saintloupnoubliezjamais.jpg            En l’honneur de nos morts tombés le 6 février 1934, voici un texte de Saint-Loup qui rappelle que plusieurs voies s’offre au guerrier pour combattre et se sacrifier.

« Jusqu’en 1941, la collaboration franco-allemande, dans la mesure où elle existait, intéressait presque exclusivement les partis politiques de la zone « Nord », les journalistes et les écrivains, une certaine aristocratie et, bien entendu, les affairistes parmi lesquels bon nombre de Shylock israélites n’étaient pas les derniers à prélever leur livre de chair sur le monstre hitlérien. Le peuple, lui, se réservait. L’Allemagne n’avait exporté que les formes les plus détestables de sa puissance : la Wehrmacht frédéricienne, sa police, ses commissions de réquisition et d’achat. Elle conservait les prisonniers tombés entre ses mains après le plus loyal des combats. Alphonse de Châteaubriant, les deux Abel, Bonnard et Hermant, Drieu La Rochelle, Brasillach avaient annoncé qu’elle apportait, dans ses fourgons, la révolution fasciste. Les ouvriers attendaient une application française de cette prodigieuse transformation sociale réalisée en Allemagne par Hitler. Lui qui avait « rendu l’honneur » au peuple travailleur, qu’attendait-il pour déprolétariser la France ?

La collaboration s’enlisait. Aux questions de plus en plus angoissées de Drieu et de Brasillach, le directeur de l’Institut allemand, Karl Epting, ne pouvait jusqu’à nouvel ordre qu’opposer la déclaration du prophète hitlérien : « Le National-Socialisme n’est pas un article d’exportation ». Il lui était plus facile de donner satisfaction à François Mauriac qui, lui, ne demandait pas autre chose qu’un appui pour se faire jouer à Paris.

La collaboration avait rallié les plus grands des écrivains français. Plus réservé qu’Henry de Montherlant qui donnait des articles à La Gerbe, ou Giono dont Signal campait le personnage de faux-prophète, Louis-Ferdinand Céline me disait, alors que je lui demandais un article :

-Mon p’tit, j’ai écrit sur les Juifs tout ce qu’il fallait avant la guerre. Maintenant que les Boches sont là, j’veux pas en remettre. Je crache pas sur les vaincus !

Brasillach ne crachait pas sur les vaincus mais il attendait de Mussolini et d’Hitler la réalisation du fascisme qu’il avait annoncé à la France. Angoisse extrême. Nous avions sacrifié le nationalisme – trente avant ans avant la CED ou le Marché commun – en faveur d’une Europe unie et socialiste. Et le visage qui s’en dessinait, à travers les silences de l’Allemagne, les réticences d’Hitler, c’était un espace asservi à une nouvelle hégémonie nationale. À travers les lignes de Brasillach on pouvait lire les prémices d’un proche désenchantement.

22 juin 1941. L’Allemagne s’est jetée sur la Russie. Août 1941, Jacques Doriot, Marcel Déat, Costaini, Deloncle fondent la « Légion des Volontaires Français » contre le Bolchevisme. Désormais une porte permet de sortir, dans l’honneur, de l’imposasse de la collaboration. Se faire tuer sur le front de l’est, aux côtés des soldats allemands, voilà le moyen idéal de résoudre toutes les contradictions internes. Dans une autre hypothèse, vaincre la Russie aux côtés de l’Allemagne, c’est acquérir des pouvoirs et des droits sur elle, un moyen d’imposer le fascisme européen tel que l’entend Brasillach.

C’est aussi, donner de soi-même, en tant qu’homme politique, écrivain ou philosophe, un gage d’authenticité. Or, que rencontre-t-on dans la « LVF » ou la « Waffen SS » sur ce front où « le Diable se plaît à rire » ? Des ouvriers, des paysans, des soldats de carrière, mais fort peu d’intellectuels ! Deux écrivains seulement, dont l’exquis Jean Fontenoy, une poignée de journalistes, Lousteau, Azéma, Caton, Le Merrer. Tout le monde attend Brasillach.

Il apparaît en 1942, dans le cortège de François de Brinon qui visite les postes LVF installés entre la Bérésina, Gomel et Vitebsk, en plein pays partisan. Je me souviens de son air émerveillé et craintif en même temps, alors qu’il passait devant les rudes gaillards trempés dans le bain glacé ou brûlant de la Russie. Je le revois touchant avec une sorte de respect les longs canons noirs de MG 34 et j’aperçois encore les larmes qui brillaient dans ses yeux tandis que montait, le long des mâts des petits postes, le drapeau tricolore qu’une poignée d’hommes faisaient flamber sur ces espaces inhumains.

Il disparut, entre deux blindés légers de reconnaissance, dans le sillage de l’ambassadeur, alors que le crépuscule bleu pénétrait dans les isbas et nouait ses crêpes autour des croix de bois marquant les tombes nombreuses, si nombreuses, de nos camarades français reposant dans le cimetière de Smorki. Il allait visiter les célèbres fosses de Katyn où se décomposait l’élite des officiers de l’Armée polonaise, « l’intelligenzia » héroïque de ce petit peuple, assassinée par Joseph Staline. On le revit plus sur le Front de l’Est.

Je le rencontrai de nouveau en 1943, dans un salon de l’ambassade allemande de Paris. Je ne frayais jamais, par principe, avec les « salonnards » de la collaboration, une collaboration qui devenait, pour ces gens, purement alimentaire. Mais il me fallait rencontrer là Otto Abetz ou Achenbach. C’est Robert Brasillach que j’aperçus. Il se tenait appuyé aux tapisseries grises, face aux fenêtres donnant sur le jardin et la Seine, isolé, recevant de face la froide lumière du nord. On aurait dit un très sage élève de « Cagne » attendant son tour de passer devant l’examinateur. Les dames collaborantes ne le fêtaient pas. Il était célèbre, certes, mais laid. Je m’approchai de lui et saisi l’occasion pour lui demander un article.

Je dirigeai alors le journal de la LVF, Le Combattant européenque j’avais arraché à sa direction purement allemande en revenant de la Russie, avec l’aide intelligente et francophile de Bentman, le beau-frère d’Otto. Brasillach me répondit :

            -Oh, ce n’est pas vraiment possible. Le Combattant européenest un journal de soldat. Je suis indigne d’y écrire une seule ligne car l’âge et les moyens physiques de me battre à la LVF et je reste à Paris, « planqué ». Ce n’est pas possible.

Cette merveilleuse sincérité m’impressionna. Elle ne suffisait pas à expliquer l’absence de Brasillach parmi les guerriers. Je sentais bien que son courage était d’une autre essence que le nôtre, que son combat se situait à des altitudes plus élevées, mais il m’a fallu des années pour en comprendre la philosophie.

J’ai rapporté dans Les Volontaires les entretiens de Brasillach avec l’un de ses camarades de l’École normale que j’appelle, pour d’impérieux motifs de discrétion, « Le Fauconnier ». Mais je ne le revis qu’une fois en 1944. Je lui demandai :

-Quand partez-vous ?

C’était en août. La plus gigantesque rafle policière, la plus impitoyable des Inquisitions que le monde ait jamais connues, s’apprêtaient à déferler sur la France, vêtues des plus mensongères couleurs du patriotisme. Brasillach me dit :

-Je ne pars pas.

Il ajouta en souriant, timide et modeste comme à l’accoutumée :

-Voyez-vous, je suis comme Danton. Je ne peux pas emporter ma patrie à la semelle de mes souliers !

Pauvre Brasillach ! Naïf Brasillach ! Il n’avais pas compris que l’heure était venue d’écouter Trotzky : « En période de troubles graves, le premier devoir d’un révolutionnaire est de plonger dans l’anonymat des foules pour survivre. » J’avais lu Trotzky. Entre les communistes et nous n’existait qu’une fragile frontière représentée, il est vrai, par ce rideau de mort qui flambait sur le front de l’Est. Mais en ce qui concerne Brasillach, je compris plus tard que ce que je prenais pour de la naïveté n’était que la réponse fournie à l’appel du destin plus élevé que celui du révolutionnaire que j’étais.

Je ne le revis plus. J’appris la nouvelle de son supplice dans les Alpes de Bavière.

C’est en parlant avec Charles Lesca, en relisant Je Suis Partout bien des années plus tard, en République argentine, que j’ai compris pleinement le sens profond de l’absence de Brasillach parmi les guerriers du fascisme. En 1944, le climat interne du journal qu’il animait s’était profondément altéré. Il y avait le clan des propagandistes et celui des consciences. Brasillach dominait celui-ci. C’était l’époque où il déclarait :

-Je ne puis tromper mes lecteurs en écrivant que l’Allemagne va gagner la guerre puisque je sais désormais qu’elle est perdue.

Admirable leçon pour les journalistes d’aujourd’hui, qui ne savent plus résister aux ordres de « grands patrons » de presse qui poussent leurs entreprises dans les bas-fonds les plus troubles de l’esprit humain !

Enfin je compris tout. Brasillach ne s’était pas mêlé aux guerriers parce qu’il avait horreur de la guerre. Plus exactement, il ne pardonnait pas au fascisme de s’être laissé acculé à la guerre, ou de l’avoir provoquée (l’histoire ne s’est pas encore prononcée là-dessus et toutes les propagandes de « responsabilités », y compris à Nuremberg, tomberont dans l’oubli). La grande chance du fascisme, c’était la paix. Nous, les guerriers, ne regrettons rien, sinon, comme Brasillach, cette grande espérance de l’Europe fasciste en grande partie trahie par Hitler lui-même ; Hitler donnant à son appétit de nouvelles terres germaniques la primauté sur l’exportation de la révolution sociale qu’il avait réalisé et qui possédait une valeur universelle. Nous, les guerriers, avons été trompés quant aux buts de la guerre en Russie. Mais nous l’avons faite pour détruire le Bolchevisme, donc le Mal (et nous l’avons effectivement détruit en Russie) en même temps que pour sortir, le front haut, de l’impasse de la collaboration. Brasillach a choisi une autre voie, mais il s’est échappé par une porte plus étroite. Et lui vit – alors que nous sommes depuis longtemps oubliés.

Un être de lumière comme lui ne pouvait pas mener le combat avec des armes ordinaires. Il lui en fallait de mieux trempées que celles des Spartiates qu’il admirait. Il les a trouvées dans le supplice et sa mort vise plus haut que sa vie, son sacrifice porte infiniment plus loin que sa plume. Il a « transfiguré » jusqu’au fascisme qu’il soutenait.

Le fascisme, le national-socialisme sont morts en même temps que lui et ne ressusciteront point. Mais pendant que les guerriers luttaient pour leur conservation, que Spartacus poussait à l’extrême la révolte des Aryens, naissaient des formes plus hautes de la pensée, façonnées par une objectivisation de la science. L’homme d’avant 1939, qui ne pouvait se définir comme le chrétien du Moyen Age, qui ne savait plus exactement qui il était, ne savait même plus s’il « était », après 1945, sait exactement ce qu’il représente, du moins à travers les élites. Il existe aujourd’hui une nouvelle créature , une nouvelle religion.

En se précipitant sur la France en 1944, les Inquisiteurs, chargés de mission par les Cosmopolites, ne pouvaient pas ne pas commettre les fautes capitales qui ont toujours produit les mêmes effets. En suppliciant Brasillach, ils ont fourni un martyr à la religion qui venait de naître, un parmi bien d’autres, certes, mais de qualité exceptionnelle. Sanguis martyrum semet christianorum. Il est vrai qu’il ne s’agit plus de christianisme, puisque Dieu, lui aussi, est mort. »

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2015 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Musée du Louvre accueille chaque année 8.500.000 visiteurs. Ce blog a été vu 110 000 fois en 2015. S’il était une exposition au Louvre, il faudrait à peu près 5 ans pour que chacun puisse la voir.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

DSCF5155O Belaros, écoute nos paroles d’apaisement
Loué sois-tu Belaros Balcons-Beimenia, fils de Dot, petit-fils de Net
Toi qui as rang de dieu des Profondeurs
Chef de la race des Vouivres et des Anguipèdes.
Roi des démons et des ténèbreux,
Belaros du Mauvais Oeil, roi borgne,
Homme plus ancien que le monde,
qui peut, quand on soulève les sept paupières
qui protègent son oeil unique,
arrêter le coeur des hommes
et d’un seul regard réduire une armée en cendres.
Seigneur sorcier des Uomorioï dont les ténèbres funestes
mettent en fuite tous les animaux et glacent l’âme des hommes,
écoute le chant que nous disons pour toi, Belaros le Fort !
En ces jours sombres, toi qui triomphes en ce début d’année
et qui connaîtras ton apothéose au solstice d’hiver,
tu vas régner en maître incontesté sur nos terres.
Mais épargne nous, ne nous assaille point
Le javelot levé, ne le lance point !
Jusqu’au retour de nos dieux de lumière qui se retirent dans leur demeure,
regarde avec bienveillance
le savant et ses livres, l’artisan et ses outils,
l’artiste et ses oeuvres, l’agriculteur et sa charrue,
le guerrier et ses armes, nos foyers et nos familles,
nos tribus et nos clans, nos maisons et nos champs,
nos animaux et nos récoltes, la graine dans la terre et le fruit dans la fleur.
Mais exerce si tu le veux,
ta Puissance et tes pouvoirs de destruction sur nos ennemis.

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pochette-drones-septieme-album-muse« Je trouve une intéressante définition du « l’idéologie d’aujourd’hui », dans le Monde diplomatique du mois d’août. Elle est signée François Brune et vaut d’être résumée pour venir compléter mes dernières réflexions.
L’idéologie d’aujourd’hui se compose du mythe du progrès, du primat du technique, du dogme de la communication, de la religion de l’époque.
Progrès = changement : tout changement est un progrès technique; tout changement est devenu nécessité. Il ne faut surtout pas être en retard sur l’autre.
La technique va de pair avec la vitesse (ici aussi, il ne fait pas bon être « dépassé »).
On a fait naître, on entretient le besoin de communication; il est un dogme quotidien. Tout problème se règle par la communication. Savoir communiquer… Etre branché… Interactivité… Mais il y a communication et communication. La télévision n’a par exemple jamais « communiqué » que pour « convertir à la religion de l’époque, dont elle se veut le temple ».
« La religion de l’époque, enfin, c’est s’adapter, être de son temps. Mais qui décide de ce qu’est l’époque ? »

(Bruno Favrit. Midi à la source. Carnets 1990-2011. Auda Isarn.)

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DSCF5119Loué sois-tu DAGODEVOS, dieu tout puissant et très bon.

Toi qui nourris notre corps de ton chaudron d’abondance

Loué sois-tu TOUTATIS, père du peuple gaulois.

Toi qui défends la culture et l’identité des Celtes menacés.

Loué sois-tu TARANIS, maître des tempêtes.
Toi qui nous donnes jour après jour la force de lutter dans les combats.

Loué sois-tu LUGUS au bras long, lumière du monde.

Toi qui nourris notre esprit de ta science parfaite.

Loué sois-tu ESUS, prince de l’Univers, bûcheron divin.

Toi qui crées et détruis, tout à la fois.

Loué sois-tu OGMIOS, « parleur des Dieux », premier de tous les druides.

Toi qui fis don à notre peuple de ton écriture sacrée.

Loué sois-tu SUCELLOS, le « bon frappeur », protecteur des foyers celtes.

Toi qui aides le vieillard à franchir l’initiation suprême.

Loué sois-tu CERNUNNOS, grand cerf de la forêt gauloise.
Toi qui es l’image de la nature féconde et gardien des secrets du monde souterrain.

Loué sois-tu BELENOS, jeune dieu aux boucles d’or, fils chéri de la Grande Déesse.

Toi qui es le principe de la lumière, de l’intelligence et de la force créatrice.

Dieu de la beauté, de la générosité, de l’harmonie.

Loué sois-tu GOBANNON, forgeron des Dieux, maître du Feu.
Toi qui possèdes le don du sortilège, les vertus du guérisseur et le privilège de verser l’Hydromel.

Loué sois-tu NODONS, dieu-roi au bras d’argent

Toi, garant de la Justice, qui régule et distribue les biens de la communauté.

Loué sois-tu SMERTRIOS, pourvoyeur et dieu guerrier.

Toi qui rends possible la prospérité en exterminant les ennemis de l’homme et du bétail.

Louée sois-tu ANA, mère des dieux et des hommes.
Toi qui assures la prospérité et protège la famille.

Louée sois-tu RIGANTONA, Grande Reine de l’Autre Monde.
Toi qui es aussi protectrice et nourricière.

Louée sois-tu BELISAMA, reine très brillante et très rayonnante.
Toi qui protèges nos guerriers dans les périls qui les guettent.

Louée sois-tu EPONA, déesse cavalière, déesse jument, principe de vie.
Toi qui protèges les foyers et assures la fécondité.

Louée sois-tu BRIGANTIA, très puissante et très honorable déesse, la «Très Élevée».

Toi qui veilles sur le feu sacré de la tribu et de chaque foyer.

Louée sois-tu MATIRONA, Grande Mère et Reine du monde où nous vivons.
Toi qui représente Talantio, la Terre fertile.

Louée sois-tu NANTOSUELTA, «rivière qui serpente», «vallée chauffée par le soleil»

Toi qui protège les vivants et les morts.

Louée sois-tu ROSMERTA, la « Grande Pourvoyeuse », calme et sereine.
Toi qui redistribues sans compter ce que produit la Terre.

Louée sois-tu SIRONA, la « stellaire », déesse de la lumière lunaire.
Toi qui es liée aux eaux, aux sources et aux fontaines.

Louée sois-tu CATUBODUA, la « Corneille des combats ».

Toi qui donnes la Victoire à ceux que tu as choisis .

Louée sois-tu DAMONA, déesse des eaux qui guérissent.

Toi, couronnée de blé, accompagnée du Serpent, qui promet la fertilité.

A toutes ces déesses et ces dieux, comme à celles et ceux qui ont pu être oubliés, ainsi que les Iemni, les Rudiani, et les Annacni, nous rendons grâce ce jour pour tous les bienfaits accordés au long de l ‘année. En cette fête de Bodilones, honorons aussi Moccos « le Porc » et Boucca « la Vache » qui protègent les soues et les étables et maintiennent les troupeaux sains, vigoureux et nombreux.

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fourmis« Le monde dans lequel nous vivons n’est pas une illusion. Il existe bel et bien, tous ceux qui souffrent dans leur chair le savent. Mais l’esprit peut prendre son envol pour d’autres couches de réalité, qui ne sont pas illusoires non plus. C’est une évidence de bon sens : plus on s’élève, plus la vue embrasse de choses. Et plus on embrasse de choses, mieux on perçoit les liens qui unissent ces choses et les abîmes qui les séparent. La fourmi besogneuse croit l’univers tout entier contenu dans le monticule de terre qui borne sa vue… mais l’homme qui voit la fourmilière, ses galeries, son organisation, saisit exactement quel est le rôle d’une fourmi dans l’étendue de la forêt. Il voit des centaines de fourmilières identiques, il voit les fourmis par milliers transbahuter des graines, les enfouir, les répartir sous le sol avec une étonnante intelligence. Il sait que de ces graines germeront de nouvelles pousses que la pluie fortifiera (…) L’homme qui voit tout ceci comprend que les fourmis redistribuent partout la vie des arbres, aèrent le sol, le débarrassent des détritus qui l’étouffent. Il comprend que la survie de la forêt dépend de la besogne de la moindre fourmi ; voilà pourquoi il remercie la nature de ses bienfaits, la nature qui lui prodigue tant d’astucieuses leçons. Pendant ce temps, la fourmi stupide gravit son monticule et transporte sa graine sans se poser de question, rejoignant dans sa tranquillité le sage qui la contemple. En effet, la cohérence des éléments ne parait claire et évidente qu’à deux types d’individus : les imbéciles, qui ne se posent jamais la moindre question, et les sages qui détiennent les réponses pour avoir eu un instant la vue haute. la plus grande partie de l’humanité se situe entre l’un et l’autre, ni fourmi stupide, ni sage, elle s’interroge et ne comprend rien, se débat, ne dort que d’un œil, ne sait plus vers quelle chimère se tourner, et prie finalement des simulacres de divinités pour ne pas mourir d’abandon. »

Cécile Guignard-Vanuxem. Vercingétorix. Le défi des Druides. Ed.Cheminements

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prière païen2Aucun texte ne nous est parvenu des Druides qui considéraient que l’écrit était une parole morte. Les prières qui sont dites aujourd’hui par les suivants de la Voie des hommes du Chêne ont donc été inventées, avec plus ou moins de bonheur, plus ou moins récemment. Les plus anciennes remontent à Iolo Morganwng (1747-1826), personnage controversé qui est l’auteur notamment de la Grande prière des druides qu’on retrouve dans la rituélie de la plupart des groupes (néo) druidiques.Il en est de même pour les rituels proprement dits.
Pourtant le druidisme n’est pas une tradition isolée. Il est l’aspect celtique d’une tradition et d’une religion qui s’étendaient toutes deux sur la totalité du domaine indo-européen. C’est pourquoi notre tradition est parente de la tradition germanique, de la tradition slave de la tradition grecque, de la tradition romaine et encore de la tradition védique.
La comparaison de ces traditions soeurs permet de trouver des éléments identiques entre elles et sans problème nous autorise, nous druides d’aujourd’hui, à des emprunts légitimes aux prières védiques qui, elles, nous sont parvenues dans leur état originel. Même remarque en ce qui concerne les prières grecques avec, notamment, ce très bel hymne Orphique adressé à Nature :

O Nature, déesse qui enfantes toutes choses,
mère inventive,
céleste, vénérable, divinité fondatrice, ô souveraine!
Indomptable, tu domptes tout, et splendide
tu gouvernes,
maîtresse universelle, à jamais honorée, la suprême,
impérissable, née la première, célébrée
depuis toujours, illustre,
nocturne, habile, porte-lumière, irrépressible.
Tu tournes, laissant la trace silencieuse de tes pas,
pure ordonnatrice des dieux, fin qui n’a pas de fin.
Commune à tous mais seule incommunicable,
sans père, par toi même enfantée,désirable,
délicieuse, grande et fleurie,
amoureusement tu tresses et mélanges, ô savante !
Conductrice et maîtresse, jeune fille qui donnes la vie
et nourris tout,
tu te suffis à toi-même, tu es Justice et des Grâces
la persuasion aux mille noms
régnant sur la mer, le ciel et la terre
amère aux mauvais, douce à ceux qui t’obéissent.
Tu es toute sagesse, don, sollicitude, ô reine absolue !
Opulente, tu fais croître et tu dissous ce qui a mûri.
Père et mère de toutes choses, tu élèves, tu nourris,
et tu hâtes les naissances, ô Bienheureuse, riche
en semences, élan des saisons !
Utile à tous les arts, ouvrière universelle, fondatrice,
divinité souveraine !
Eternelle, habile et très sage, tu meus tout,
et roules dans un tourbillon inépuisable le torrent
rapide;
tu coules en toutes choses, ronde, nouvelle
sous des formes changeantes.
Honorée sur ton beau trône, et, seule accomplissant
ton dessein
grondant au-dessus des porte-sceptres,
la plus puissante,
intrépide, dompteuse de tout, destin inéluctable,
souffle de feu,
tu es la vie éternelle et la providence immortelle.
À toi tout appartient, car toi seule as tout fait.
Je te supplie, ô déesse, d’amener avec les saisons
heureuses
la paix, la santé et la croissance de toutes choses.

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KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA
« Le refus de la démocratie et la haine des « intellectuels » s’enracinent chez les anarchistes de droite sur une révolte profonde, constitutive, qui reflète non seulement une opposition absolue à la pensée progressiste, mais aussi une protestation vigoureuse (métaphysique ?) contre bien des aspects de la condition humaine et cela au nom de valeurs intellectuelles, morales et existentielles qui sollicitent l’individu dans tous ses pouvoirs de décision et de création. Dans cette perspective anarcho-droitiste, l’homme ne peut pas s’en remettre aux grandes abstractions humanitaires et aux slogans collectifs; il doit se fier à ses seules qualités, à sa propre capacité d’appréhender. Il doit savoir, par exemple, que toute révolte n’est pas bonne et se dire que la Révolution est le plus souvent un mythe, une vieille rengaine politique, même s’il l’appelle quelquefois de ses voeux. « Il y avait une académie de la Révolution, note Nimier à propos de la situation politique en France, en 1945, un conseil supérieur du désordre (…) Quitte à désespérer nos vieilles tantes démocrates, il fallait trouver autre chose. » Il convient donc, en toute occasion, pour un anarcho-droitiste, de garder un esprit critique, non pas en référence à une doctrine extérieure, à des principes admis ou imposés, mais en fonction de ses convictions personnelles. « Personne ne doit être né avant nous, affirme Micberth. Nous devons tout revoir, ne rien accepter a priori, de ce qui peut choquer notre raison, ne rien céder au système de connivences. » Et il ajoute : « Refuser l’héritage moral et politique de nos ascendants, refuser globalement dans un premier temps, pour ensuite, n’y prendre que l’indispensable, m’apparaît comme une saine démarche de l’esprit (…). Ainsi commence la liberté authentique de l’individu. »
François Richard. Les anarchistes de droite. Que sais-je ?

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migrants 2« Nous vivons actuellement un interrègne, ce moment historique, tragique où tout s’effondre, mais où tout peut, comme le Phénix, renaître de ses cendres : la nuit, le « minuit du monde », évoquée par le poète Hölderlin, coincée entre le crépuscule et l’aube. L’interrègne est le temps de la régénérescence entre le chaos et l’après-chaos, le moment de la tragédie où tout redevient de nouveau possible. Les peuples européens vivent actuellement les années décisives de l’interrègne. Métamorphique, la civilisation européenne a globalement connu trois âges distincts : l’Antiquité, puis la période médiévale qui s’est construite sur ses décombres, et à partir du XVIe siècle un Troisième Age d’expansion, celui de la « modernité », qui se termine après le terrible déclin annoncé avec la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, colonisée de l’intérieur par des peuples allogènes, notre civilisation est menacée de mort définitive au cours des vingt premières années du troisième millénaire. L’interrègne que nous vivons est donc actuellement la période la plus cruciale et la plus décisive depuis l’union des Cités grecques contre les Perses et les guerres puniques. Ou bien, les Européens s’unissent, se défendent, expulsent les colonisateurs, se libèrent de la tutelle américano-occientale, se régénèrent biologiquement et moralement et de ce fait retrouveront une souveraineté globale; ou bien leur civilisation disparaîtra définitivement : l’interrègne accouchera du Quatrième Age de la civilisation européenne ou de sa mort pure et simple. Tout se jouera dans les années décisives qui commencent. Et l’accouchement, s’il a lieu, se fera dans la douleur, dans ce sang et ces larmes qui sont le carburant de l’histoire. Le XXIe siècle sera, pour notre civilisation, celui d’une prestation sans filet de secours. »

(Guillaume Faye. Pourquoi nous combattons. L’Aencre)

(les faits ont pris un peu de retard par rapport aux prévisions de Guillaume Faye, le texte, qui date de 2001, n’en conserve pas moins toute sa pertinence).

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rose04

« (Entendu à France Culture) Le confesseur de Louis IX, lui avait interdit de rire le vendredi. Comme si le rire pouvait se commander. Or, il ne faut pas oublier que c’est au XIIIe siècle que l’on vit apparaître le sourire sur le visage des statues sacrées.
Y a-t-il eu opposition radicale entre le rire et la religion catholique ? Assurément, mais dans une moindre mesure que ce que l’on s’est efforcé de démontrer (je fais notamment allusion à Umberto Eco). Que l’on cesse de considérer le Moyen-Age et le catholicisme médiéval comme une période d’ignorance et d’obscurantisme. Les moines et abbés de jadis étaient tout aussi dévoyés et défroqués que nos contemporains le sont. Et l’on ne rit certainement pas davantage aujourd’hui.
La grande tendance, c’est l’intelligentsia qui se pose en juge du passé et des actions de nos prédécesseurs, de nos aïeux : « Avant, ça n’était pas la démocratie, ni l’égalité, ni le métissage institué, donc une grande chape sombre posée sur le monde. » Cette assurance qu’ont certain d’être juchés sur un observatoire, et qu’ils ne seront pas eux-mêmes dénoncés par les intelligences à venir pour la vaste entreprise de déstabilisation qu’ils sont en train d’édifier autour d’eux, est tout à fait caractéristique de notre fin de siècle.
Il faudra pourtant que nos enfants et nos petits enfants se souviennent des fossoyeurs et des apprentis sorciers, et que leurs noms demeurent synonymes de fossoyeurs et d’apprentis sorciers. »

Bruno Favrit. Midi à la source. Carnets 1990-2011)

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