« Les druides ont du jouer un rôle prépondérant dans l’expression gauloise du politique. L’association constante chez eux des questions philosophiques, morales et religieuses avait produit une conception des règles de la vie en société qui se rapprochait, par bien des aspects, de ce que les Grecs ont inventé, l’art de gouverner. C’est certainement à leur influence qu’il faut attribuer les réticences des Gaulois à toute forme de monarchie et de tyrannie. Ces dernières n’ont pu être jugulées que par la mise en place de contre-pouvoirs, de nature aristocratique certes, mais suffisamment diversifiés pour assurer la défense de tous les citoyens, ceux de la plèbe notamment. César, reprenant Poseidonios, écrit à propos des partis : « il y a là une institution très ancienne qui semble avoir pour but d’assurer à tout homme de la plèbe une protection contre plus puissants que lui : car le chef de faction défend ses gens contre les entreprises de violence ou de ruse et, s’il lui arrive d’agir autrement il perd tout crédit. » Si l’on en croit ces deux auteurs qui, sur ces points, méritent toute notre confiance, un tel système suppose que tout citoyen, même le plus humble, devait appartenir à une faction. Plus ou moins directement, chacun devait participer à la vie politique. Cela nous éloigne considérablement de l’image caricaturale des Gaulois, barbares toujours prêts à suivre le dernier à avoir parlé. »

Jean-Louis Brunaux. Les Gaulois. Guide Belles Lettres.

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