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Je l’ai reçu :  

Patrice Lajoye : “Des Dieux Gaulois. Petits essais de mythologie”. Editions Archaeolingua. 36 €

La religion gauloise est fort mal connue, et sa mythologie ne subsiste qu’à l’état de fragments épars. Le but de ce recueil d’essais n’est donc pas de révéler cette mythologie, mais d’en éclairer certains aspect, en comparant ce qui subsiste avec d’autres mythologies mieux connues, en essayant quelques hypothèses nouvelles, et surtout en rassemblant des informations sur des divinités qui parfois, n’avaient été que peu étudiées.

Ces quelques fragments montrent toutefois l’ampleur de ce que nous avons perdu: la mythologie gauloise était, très vraisemblablement, tout aussi riche et variée que ses homologues mieux connues, grecque ou indienne.

Sommaire

Introduction 11
  • Une historiographie critique française
  • 11
  • Le sujet d’étude
  • 14
  • La méthode
  • 16
  • La méthode comparatiste
  • 18
    Les Dieux 21
  • Abellio, la pomme
  • 22
    - Un dieu solaire ou une pomme de l’Autre Monde ? 22
    - L’île 23
  • Baco: un hêtre sacré ?
  • 24
    - Le sens du nom « Baco » : une approche linguistique 25
    - Baco : un dieu-hêtre ? L’apport de la mythologie 26
    - Quelques surnoms de Jupiter en Gaule 27
  • Un lac cisalpin : Benacus
  • 29
    - Un dieu-taureau ou un dieu-fleuve ? 29
  • Cernunnos, le dieu aux bois de cerf
  • 30
    - Le plus vieux des dieux gaulois 31
    - Une évolution iconographique précoce 31
    - Cernunnos gallo-romain 32
    - La corne gauloise 34
    - Une biche cornue 35
    - Des survivances encore actuelles 36
  • Circius
  • 37
    - Le culte de Circius 37
    - Les vents gaulois 38
    - Pourquoi prier les vents ? 39
  • Lero, un dieu ligure de la mer ?
  • 39
    - Un héros ou un dieu ? 40
    - Le sens du nom 41
    - La parèdre 41
    - Des fragments de mythologie de Lero dans la Vie de saint Mathurin ? 41
    - Saint Pipe / Pipio 42
    - Le problème de la transmission 43
  • Nemausus, Hercule et Nemaius
  • 44
    - Hercule et les eaux en Gaule 44
  • Ogmios
  • 46
    - Authenticité du texte de Lucien 46
    - Ogmios dans l’épigraphie 47
    - Un dieu lieur mal connu finalement 48
  • Le père Rhin, juge implacable
  • 50
    - Une tradition hellénistique tardive 50
    - Le Rhin père 50
    - L’Océan 51
  • Sucellus, un archétype gallo-romain de l’homme sauvage médiéval ?
  • 53
    - La légende arthurienne 54
    - L’homme sauvage et le Dagda 54
    - Merlin et la forêt 56
    - Sucellus, un archétype antique ? 56
    - Une preuve par latinisation ? 56
    - Dieu céleste ou dieu rustique ? 59
    - Dieu de la forêt 59
  • L’orage divinisé : Taranus
  • 59
    - Des commentaires sur Taranis 60
    - L’orage 60
    - Une interprétation romaine imparfaite 61
    - Le dieu à la roue 61
    - Des survivances tardives 62
  • Toutatis: le dieu de la tribu
  • 63
    - Les inscriptions mentionnant Toutatis 64
    - Des Mars locaux 65
    - Rapport à l’Italie 67
    - Mars roi 68
    - Contre exemples 68
    Les Déesses 71
  • Aerecura, déesse des Enfers celtique ?
  • 71
    - Un nom à l’orthographe multiple 71
    - De curieux partenaires 72
    - Héra, une erreur d’auteurs grecs ? 72
    - Une divinité infernale 73
    - Une survivance médiévale ? 73
  • Y a-t-il eu une Diane gauloise ?
  • 73
    - *Dea Ana 73
    - Diane démon de midi ? 74
    - Une mère des dieux ? 75
    - Un examen du nom 75
    - Une interprétation romaine achevée ? 77
  • Arduinna : déesse gauloise ou sanctuaire divinisé ?
  • 79
    - Une étrange localisation géographique 79
    - Le sens du nom 80
    - Un sanctuaire ? 81
  • Epona, déesse gauloise des chevaux : histoire d’un succès religieux
  • 81
    - Epona, une divinité celtique 82
    - L’introduction d’Epona à Rome 83
    - Le culte d’Epona 84
    - Des fêtes locales ? 84
    - Fonction d’Epona 86
    - Une mythologie 87
    - Epona et Isis 87
    - La fin du culte 88
  • La Minerve gauloise : Sulis, Belisama et Brigindona
  • 91
    - Sainte Apolline 91
    - Minerva Sulis 92
    - Sulevia / les Suleviae 92
    - Belisama 93
    - Brigid / Brigindona 93
    - Une seule et unique déesse 94
  • Une déesse gauloise au secours de l’Empire
  • 94
    - Segeta 94
    - Les inscriptions 95
    - Segeta sur des monnaies impériale 95
    - Pourquoi avoir frapper ces monnaies ? 96
    - Qui est Segeta ? 97
    - Segesta à Rome 98
    - Le sens du nom 98
    - Paradoxes temporels 99
  • Vienna
  • 99
    - La danse au-dessus du gouffre 100
    - Des divinités de source 100
    Les couples divins 103
  • Le bouillonnant et la vache sacrée :
  • 103
    - Borvo et Damona 103
    - Le bouillonnant 103
    - Les premiers Celtes d’Anatolie 104
    - Une toponymie abondante mais difficilement utilisable 105
    - Apollon médecin 105
    - Une seule parèdre: Damona 106
    - Une vache sacrée 106
    - Un mythe irlandais 107
    - … Mais aussi un mythe gaulois christianisé 108
  • Le Musclé et la Terre : Cicolluis et Litavis
  • 108
    - Un Mars étrange 109
    - La Terre 109
    - Les raisons du culte 111
    Le dossier « lugien » 113
  • Lugus
  • 113
    - Lug au Pays-de-Galles : Lleu Llaw Gyffes 113
    - Lug en Irlande 115
    - Les dédicaces 119
    - Gémellité 120
    - La plus ancienne légende celtique connue : Gargoris de Tartessos 123
    - Le bras long 127
    - Toponymie 135
    - Rosmerta 140
    - Mars forgeron : Cobannos 145
    - Cordonnier 151
    - Le dieu à la lance et au taureau : Gisacus 151
    - Esus, le dieu par excellence 157
    - Des grues, des corneilles ou des corbeaux: Cathubodua 161
    - Mars Loucetius et Victoria Nemetona 163
    - La femme-fleur 167
    - Le cochon polytechnicien 167
    - Les chaînes et les frontières 169
    - Le voyant 170
    - Le bélier infernal : Moltinus 171
    - Pourquoi pas plus de dédicaces à Lugus, finalement ? 174
    - Mercure 175
    - Apollon 175
    - Le plus connu des dieux gaulois: Bélénos 175
    - Le Soleil a rendez-vous avec la Lune: Grannos et Sirona 182
    - Mars 189
    - Inédits gaulois 190
    - Le combat final 190
    - Une bataille eschatologique 191
    En guise de conclusion 201
    Bibliographie 203
    Index


    J’ai pu avoir, et j’ai parfois encore quelques problèmes avec le mot “druidisme”… quand je veux me définir sur un forum ou définir la Voie que je suis, j’hésite toujours à mettre “druidisme”, ou “druidisant” et la plupart du temps je lui préfère”paganisme Celte”…

    Dans l’antiquité, le mot n’existait pas … et je ne pense même pas qu’il existait un mot particulier pour qualifier la religion de l’époque … ce devait être “louer les dieux” ou “vivre” ou “être” et non pas “suivre une voie païenne”. Bon mais c’est vrai le christianisme depuis est passé par là et on est en quelque sorte plus ou moins obligé de se définir par rapport à ça … me font marrer ceux qui se lamentent “ohhh, ras le bol de se définir par rapport au christianisme…” en théorie je serais bien d’accord mais le problème est déja que c’est précisément de la faute au christianisme si on est obligé de le faire … et que ceux qui se lamentent ainsi sont souvent ceux qui sont restés le plus proche du monothéisme, consciemment ou non …

    Aujourd’hui, le Druidisme s’entend, je pense, dans le cadre d’un système sacerdotal… Aujourd’hui c’est malheureusement bien souvent la Voie de ceux qui veulent parvenir à un “échelon” dans le “clergé” (druidisant = apprenti druide ? non ?)… C’est malheureusement bien souvent vouloir devenir le curé qui ordonnance les cérémonies et qui dit quand “c’est bien” ou quand “c’est pas bien”. Aujourd’hui, le Druide c’est aussi quelqu’un qui a une fonction publique , essentiellement de représentation … c’est une sorte de VRP, c’est lui qui passe à la télé pour parler du druidisme ,comme Le Scouezec pour qui j’ai pourtant beaucoup de respect et suis tout à fait conscient de l’importance du travail qu’il a pu faire… c’est lui, c’est elle qui va animer des foires et tenir un stand pour vendre ses bouquins parce qu’il faut bien vivre, et c’est aussi la grande druidesse, autoproclamée mais totalement inculte qui s’évertue, grisée par l’ambition, à répandre un druidisme frelaté dans des stages qui datent encore du New Age rose bonbon…

    Mais ça, ce sont ceux qu’on voit le plus … qui s’affichent en quelque sorte … parce qu’il y en a d’autres qui abattent quand même un énorme boulot dont certains, par modestie tout autant que par honnêteté intellectuelle refusent même ce titre de Druide … ils oeuvrent dans les fourrés, au fond des bois, bien loin des feux de la rampe comme, dans l’Antiquité le sorcier du village regroupant cinq ou six cabanes, qui n’ avait pas forcément le titre de druide, mais qui l’était bel et bien, avec les salamalecs en moins et la prise sur le réel en plus …

    Car j’ai lu je ne sais plus où (pourtant il faudrait que je retrouve !!!) qu’ il y avait principalement deux formes de religion chez les Celtes : le druidisme qui concernait essentiellement la classe guerrière et une sorte de paganisme de la nature qui concernait la classe productrice, le premier équivalent à la religion apportée par les indo européens et le second à la religion indigène …Les deux s’étant progressivement amalgamées… Je crois d’ailleurs que je n’établis pas de frontière bien définie dans mes croyances, ni, pour ce qu’on en sait, entre le sacré tel qu’il était entendu aux périodes paléolithique et néolithique et à la période celte … donc, pour me définir, peut être vaudrait-il mieux dorénavant, choisir “adepte de la religion des Gaulois”…
    Je pense que le druide est l’homme du druidisme mais que l’ovate qui est aussi le descendant du chamane est le “prêtre” de ce paganisme de la nature … si on reste dans l’illustration du système sacerdotal, l’ovate serait le curé de campagne et le druide l’archevêque…Je pense que le Druide antique ne vivaient pas dans les petits villages mais dans les Cours des Rois ou, quand le système de la royauté a été abandonné, dans l’entourage immédiat des puissants. Et quand il se déplaçait il était accompagné de je ne sais combien de courtisans, de valets et d’esclaves, et de guerriers pour le protéger … même si la caste était ouverte à des gens plus “modestes” j’ai bien peur là aussi que les Druides étaient pour leur majorité des aristocrates . Les classes populaires devaient avoir besoin de tous les bras de tous leurs enfants pour vivre et pas sur que le môme du plouc qui disait “moi je veux être druide” se prenait pas une baffe pour toute réponse… quoi que ça devait apporter une certaine notoriété à la famille et probablement des avantages substantiels donc cette assertion est sans doute à nuancer …
    Le Druide antique avait des spécialités: la justice, l’astronomie, la philosophie aussi … toutes choses dont ne s’occupaient pas les gens du peuple, ou que dans la mesure de leurs besoins, de leurs envies, de leurs nécessités … au niveau du prolo lambda gaulois, la religion devait être complètement vécue au quotidien, bien loin des supputations métaphysiques, et ce qui nous en reste est bien souvent catalogué au chapitre des superstitions. Je ne suis pas méprisant pour les prolos de base dont je parle, bien au contraire, parce que c’est là justement que je me situe, à leur niveau … Je suis d’ailleurs redevable à l’Odet de m’en avoir fait prendre conscience, de ce qu’on y appelait, avant de lui tourner le dos si vilainement, le “druidisme sale”. C’est à dire un druidisme qui n’hésite pas à salir sa saie et qui n’a pas peur de s’écorcher dans les broussailles, de se remettre en question et d’oser s’aventurer … l’archétype du druide sale, c’est Merlin dans sa période sylvestre … c’est le Merlin devin qui sait l’avenir et peut prophétiser dans “un grand éclat de rire” et c’est le Merlin fou qui parle avec les dieux, c’est le Merlin qui chevauche des animaux de la forêt et qui n’hésite pas à balancer des bois de cerf à la tête de son rival amoureux…

    Un Druide d’aujourd’hui à l’évidence, ne peut pas être un “druide sale” parce qu’il doit faire “bonne figure” face à ceux qui l’entourent, “bien présenter” comme quand on va passer examen …les rares druides sales que j’ai connus, il se sont mis à porter la saie de cérémonie, le tugan, propre et fraichement repassé, empestant la naphtaline, quand il n’a plus été question que de faire de la représentation et d’incarner le druide fédérateur, grand druide de la forêt des carnutes…Ce qui ne veut pas dire qu’il n’en reste pas quelques uns, ici et là …
    Oui, je crois bien que la simplicité de mes croyances de ploucs est effectivement ce qui me caractérise, du moins je l’espère … et c’est pourquoi je suis tellement engagé dans mes recherches au sujet du pagus où je vis, où ma famille a vécu depuis des générations … pour retrouver, faire revivre les croyances et les pratiques païennes de mes ploucs d’Ancêtres, trouver les liens qu’ils ont pu/su nouer avec le sol qui les a portés, qui me porte, au milieu des forêts, des rivières, des champs … la magie à laquelle je crois est la magie naturelle où il est d’abord question de s’harmoniser avec son environnement, de s’insérer dans les forêts, les rivières, les champs, entendre les bruits des insectes, des oiseaux, des animaux dans sa tête, dans sa poitrine, dans son sang, et le bruissement des feuilles, et les clapotis de l’eau …

    Je n’ai rien à voir avec le druide de représentation, ce que je veux, c’est vivre mes croyances dans mon coin et les partager avec qui veut bien les partager avec moi … je veux apprendre des techniques de guérison et autres techniques chamaniques pour aider ceux qui en ont besoin et qui le demandent mais sans qu’on dise pour autant que je suis un Druide, ou un Ovate ou quoi que ce soit … je veux approfondir ma vision du monde et apprendre des techniques plus ou moins chamaniques pour me déployer, pour occuper tout mon espace et pour devenir entièrement ce que je suis… Je veux ritualiser sans avoir à me cacher et le faire avec qui je veux …je ne vois pas pourquoi il faudrait être Druide pour ritualiser… on ritualise bien en individuel, pourquoi pas en groupe … je ne vois pas pourquoi on aurait besoin d’un curé pour faire l’intercesseur entre les Dieux et nous … c’est justement pour ça, en partie, qu’on n’est pas chrétiens … parce que le Divin est immanent et qu’il suffit de tendre la main pour le toucher et qu’on a besoin de personne pour ça … Le Druide est un professeur, et moi je me demande si je ne préfère pas rester toujours un étudiant…un étudiant et un plouc…
    Mais bon, je me demande pourquoi je fais tout ce discours sur les Druides que pourtant j’aime bien, discours inspiré par une poignée d’ambitieux, quelques arbres qui cachent la forêt alors qu’ils sont nombreux ceux qui oeuvrent avec sérieux. Car,à part ces différences d’ordre sacerdotal, il ne devrait en principe pas y avoir de différences notables entre Druidisme et Paganisme Celte/religion des Gaulois au niveau des croyances et de la pratique… en principe, le Druide et le Païen honorent et vénèrent les mêmes Dieux et Déesses celtes, où est le problème alors ? ah oui, un jour, j’avais lu que le paganisme celte était “au ras des paquerettes” … et bien je revendique moi ce “au ras des paquerettes”, et je crois qu’il vaut mieux avoir le nez au ras des paquerettes plutot que trop haut dans le ciel parce qu’on ne sait pas dans quoi on risque de marcher …

    ________________________

    incarnation de lointains ancêtres,

    et mémoire oubliée de peuples antiques …

    ________________________

    Paléolithique (et même avant) . Je suis un “homme du renne” mais je chasse aussi les bisons et les aurochs dont nous suivons les troupeaux avec mon clan au fil de leurs déplacements saisonniers ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration. Je vénère un dieu père auquel, par assimilation, je fais porter des ramures de rennes. Je vis dans l’entrée des grottes que j’aménage pour me protéger du vent et des grands froids ou dans des campements précaires au cours de l’été. J’aime les parures, animales ou végétales, plumes et ossements, pendeloques de coquillages et de dents d’animaux, et je porte déja des tatouages compliqués. En dehors de la chasse et de la pêche, je fabrique des vêtements , des récipients ,des armes et des outils, je travaille les peaux et les fourrures et me livre à des rites religieux.
    Je suis maintenant un chamane et je guéris les malades, je provoque les changements de temps désirés, je prédis l’avenir et je converse avec les esprits et les animaux-esprits. Je descends au fond des grottes dans les boyaux les plus reculés pour y pratiquer les rites magiques de chasse,et je peins et je grave sur les parois les animaux à chasser et des figures frustres ou au contraire, très réalistes. Je sculpte aussi des figures féminines, des Vénus aux formes accentuées, à l’image de la Terre généreuse que nous allons apprendre à cultiver, de la déesse fertile que je vénère.

    Néolithique. Je suis agriculteur et je tire ma subsistance de la terre que nous cultivons de manière collective et qui est une mère providentielle et divine. Et par analogie . je révère la grande déesse-Mère . Le culte des morts et des ancêtres tient une grande place dans ma vie quotidienne et religieuse puisqu’ils sont encore présents parmi nous et qu’ils sont dépositaires d’une force bien supérieure à la notre. Les menhirs, dolmens et tumuli sont liés à ce culte : sépultures, sites religieux et funéraires. Je respecte un calendrier de fêtes saisonnières liées au cycle de la végétation et les mythes qui intègrent la mort, puis la renaissance d’une divinité, assimilée au Soleil. Petit à petit, je vais aussi vouer un culte au Ciel protecteur en l’associant à celui de la Terre mère.

    Je suis maintenant un chamane, sorcier prêtre de la tribu qui sert d’intermédiaire entre les hommes et les âmes des ancêtres pour s’assurer de leur protection. J’ai été “choisi” pour mes dons naturels avant de recevoir une solide formation initiatique souvent pénible et épuisante.

    Antiquité. Je suis Gaulois. Picton, peut être (probable ?) cousin des Pictes d’Ecosse. Picton signifie “les hommes peints” mais aussi “les furieux”…La défaite d’Alésia et la reddition de Vercingetorix viennent de sonner le glas de la Gaule indépendante et des druides qui seront bientôt frappés d’interdit. Les Romains annexent mes dieux et mes déesses pour les assimiler aux leurs mais derrière ces nouveaux noms je continue, surtout si j’habite la campagne , à honorer nos vieilles divinités. Comment pourrait-il en être autrement puisque ces divinités sont intimement et fortement liées au sol sur lequel je vis, à ses forêts, à ses rivières, à ses collines, au vent qui y souffle, à ses mers qui y grondent … et à mes Ancêtres qui ont foulé ce même sol qui est fait de leur chair. …Certains d’entre eux étaient déja même vénérés à l’âge du Renne.
    Je suis maintenant un druide, trait d’union entre les dieux et les hommes. J’allie, aux attributions de ceux qui étaient avant moi -les chamanes- (dont j’ai hérité du Savoir et de la Pratique) celles de philosophe, d’enseignant, d’astronome, de juge, de médecin, d’historien et de bien d’autres encore mais l’essentiel de ces connaissances va disparaitre parce que je me suis toujours refusé à les consigner par écrit pour préserver leurs possibilités d’évolution… Certaines se transmettront par l’oral ou par le geste, les autres devront être redécouvertes ou reconstruites sur le même modèle cohérent par l’étude, la recherche, l’intuition…

    Aujourd’hui. Je suis … moi. J’ai traversé ces divers âges qui m’ont fait ce que je suis et j’ai évolué. Le sol, lui, n’a pas changé, il est toujours fait de la chair de mes ancêtres et ce sont toujours les mêmes divinités que j’honore. Beaucoup s’est perdu des vieilles traditions mais il ne s’agit pas de revenir au point zéro, de remonter 2000 ans en arrière, rayer 2000 ans d’obscurantisme monothéiste, pour se retrouver à un hypothétique âge d’or auquel je ne crois guère mais de récolter un maximum d’informations dans tous les domaines qui peuvent nous aider à mieux connaitre et comprendre la vie quotidienne de nos ancêtres . Il s’agit d’aller à la recherche des Dieux et des Déesses dans le sol que nous foulons et dans notre imaginaire, à travers les lieux, les récits historiques, les légendes, les coûtumes et les fêtes toujours vivantes, les découvertes archéologiques…
    Je suis apprenti- druide, ou apprenti-chamane ou même plutôt simplement apprenti-sorcier. Je n’ai pas grand chose à voir avec celui qui, dans l’Antiquité, se déplaçait avec sa Cour , et parlait avant le Roi en revanche je chéris l’image de celui qui, dans les villages, était tout à la fois prêtre, guérisseur, confident, avec bien d’autres attributions encore, un druide au ras des pâquerettes si j’ose dire…
    En parallèle à ce travail de reconstruction, j’essaie de mettre en conformité ma vie avec la triade transmise par Diogène Laërce: “honore les dieux, sois brave, ne fais rien de bas”, afin qu’on puisse dire de moi et des miens, comme Camille Jullian le disait des Gaulois : “dans la vie comme à la bataille, ils allaient droit leur chemin, à ciel ouvert, le visage nu et le front haut”.

    Le temps est tristoune et le courage pas vraiment au rendez vous, alors c’est vrai que trainasser sur Internet est une occupation qui peut prendre du temps… j’y suis aussi retombé sur ce truc peu ragoutant qu’était l’extrait de l’émission de France 3 “Ce soir (ou jamais !)” ou Houria Bouteldja porte-parole du mouvement des Indigènes de la République stigmatisait tous ceux qui ne sont pas ses amis par cette phrase exemplaire :”"Il faut rééduquer le reste de la société, la société occidentale. Nous, on les appelle les sous-chiens, puisqu’il faut bien leur donner un nom : les Blancs !” . Phrase qui, à part un article dans Marianne, n’avait pratiquement suscité aucune réaction dans le monde politique français, pourtant d’habitude prompt à condamner le “racisme” et les “provocations à la haine raciale”en tous genres … (on n’oublie pas que pour les musulmans, le chien est juste un peu au dessus du porc dans l’échelle des valeurs …)
    Vraiment, déja, j’adore le “rééduquer” d’accueil … et ne parlons pas du “souschien” (présenté quelques jours après par son auteur comme un trait d’humour … hahaha, j’en meurs de rire …)… Houria truc chose justifie à elle seule toutes les exactions islamophobes…et ce qui est encore plus grave c’est qu’elle le fait certainement en toute conscience … beeeeeeeeerk
    (en plus, à parler comme ça, à toute vitesse, beaucoup, sans boire une seule goutte d’eau , en proie à une véritable chiasse verbale, elle devait avoir la gorge sèche comme un flaque croupie sous le soleil et une haleine épouvantable …re-beeeeeeeerk……)
    houria1a.jpeg poubelle2.jpg

    pile et ……………………… face ( Houria la poubelle … juste parce que j’avais pas envie de mettre la photo d’une merde sur “Le Chemin”même si c’était plus approprié…)

    Christian Goudineau: “Par Toutatis ! Que reste-t-il de la Gaule ?” (Seuil)

    J’avais été plutôt séduit je dois l’avouer par la liberté de ton qu’affectait Goudineau … de la simple affectation malheureusement parce qu’avec une absence totale d’humilité l’auteur, loin des révélations promises, ne nous apprend en définitive pas grand chose. Qu’en pleine période romaine, persistaient des cérémonies organisées selon un calendrier gaulois fort ancien. Que la Gaule était un pays largement défriché, exploité économiquement, au sol organisé pour des raisons d’agronomie et sans doute à des fins fiscales. Que les Gaulois étaient assujettis à l’impôt et même pressurés au maximum par leurs chefs. Qu’il y avait une zone monétaire indexée sur le denier ce qui montre que la Gaule s’était déja pliée aux nécessités économiques (et capitalistes) et que devaient s’échanger des cargaisons entières de navires romains contre des centaines d’esclaves (monnaie d’échange semble-t-il habituelle contre le vin …), des milliers de boeufs sur pied, des tonnes de sel et des quintaux d’étain. Les interlocuteurs gaulois des commerçants romains ne pouvant être que les aristocrates qui disposaient seuls des fonds et de la culture appropriée. Que la Gaule enfin, n’était pas une nation unie, que c’est César qui a fixé des frontières arbitraires et que l’essentiel des “grands peuples” de Gaule se joignirent à César pour soumettre les régions encore indépendantes du Nord et de l’Ouest jusqu’à ce que le romain commette assez d’erreurs pour qu’éclate l’insurrection générale.Tout ça, le druidisant doué d’un minimum de bon sens et d’esprit critique le sait déjà … il n’y a que ceux (nombreux malheureusement) qui pratiquent l’idéalisation forcenée qui seront froissés par ces vérités qui n’entachent en aucune manière le respect qu’on doit à nos Ancêtres, les anciens Celtes … Pour nous faire cette démonstration, Goudineau emploie les trois quarts de son bouquin, le reste est consacré à la difficile histoire de l’archéologie et à l’incurie des autorités humaines dès qu’il s’agit de mettre en balance un intérêt historique et de civilisation avec des intérêts économiques et marchands… triste …

     

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