ont cette vision intéressante de la politique mondiale et je souhaite vivement, pour ma part, que cette association d’étrangleurs existe quelque part. Je dois reconnaître toutefois qu’elle ne s’est jamais intéressée à moi. J’ai reçu par contre, après la publication de mes livres, de nombreuses lettres de tous les pays du monde. Elles provenaient en général de gens pauvres et maltraités par les évènements qui me remerciaient d’avoir écrit ce qu’ils pensaient et que personne n’avait jamais osé dire tout haut, ce qui me consolait des articles de presse que je collectionnais, dans lesquels j’étais comparé par des rédacteurs imaginatifs aux animaux les plus hideux de la Création. Je rencontrais parfois certains de ces correspondants. Nous exprimions nos inquiétudes sur l’avenir et nous nous demandions comment rendre aux hommes le sens de la justice et de la raison ».

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Contrairement aux fêtes pré-celtiques à détermination solaire et qui reviennent à dates fixes (solstices et équinoxes) les autres fêtes, celto-druidiques, qui marquent le début des saisons sont à détermination lunaire, c’est à dire que la date de leur célébration est choisie en fonction des cycles de la lune.

En ce qui concerne Lugnasad, qui débute l’Automne, la fête devrait être célébrée à la Pleine Lune se rapprochant le plus du 1er aout (« lune noisette »), date en fait souvent matériellement retenue pour plus de commodité.

Selon des sources essentiellement irlandaises, chez les Celtes anciens, Lugnasad semble être un divertissement collectif de plein air où toutes les classes sociales sont tenues de participer, et constitue aussi une trêve militaire puisque les guerriers y viennent sans armes.

On s’y livre à des courses de chevaux, d’hommes et de femmes. C’est d’ ailleurs lors d’une telle occasion que la déesse Macha, qui était alors enceinte et que l’on contraignit d’affronter les chevaux du roi à la course, donna naissance à deux jumeaux, après sa victoire, et lança sa fameuse malédiction contre les Ulates qui, excepté Cuchulainn, allaient alors souffrir périodiquement les souffrances de l’enfantement durant 5 nuits et 4 jours.

La foule s’y presse compacte, pour assister à des luttes et à des régates, à des expositions de chefs d’œuvre et à des tournois d’échec (on se souviendra au passage qu’après son admission au festin, Lug bat le roi Nuada aux échecs…), ainsi qu’a des concours d’éloquence et de musique.(symboliquement, par sa victoire, Lug l’artisan s’approprie la marche complète du monde et le vieux roi, Nuada, l’accueille alors à la place d’honneur et lui transmet son pouvoir).

La fête est prétexte à une grande foire qui perdura longtemps et dont on trouve encore quelques exemples aujourd’hui, où se vendent et s’achètent toutes sortes de biens et produits, y compris des concubines comme le rapporte Henri Hubert.

On y célèbre aussi des mariages et l’on y conclue des alliances. Mais surtout on y réparti tous les biens de consommation et de production issus de ce qui appartient à la collectivité, et non au seul individu, en fait toutes les richesses du royaume : terres, produits de le terre, bétail, etc.

C’est le roi qui se chargeait de cette redistribution et de cette répartition en sa qualité de Distributeur. L’enrichissement personnel en général était considéré comme une tare par nos ancêtres, mais c’était encore beaucoup plus grave en ce qui concernait le Roi Distributeur des biens, et le fait de garder pour lui ces richesses était considéré comme un crime et puni de la peine de mort.

De la même manière et par extension, le roi était le garant de la richesse et de la productivité du territoire dont il avait la charge, une série de mauvaises récoltes entrainait sa responsabilité, sa destitution et son exécution si sa responsabilité volontaire (circonstance aggravante) était reconnue.

Lugnasad est placé sous le signe zodiacal du Lion qui représente la culmination végétale, la plénitude du fruit, toute magnificence ou maturité sous le plus éclatant soleil de l’année. Psychologiquement il est le signe de la pleine affirmation de l’individualité, de la volonté et de la conscience du « je ». Le feu fixe du Lion est l’expression d’une force maitrisée, d’une énergie lumière disciplinée, d’un feu individualisé, consacré aux puissances du Moi, de la volonté dirigée, force centrale régulatrice et irradiante de vie, de chaleur, de lumière et d’éclat. C’est un signe solaire.

Cette fête correspond à la maturité de tous les fruits et c’est à ce moment là que la terre et la végétation sont à leur maximum de fructification. C’est la dernière fête de l’abondance, les dernières récoltes, la Fête des Moissons et sa plante symbolique est le blé qu’on consomme pour la circonstance sous diverses formes : bouillies, pains, gâteaux,etc.

Le grain de blé enfoui dans la terre meurt en hiver pour renaitre au printemps et porter les épis de l’été, et symbolise le cycle éternel de la vie et de la mort, ainsi que celui des transformations.

Lugnasad signifie l’Assemblée de Lug et ce dernier apparait sous trois aspects : Il est d’abord le dieu solaire qui féconde la nature. A ce niveau il est source de vie que ce soit au plan matériel, psychologique ou spirituel et à ce titre il occupe une place importante dans le monde des dieux et des humains.

Mais à côté de cette apparence lumineuse, il présente aussi un aspect obscur quasi lunaire et parfois redoutable. Il est un dieu chthonien, dieu de la terre et du monde souterrain (son oiseau est le corbeau)

Enfin il est le dieu des arts et techniques, dans lesquels il excelle tous à la fois.

Certains considèrent donc Lug comme le Dieu des Dieux mais Pierre Lance (« Alésia, un choc de civilisations »), même s’ il voit bien dans Lug un dieu prestigieux, estime que les celtes étaient trop passionnés d’indépendance pour accepter de donner à certaines de leurs divinités des fonctions de « chef des dieux ». Il est donc « inutile de chercher dans ce panthéon l’équivalent d’un Zeus potentat. Et s’il faut traduire en termes socio politiques cette attitude spirituelle, je dirais qu’elle implique le respect de la hiérarchie des valeurs en même temps que le refus de la hiérarchie des autorités ». Lug symbole même de la civilisation, « artisan, poète et chercheur, créateur amoureux de la chose bien pensée, bien dite et bien faite » illustrerait donc les valeurs que les celtes mettaient au dessus des autres, c’est à dire l’intelligence, la raison, la réflexion, la création et l’expression.

Le fait que ce soit un dieu tri fonctionnel peut indiquer qu’en temps normal, la primauté de ces valeurs était respectée par tous les membres de la société. Mais en période plus chaotique, il semble dans cette optique bien évident qu’il était toujours possible d’appeler à la rescousse une divinité plus exclusivement spécialisée, par exemple Teutates en temps de guerre.

Quand il voulut participer à un grand festin donné par Nuada le roi des Tuatha, le portier pour le laisser entrer lui demanda ce qu’il savait faire « car personne ne vient sans art à Tara ». Il se présente successivement comme charpentier, forgeron, champion de lutte, harpiste, héros, poète et historien, sorcier/magicien, médecin, échanson et fondeur de bronze. Tous ces arts étaient déjà représentés par les différentes divinités convives du festin mais c’est parce que Lug, prototype de l’Homme Parfait, les possédait tous à lui seul, « Homme des Sciences et de tous les Arts », qu’il fut accepté.

Le fait que Dagda soit le « dieu bon » (c.a.d. bon dans tous les domaines) pourrait montrer que ce « vieux » dieu même s’il survécut (en Gaule sous les traits de Sukellos) a peut être été remplacé par Lug plus jeune et correspondant mieux à l’évolution de la société celtique.

Lugnasad fête son Roi qui fête sa Mère. Tailtiu, étymologiquement, est le nom de la Terre et si c’est avant tout le nom d’un site bien localisé dont la légende a fait une Déesse éponyme, Teltown où se déroulent les fêtes de Lugnasad, Tailtiu est en fait une des personnifications de l’Irlande, c’est à dire par extension, de l’Univers.

Elle nous est présentée comme la fille de Magmor, roi d’Espagne, femme d’Eochaid, fils d’Erc, dernier roi des Fir Bolg. A la mort de son mari, elle épouse Eochaid Garb, fils de Duach Dall qui commandait dans les Tuatha. Elle était la nourrice de Lug jusqu’à ce qu’il fut capable de porter les armes, et si tout la rattache à l’Autre Monde, on est tenté de voir en elle une déesse de la Terre à laquelle, d’une manière ou d’une autre, s’est uni le dieu Lug (illustration de l’union des deux grands principes originels).

En mourant d’épuisement d’avoir transformé les forêts d’Irlande en verts pâturages et riches plaines fleuries de trèfles (emblème de l’Irlande et plante souvent associée à l’équinoxe de printemps), « Tailtiu meurt en divinité » (Le Roux Guyonvarc’h) et elle assure par son sacrifice la pérennité et le bien être matériel de son peuple (« blé et lait dans chaque maison, paix et temps agréable »).

Tailtiu annonce la venue de la fin du cycle de descente du soleil qui se situera à Samonios mais la prospérité devra se renouveler et la célébration de la fête apparaît comme la contrepartie de ce bien être.

Enfin, la fête de Lugnasad représente un point culminant dans les rapports entre le Roi et la déesse de la Terre (confirmation de souveraineté). On se rappelle aussi au passage que s’il en faut en croire l’interprétation de J.J.Hatt du chaudron de Gundestrup, c’est à ce moment là que la Grande Déesse (de la Terre) abandonne son époux terrestre pour rejoindre Taranis le dieu céleste (roi du Ciel) (un lien avec l’Assomption chrétienne, fêtée le 15 aout ?)

(déja paru dans « La Main Rouge »)

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Dialoguiste et réalisateur de cinéma (oui, oui … celui sur lequel l’intelligentsia bien pensante crachait de son vivant, avant de devenir « culte » chez les mêmes bobos téléramesques après sa mort), Michel Audiard est mort le 28 juillet 1985 …

Parfois qualifié d’anarchiste de droite un des seuls regrets qu’on lui connaisse est de ne pas avoir eu le temps d’adapter à l’écran le Voyage au bout de la nuit de Céline.

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En hommage, cet excellent article de Sébastien Lapaque, Marianne, lundi 26 Juillet 1999.

Où sont passés les anarchistes de droite ?

Ils se méfiaient des slogans et des drapeaux. Ils se moquaient de tout et surtout d’eux-mêmes. Qui, mieux qu’eux, aurait commenté la farce élyséenne ? Avis de recherche : on demande la relève d’Audiard et de Blondin. Il y a urgence : quand la droite est morose, la France s’ennuie.

La droite a-t-elle perdu le sens de l’humour ? Si elle sait encore être déplaisante, si elle peut toujours être consternante, tout se passe comme si elle avait renoncé à être drôle. Le MRP et l’UDR de jadis ne ressemblaient certes pas à des laboratoires de farces et attrapes ; et ni Georges Bidault ni Michel Debré ne faisaient figure de gais lurons. Mais on trouvait encore, dans le métro, les bistrots, les journaux, des gens qui n’étaient pas de gauche et savaient rester de bonne humeur. Ce temps semble avoir pris fin, comme si la droite d’élégance et de fantaisie, la droite anar d’Antoine Blondin s’était éteinte, victime des profits en Bourse et des taxes sur les alcools.

On serait surpris aujourd’hui par la liberté de Michel Audiard, son théoricien définitif : « Je suis toujours attiré par la déconnante, et la droite déconne. Les hurluberlus, les mabouls, on ne les trouve qu’à droite. La droite est branque, il ne faut jamais l’oublier. À gauche, c’est du sérieux. Ils pensent ce qu’ils disent et, c’est le moins qu’on puisse dire, ils ne sont pas très indulgents avec les idées des autres. Je n’ai jamais entendu Marcel Aymé porter des jugements sur le reste de l’humanité, ni demander des sanctions ou des châtiments ».

Tracer leur portrait-robot ? Mission impossible

Il n’y a plus un Albert Simonin, un Pascal Jardin, un Jacques Perret, pour réhabiliter la langue de La Bruyère dans les caboulots, parler du Bon Dieu aux libres penseurs, juger du funeste présent à la lumière du bon vieux temps. Geneviève Dormann, Jean Yanne et Claude Chabrol mènent certes, chacun à sa manière, une résistance héroïque et désespérée. Mais la relève se fait attendre. Les anarchistes de droite sont une espèce en voie de disparition. Ils étaient pourtant les héritiers d’une tradition qu’il ne faut pas hésiter à faire remonter jusqu’à Noé, parti seul avec sa famille et quelques couples d’animaux sur une arche mythique avec le projet de recommencer l’humanité lorsque viendraient des jours meilleurs. Noé, qui se réservait un contact direct avec l’Éternel, finit d’ailleurs ivre et nu dans sa vigne. Après lui, tous les anarchistes de droite cultivèrent ce rêve d’une tribu capable de faire bande à part sur les eaux du déluge, tous cherchèrent l’ivresse pour tutoyer les anges.

L’anarchiste de droite est d’autant plus difficile à reconnaître qu’il ne se définit pas comme tel. Anarchiste ? Il se moque de tout, à commencer par lui-même. De droite ? Rien ne l’agace autant que les snobs, les bourgeois, les intellectuels de gauche. Non que leurs chimères soient odieuses, mais elles sont fatigantes. « La grandeur de la gauche, commente San Antonio, c’est de vouloir sauver les médiocres. Sa faiblesse, c’est qu’il y en a trop ! » Il arrive parfois qu’on confonde l’anarchiste de droite avec les anarchistes chrétiens – Bloy, Péguy, Bernanos – ou avec les misanthropes sublimes – Léautaud, Montherlant, Cioran. Son je-m’en-foutisme et son solide fond anarcho-communautaire dissipent aussitôt le malentendu.

Ne l’appelez jamais anarchiste de droite, il se mettrait en colère. Méfiant envers l’engagement, les slogans, les drapeaux, il aurait l’impression de s’enrôler dans un parti. Malgré son goût avéré pour les bouchons, l’argomuche et les copains, on n’arrivera jamais à en établir un portrait-robot. De Barbey d’Aurevilly à Philippe Muray, d’Arletty à Bernadette Lafont en passant par Léon Daudet, Dominique de Roux et Pierre Desproges, l’anarchiste de droite est un songe, une légende, un mirage. Ce n’est pas un hasard si on en a souvent identifié parmi les personnages de fiction : l’illustre Gaudissart, le capitaine Fracasse, Arsène Lupin, les Pieds nickelés, Fantômas, Achille Talon, l’inspecteur Harry. Ceux-là n’ont pas à justifier leurs préférences auprès des agents de la circulation idéologique. Les autres sont obligés de lever les yeux au ciel à la manière de Lino Ventura dans Les Tontons flingueurs pour n’avoir pas à répondre de leur nostalgie des grand-messes à fanfare – « Sans le latin, sans le latin, la messe elle nous emmerde… » (Brassens) -, de leur passion de l’histoire de France et de leur prédilection pour les causes perdues. Car, on l’aura compris, ils chérissent Waterloo pour le mot de Cambronne, Camerone pour son héroïsme ensoleillé et Diên Bien Phu pour ses collines aux prénoms de demoiselles.

Entre le couscous et McDo, leur choix est fait

Des méfiants ont cru reconnaître des anarchistes de droite dans les parades patriotiques organisées par les beaufs tricolores. Ils leur ont prêté de vilaines pensées, les ont accusés d’être les agents doubles de l’immonde. Pascal Ory s’employa même à le démontrer dans l’Anarchisme de droite ou du mépris considéré comme une morale, le tout assorti de réflexions plus générales (Grasset, 1985), un essai brillant et de mauvaise foi. N’en déplaise à cet éminent professeur, ni Marcel Aymé ni le capitaine Haddock n’auraient pris leur carte au Front national. L’anar de droite, qui, des versions latines, a surtout retenu les leçons sur l’art militaire de César, aime trop la stratégie pour risquer de se tromper d’ennemi. Il sait distinguer un couscous préparé par un Kabyle, avec lequel il aime redéfinir la géopolitique méditerranéenne sur un bout de nappe, des hamburgers servis par des étudiants exploités par une firme américaine. Entre le boulaouane et le Coca-Cola, son choix est fait. C’est quand même Marcel Aymé qui baptisa un de ses personnages Abd el-Martin !

Ils réconcilient contre eux droite morale et gauche pragmatique

Inutile de fouiller dans les recoins sombres de notre histoire. L’anar de droite n’a rien à cacher. Avec Uranus, un roman d’Aymé mettant au jour l’ambiguïté de la Libération, il instruisit son procès Papon dès 1948. À l’époque, ça embarrassait encore beaucoup de monde. Auparavant, Alphonse Boudard, José Giovanni, Jacques Perret, René Fallet et Auguste Le Breton ne s’étaient pas privés de profiter des « vacances de la vie » que leur offrait le maquis. Question de style : le vert-de-gris leur déplaisait. « C’est incroyable qu’ils aient pu gagner la guerre, chez nous, avec une couleur pareille, s’étonnait Jacques Perret. Peut-être que chez eux la nature en a pris l’habitude, mais, ici, partout ce vert postiche fait tache ». Un cœur chouan brodé sur sa vareuse, un tromblon à l’épaule, Perret entra donc en Résistance en sifflotant une chanson royaliste accompagné de « quelque ombre choisie comme Pharamond, Charette, Louis le Gros ou Gaston de Foix», comme il le raconte dans Bande à part. En exergue de son roman les Combattants du petit bonheur, Alphonse Boudard a reproduit un mot de Giono qui résume l’état d’esprit de ces drôles de maquisards : « Il y a six mois, je me serais fait tuer pour mes idées; aujourd’hui, si je me fais tuer, ce sera pour mon plaisir ».

Cette philosophie ne peut que déplaire aux vertueux et aux réalistes de tous les temps. Pour son plus grand malheur, l’anarchiste de droite réconcilie contre lui la droite pragmatique et la gauche morale, les lecteurs du Nouvel Économiste et ceux de Charlie Hebdo. Il a ainsi fallu que Michel Audiard soit mort pour qu’on reconnaisse son talent. Encore est-ce prudemment : beaucoup de ses livres (le Terminus des prétentieux, Vive la France), dont la cote flambe chez les bouquinistes, ne sont toujours pas réédités.

L’anarchiste de droite n’occupe pas une position facile. Les uns lui reprochent d’être plus de droite qu’anarchiste ; les autres d’être plus anarchiste que de droite. Dans le fond, lui-même ne sait pas trop où il se situe. Ses choix électoraux sont confus. « La dernière fois que j’ai voté, assurait Anouilh, c’était à l’élection d’Hugues Capet ». Habituellement, il aime sa patrie : « C’est tout de même une chose qui compte de se sentir en accord avec le sol où on est accroché», confie un personnage d’Uranus. Mais son patriotisme a des limites. Léon Daudet, à qui des jurés du Goncourt reprochaient de défendre l’antimilitariste Céline en 1932, l’établit clairement : « La patrie, je lui dis merde quand il s’agit de littérature ! » L’anar de droite se paie tous les luxes, y compris celui d’être de gauche, comme Roger Vailland, ou d’être misogyne, comme Geneviève Dormann. On le dit antigaulliste, ignorant son cousinage avec l’anarchiste légitimiste de Gaulle. Audiard, Perret et Blondin ne portèrent certes jamais le « Grand Rantanplan » dans leur cœur. En mai 1968, ils furent même ravis de voir la chienlit déferler sur le quartier général.

Mais il est tout aussi vrai qu’on trouve parmi les héros de la France libre quelques belles gueules d’anars de droite, aristos décalés, aventuriers mélancoliques et flibustiers d’un nouveau genre. Ainsi, le capitaine de vaisseau Jacquelin de la Porte-des Vaux, ami de Georges Bernanos, qui hissa le drapeau noir sur le bâtiment qu’il commandait en mer du Nord lorsqu’il apprit l’armistice de juin 1940 et qui continua le combat pendant plusieurs semaines avant de rejoindre Londres. Ainsi, le capitaine Raymond Dronne, entré dans Paris, en tête de la 2e DB le 24 août 1944 avec, peint sur le pare-brise de sa jeep, le seul credo anarchiste de droite : « Mort aux cons ! » Ces deux-là seraient probablement surpris, s’ils revenaient aujourd’hui, de voir à quoi sont désormais employées les croix de Lorraine.

C’est pourtant des individus de cette espèce qu’il faudrait pour redonner du piment à la vie. Des enfants d’Alexandre Dumas, de Pierre Mac Orlan, de Léo Malet feraient le plus grand bien au roman. Aux chevau-légers de la droite bourgeoise, aux Morand pour midinettes, ils apprendraient des gros mots, des cochonneries, des idées dangereuses. Aux enfants des Sex Pistols ils donneraient des leçons de grammaire et d’histoire de France. Aux partisans de la taille-douce ils enseigneraient la manière noire. À tous, ils feraient faire une cure de déconnante, de Rabelais et de méchanceté.

Que devient le polar depuis qu’on y est devenu sérieux et moral ? Qu’est-ce qui reste de la Série noire sans Simonin, Bastiani, Le Breton et ADG ? Qu’on prenne une nouveauté au hasard, qu’on relise en parallèle Touchez pas au grisbi, ce chef-d’œuvre de poésie, de drôlerie et d’impertinence. La comparaison est cruelle.

La vertu de la gouaille anarchiste de droite était de réconcilier le populo et l’aristo. Au cinéma, l’effet était garanti. La Traversée de Paris, c’est Molière à l’heure du marché noir; Le Président, Machiavel en argot; Un singe en hiver, Rimbaud au bistrot. Dans Les Tontons flingueurs, la jactance du café du Commerce fusionne avec la langue du XVIIe siècle. « On ne devrait jamais quitter Montauban », lâche Ventura, qui cause soudain comme La Rochefoucauld. Il n’est d’ailleurs pas anodin que le trio Lautner-Simonin-Audiard ait écrit le scénario au Trianon Palace à Versailles. Gavroche chez le Roi-Soleil ! Une ironie que le jeune cinéma français rasoir et minimaliste d’aujourd’hui est incapable d’assumer : les intellos de gauche n’aiment ni les bistrots ni les châteaux.

Ne parlons pas de l’art du décalage, du comique de situation, de la comédie de caractères, autres spécialités anarchistes de droite. Elles sont désormais suspectes. Lorsque Jean Gabin s’écrie « Salauds de pauvres ! » dans la Traversée de Paris, lorsque Jean Yanne proclame cyniquement « Moi y’en a vouloir des sous », la férocité de leur humour possède une vertu sociale. Elle fait tomber le masque des cagots, des hypocrites, des nouveaux riches toujours habiles à grimer leur cupidité en munificence, leur libéralisme en libéralité.

Où se cachent les descendants de Bibi Fricotin ?

On rêve de voir un Marcel Aymé raconter la comédie qui se joue en ce moment entre Saint-Germain-des-Prés et Pristina, d’un Michel Audiard pour en écrire les dialogues. Il faudrait un second Jean Yanne pour adapter au cinéma la présente farce élyséenne, imaginer le Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil du RPR. Où sont les enfants de Melville, Autant-Lara et Vemeuil ? Où se cachent les descendants de Gaudissart, Bibi Fricotin et Arsène Lupin ? La France s’ennuie. Elle aurait tant besoin de nouveaux Galtier-Boissière pour présenter le Journal de 20 heures, de nouveaux Bruant pour égayer les talk-shows, de nouveaux Spaggiari pour percer les coffres-forts. On demande des anarchistes de droite !

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http://fr.metapedia.org/wiki/Anarchisme_de_droite

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le 26 juillet 1910 est né Yann Fouéré, indépendantiste breton et fédéraliste européen…

alors, même si les Cent Drapeaux de l’Europe ont bien du mal à flotter, bon anniversaire !

( Fondation Yann Fouéré )

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Jubilation. Les vrais amateurs de traditions sont ceux qui ne les prennent pas au sérieux et se marrent en marchant au casse-pipe, parce qu’ils savent qu’ils vont mourir pour quelque chose d’impalpable jailli de leurs fantasmes, à mi-chemin entre l’humour et le radotage. Peut-être est-ce un peu plus subtil : le fantasme cache une pudeur d’homme bien né qui ne veut pas se donner le ridicule de se battre pour une idée, alors il l’habille de sonneries déchirantes, de mots creux, de dorures inutiles, et se permet la joie suprême d’un sacrifice pour carnaval. C’est ce que la Gauche n’a jamais compris et c’est pourquoi elle n’est que dérision haineuse. Quand elle crache sur le drapeau, pisse sur la flamme du souvenir, ricane au passage des vieux schnoques à béret et crie « woman’s lib ! » à la sortie des mariages en blanc, pour ne citer que des actions élémentaires, elle le fait d’une façon épouvan­tablement sérieuse, «conne » dirait-elle si elle pouvait se juger. La vraie Droite n’est pas sérieuse. C’est pour­quoi la Gauche la hait, un peu comme un bourreau haïrait un supplicié qui rit et se moque avant de mourir. La Gauche est un incendie qui dévore et consume som­brement. En dépit des apparences, ses fêtes sont aussi sinistres qu’un défilé de pantins à Nuremberg ou Pékin. La Droite est une flamme instable qui danse gaiement, feu follet dans la ténébreuse forêt calcinée.

Jean Raspail, Le camp des saints.

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20 juillet 1938 à Doncaster (Angleterre), naissance de Diana Rigg.

Bon anniversaire mrs Peel …

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La bataille de l’Allia, qui se déroula le 18 juillet -390 (date traditionnelle) ou -387 vit la victoire des Gaulois Cénomans, Boïens, Lingons et Sénons sur les forces romaines.

Les Romains , comptant un bon nombre de soldats inexpérimentés, sortirent de Rome en hâte et engagèrent le combat près de la rivière Allia sans préparation. Tite-Live justifie la défaite romaine par le non respect de rites religieux et par la précipitation du commandement :

« Les tribuns militaires sans avoir d’avance choisi l’emplacement de leur camp, sans avoir élevé un retranchement qui pût leur offrir une retraite, et ne se souvenant pas plus des dieux que des hommes, rangent l’armée en bataille, sans prendre les auspices et sans immoler de victimes »

Rapidement submergés, les Romains prirent la fuite et perdirent beaucoup d’hommes. Seule l’aile droite put se replier sur Rome. Trois jours plus tard, les Gaulois investissaient Rome, dégarnie de la plupart de ses défenseurs, et assiégeaient la forteresse du Capitole où les Romains s’étaient retranchés.

Pendant la nuit, les assaillants tentèrent d’escalader les murs de la citadelle, mais les oies sacrées de Junon les en empêchèrent en criant à qui mieux mieux. Un civil honorable, ancien consul de la ville, avertit alors les soldats romains qui repoussèrent les envahisseurs en les faisant tomber des murailles.

Brennus, chef gaulois, conduisait alors le siège de Rome. Les Romains, affamés, demandèrent à ce dernier de renvoyer ses troupes hors de la ville. Brennus accepta, mais leur demanda alors en échange une forte somme d’or.

La transaction eut donc lieu hors des murs de la cité : quelques poids furent posés sur une balance et, de l’autre côté, les Romains versèrent leur or, jusqu’à ce qu’ils découvrent qu’une épaisse plaque de plomb lestait l’un des plateaux de la machine. On cria à la supercherie et on demanda à Brennus de l’enlever immédiatement.

Celui-ci, hors de lui, jeta son épée sur les poids en criant la phrase devenue désormais célèbre : «  Vae Victis!  » (« Malheur aux vaincus ! »).

… et les Romains s’exécutèrent …

(source : wikipédia)

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« L’État, maître depuis longtemps dans l’art de dicter l’Histoire par célébrations et pantomimes, sait aussi, depuis quelques années, montrer d’un doigt vengeur les affreux, les criminels et les pervers dans un passé de plus en plus lointain. […] Sont condamnés, sans entendre et sans appel bien sur, ceux proclamés coupables non plus d’agressions contre le pays ou contre telle communauté mais de crimes contre l’Humanité. Contre ces maudits, les forces du Bien mènent non une guerre de conquête mais une expédition punitive, une croisade des temps modernes. […] Crimes contre l’Humanité ? Génocides ? Les mots si souvent à la une depuis quelques temps paraissent vides de sens. […] Ces escroqueries intellectuelles sont délibérément préparées puis imposées par une volonté politique qui décide de ses choix et prétend, au nom d’une idéologie, d’intérêts immédiats, d’une complaisance diplomatique, écrire et réécrire l’Histoire. […] On ne peut nier que ces condamnations lancées par le pouvoir politique aient lourdement pesé sur la recherche historique. Cela s’affirme évident lorsque ce pouvoir, ayant fait connaître sa vérité jusque dans les détails, interdit formellement toute nouvelle enquête, révision, précision même qui risquerait de mettre en causes ses certitudes, ne serait-ce que sur un seul aspect du problème. Lorsque le seul fait de souhaiter confier aux historiens l’étude du passé, sur tel ou tel point contesté, est aussitôt pris pour un grave délit, il est bien clair que toute recherche se trouve figée, réduite à la clandestinité ou, plutôt, réduite à néant. »

Jacques Heers, L’Histoire assassinée.

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vient de paraitre :

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Quelques heures seulement après les massacres du 5 juillet 1962 qui,ont fait plus de trois mille victimes dans la population civile européenne, de Gaulle, prend la décision de faire fusiller le lieutenant Roger DEGUELDRE dont il a refusé de recevoir l’avocat, Me Tixier-Vignancour, venu demander sa grâce

Né le 19 mai 1925 à Louvroi, dans le Nord, ancien maquisard, engagé dans la Légion à la Libération,, il gagne ses galons et ses médailles sur les champs de bataille d’ Indochine et d’Algérie

Pour rester fidèle à son serment, « la mort plutôt que le déshonneur », il décide de s’engager dans la défense de l’Algérie Française. Il est le créateur et responsable des commandos Delta de l’Organisation armée secrète (OAS)

Pendant un an, les commandos Delta font trembler le pouvoir gaulliste. Attentats. Démonstrations de force. Ils ne reculent devant aucun moyen pour éviter le parjure et la honte de l’abandon. A leur tête,aussi dur avec lui-même qu’implacable avec les autres : le lieutenant Roger Degueldre. est poursuivi par toutes les polices, et finalement arrêté le 8 avril 1962. Traduit en justice, condamné à mort par la Cour de sûreté de l’État, Roger Degueldre est fusillé au fort d’Ivry-sur-Seine le 6 juillet 1962. Une balle seulement sur les onze du peloton d’exécution l’atteint. Le sous-officier chargé de lui donner le coup de grâce devra s’y reprendre à six fois.

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